Je suis mère au foyer.
Certaines sensibilités
sont heurtées par cette simple affirmation. Comme si j’avais lâché un gros mot,
comme si j’avais loupé le passage au XXIe, comme si je n’avais pas eu le choix,
comme si j’étais folle… La liste des « comme si » pourrait durer des
heures, mais est-ce vraiment digne d’intérêt ?
Au début de ma carrière
(ouais ! Carrément !), il y
a trois ans, je vivais assez mal les diverses réactions négatives auxquelles j’avais
droit. Moi, guimauve power et flowers dans les cheveux, j’avais beaucoup de mal
à comprendre pourquoi mon choix nécessitait une justification. En quoi ce que
je faisais de ma vie, et par extension de mes journées, les regardait eux,
ces gens, étrangers, à qui, en prime, je ne demandais pas l’avis ? Je n’avais
rien à répondre, je souriais gentiment, et j’allais tout aussi gentiment
pleurer dans ma cuisine...
vous reprendrez bien un peu de cliché ? |
Aujourd’hui, les
choses ont un peu changé.
J’ai un peu (beaucoup) changé à ce propos.
Aujourd’hui,
je suis bien dans mes bottes, je sais où je vais, pourquoi j’y vais, et comment
je vais y aller. Aujourd’hui, je me fiche royalement de l’avis du chaland !
Ceci explique-t-il
cela ? Quoi qu’il en soit, maintenant que j’ai les crocs pour mordre, on
me fout la paix ! (Ou alors, c’est
parce que je suis en possession d’un mini bébé mignon et sans dent à brandir en
cas d’urgence…)
Aujourd’hui, au
compatissant, je lui demande si sa super-méga-géniale nounou qui fait des
activités extra avec ses enfants s’ennuie moins ou plus que moi parce qu’elle
est payée.*
Aujourd’hui, à celui
qui me demande l’œil en biais si « j’ai un travail » ou si « je
vais bientôt retravailler », je lui réponds, sans possibilité de retour :
Je suis Maman !*
Aujourd’hui, à celle
qui pense que je fais régresser la condition féminine, je lui demande : le
droit de la femme n’est-il pas d’avoir le choix ?*
Aujourd’hui, à celui
qui sous-entend que je suis une « feignasse qui fait rien de ses journées »,
je le prends à son jeu ! Parce que celui-là, en général, c’est celui qui
sans cesse se plaint de sa charge énorme de travail. Il faut, dans une
conversation, peu de temps pour qu’il en vienne à ses horaires de dingue, alors,
là, tout sourire, je lui assène ma phrase fétiche, celle qui coupe court à tout
débat : « Petit joueur ! Moi c’est du 24 24 ! » (Lui,
c’est mon préféré ! C’est ce genre d’attitude qui me vaut d’être une peste !)*
Je ne fais en aucun
cas l’apologie de la mère au foyer !
Non, l’apologie que je fais est celle du choix. Si mon choix est de passer le
plus de temps possible avec mes enfants, on ne devrait pas me juger sur ce
critère.
Beaucoup de débats se fondent sur du vent, j’ai la chance, la possibilité de choisir, en quoi alors le choix que je fais importe ? Je vis ma vie
selon ce que je crois bon pour moi.
Si j’avais voulu être carriériste,
serais-je meilleure ? NON.
Si j’avais dû avoir un
job alimentaire, serais-je différente ? NON. (j’ai donné, merci ;) )
Si je m’étais
conformée aux attentes de la société « moderne »,
aurais-je été plus heureuse ? NON.*
Alors voilà, je suis
femme au foyer, et vous savez quoi ? J’adore ça !
Et là est ma chance,
comme tous ceux qui peuvent faire le boulot qu’ils aiment.
(minute culture : Anaphore : procédé qui consiste à commencer par le même mot les divers membres d’une phrase.)
*listes non exhaustives !
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