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dimanche 11 mai 2014

Terrible three

       La chair de votre chair traverse son « terrible two » ? 
       Vous rêvez de coudre sa bouche à chaque fois qu'un « non ! » en sort [tout le temps donc]
    Vous commencez à vous dire que finalement, il ne serait peut-être pas si mal de vendre votre descendance [en mentant un peu sur la marchandise...] ?

       Et bien savourez votre chance, car il y a pire : le terrible three !




       Je vous fais un rapide topo : le terrible two est la période d'opposition, celle à laquelle peu de familles échappent. [voyez avec Google pour plus d'informations, il fait ça très bien]

       C'est le terrible moment où votre progéniture passe de petit bébé à petit enfant, où, fort de ses récentes acquisitions, il se rend compte qu'il peut faire une multitudes de choses sans vous, voire contre vous
       Il comprend que le « non » n'est pas réservé à l'autorité parentale, et qu'il est hyper super trop drôle de voir papa ou maman devenir rouge à force de contenir leur rage !

       Mais bon, lors de ce fameux rite de pas-sage, vous restez encore, envers et contre lui, le parent omnipotent que vous imaginez être, il dit « non » à tout, mais s'exécute quand même, il vocifère à la moindre contrariété, mais fini toujours [ou presque] par obtempérer. La belle vie en somme.

       Ne vous réjouissez tout de même pas trop vite de passer ce cap les doigts dans le nez ! [curieuse façon au demeurant de montrer l'exemple aux enfants!] 
       Et veillez bien à les en retirer avant que le terrible trhee ne se pointe : le choc est intense, et nul n'est pas le risque que vous en tombiez des nues
       Je suis à peu près sûre que s'écraser au sol avec deux doigts plantés dans les naseaux doit être passablement douloureux. [qui qui c'est qui rit de ses propres vannes ? C'est Millie!]

       Si dans la théorie, le terrible three est la même chose que le two, dans la pratique, quelques détails vous feront amèrement regretter de ne pas avoir réellement vendu votre bambin ! [appelez pas la DASS, je blague, hein!]

       L'opposition reste le maître-mot, mais si quelques mois plus tôt, son « non » ne servait qu'à vous contredire, désormais, son « non » est catégorique, suivi d'une mise en pratique immédiate. [traduction : « Maman, je vais te désobéir, je tenais à ce que tu le saches »]




       Prenons par exemple une situation lambda : des jouets traînent au sol. 
       Gentiment, je demande à ma troizan de les ramasser. J'utilise même le s'il te plaît.
     « Non !
    -  Ma chérie, s'il te plaît, ramasse tes jouets. [deuxième fois]
    -  Non ! »

       C'est en général à la deuxième demande que tout bascule
       Plusieurs options possibles, dépendantes de deux facteurs non négligeables : la puissance du désir d'opposition de troizan, et votre fatigue à la combattre.

  1. Jouer le même jeu. Parfois ça marche ! Des règles simples : répéter encore et encore la demande jusqu'à exécution. Effets indésirables : peut rendre fou, peut provoquer une crise encore plus grosse, peut faire croire à l'enfant que c'est un jeu trop marrant et les jouets resteront au sol plusieurs heures, jours, siècles...
  2. Réitérer une à deux fois de plus la demande, le ton de plus en plus agacé, et finir par la menace ultime : le coin [le bon coin?]. Effets indésirables : possibilité de perte d'audition, ou de raison dans de rares cas.
  3. Parlementer : « Pourquoi tu ne veux pas ranger ? » « Pa'ce que ze veux pas ! » et finir par la b). Mêmes effets indésirables.
  4. Ranger les jouets soi-même en soupirant. Effets indésirables : l'enfant peut gagner en confiance et obtenir un nouveau grade : le « devil-troizan » avec folie parentale garantie. Possibilité de mal de dos.
  5. Proposer à l'enfant de l'aider, de le faire ensemble. Effets indésirables : finir comme en d).



       Malheureusement pour les détenteurs d'un troizan révolté, ces situations se répètent, pour tout et n'importe quoi : « Viens manger, t'habiller, te débarbouiller... » « Va te coucher, ranger, laver tes mains... »

       Et comme si le fond n'était pas déjà atteint, sachez que pour ces chérubins cornus, le déclencheur instantané d'une crise est lorsque vous-même n'êtes pas d'accord 
       Dire « non » à son loulou rebelle, revient à déclencher un cataclysme qui fera trembler vos murs, parfois même vos parquets... [fonctionne avec tout type de sol]

       Quand je pense que j'ai le modèle light, celui qui fonctionne à phase restreinte et qui ne possède pas le mode « continu », j'en serais presque satisfaite
       Par grande chance [ah oui?] ma Crapulette est quand même mignonne la majorité du temps, mais quand elle enclenche sa fureur, c'est absolument terrible...

       Maintenant vous en êtes là, et vous vous dites : quelle arnaque ! Y'a aucune solution dans cet article...

       Et bien oui ! Parce que pour le coup, la seule et unique chose à faire et attendre que ça passe en arrondissant les angles du mieux que l'on peut...


       Cela dit, si vous êtes en possession d'une méthode infaillible, j'achète !

mardi 29 avril 2014

Troubles du sommeil, et après ?

       Suite aux constats dont je vous faisais part hier >ici<, j'ai pensé [ dans la grande bonté qui m'anime ] qu'il pourrait être intéressant de vous livrer mes techniques, mais aussi (et surtout !), recueillir les vôtres.

       C'est un fait avéré, officiel, exposé au monde entier [ oui, je sais, en vrai je n'ai fait que l'écrire sur mon blog, mais soyez pas si rabat joies ! ], Crapulette, trois ans, dort parfois bien mal.

       A mon sens, une des premières choses à influer sur le coucher et le sommeil d'un enfant est indéniablement son caractère

       Aussi, bien qu’appliquant certaines méthodes de base, piochées ça et là, mes solutions n'en sont pas pour tous les enfants/parents, mais peuvent éventuellement servir de piste.

       Pour bien situer la chose, je vous parle brièvement de Crapulette.

       C'est une petite fille extrêmement douce, d'une grande sensibilité
       Très émotive, son jeune âge ne lui permet pas toujours de canaliser ou même de comprendre certains sentiments qui l'assaillent.

       De là découlent fatalement pleurnicheries et peurs irraisonnées, et j'essaie de l'aider à les surmonter, afin qu'elle puisse vivre sereinement.

       Si dans la journée c'est relativement « simple » à faire puisqu'elle est aussi joyeuse que sensible, pétillante, curieuse et plutôt attentive, si dans la journée donc, nous pouvons en discuter, nous pouvons ensemble tenter de comprendre pourquoi peur ou pleurs, dans la nuit, la tâche s'avère un peu plus compliquée.

       Et la nuit commence à l'heure du coucher. Coucher qu'elle appréhende la plupart des soirs, probablement dans la crainte de ce qui pourrait lui arriver.



       Son calvaire [ et le mien ! ] débute dès l'endormissement.
       J'en parlais hier, Crapulette craint ce que l'on nomme les illusions hypnagogiques. Désignation bien compliquée pour un phénomène que nous avons tous connu ne serait-ce qu'une fois.
       Qui, en début de sommeil, n'a jamais eu de drôles de sensations (la plus « récurrente » étant celle de la chute dans le vide), qui parfois nous tirent de ce demi-sommeil parce que légèrement angoissantes ?

       Dans l'absolu, cela n'a rien de grave, ce n'est aucunement pathologique, ça ne cache même pas une angoisse latente. 
       C'est juste une interaction entre notre cerveau et notre corps, ni plus vraiment réveillés, ni tout à fait endormis... 
       Mais, si les rares fois où nous, adultes les ressentant, arrivons à en tirer une infime angoisse, imaginez le résultat sur une enfant froussarde !

       Chacun des endormissements de ma belle est donc une potentielle source de crise, et un obstacle bien concret pour aller se coucher.
       Il faut donc qu'elle soit le plus paisible possible pour franchir cette étape sans heurt.
       
       Pour cela, va sans dire, l'instauration d'un rituel est obligatoire, mais il faut aussi veiller à lui offrir une « ambiance » qui la sécurise.
       Présence de Doudou indispensable, mais aussi celle de Doudoubi (le double neuf de Doudou!), veilleuse, porte ouverte, et en option, son jouet préféré du moment, qui varie d'une période à une autre.

       Les soirs où elle est plus ou moins survoltée, nous faisons ce qu'elle appelle « la nimastique » [ gymnastique ] juste avant le rituel.

       Assises sur son lit, on fait une suite de mouvements (moulin, « mains escaliers », respirations profondes en levant les bras au ciel) dans le but de « se ca'mer ».
       C'est assez efficace, et si en plus, on finit par « Meunier, tu dors », ça la met de bonne humeur !

       Là, le but est clairement de rendre le coucher joyeux mais calme.

       Suite à cette idée d'article, à la place de la gymnastique nous avons fait quelques photos, et il s'avère que cela fut très efficace de lui « montrer » comme elle « dort » et dédramatiser la situation !

       Lorsque tout cela se passe sans ombrage, magnifique, dans les dix minutes, elle dort. 

       Mais il arrive qu'il y ait ce que j'appelle le « rappel ». Et c'est là que ça se complique...
       Identifier la nature du rappel n'est pas aisé et détermine la conduite à mener...

       Si le rappel est « justifié » par une vraie peur -attention ! Les enfants sont malins et savent faire semblant ! Bien les connaître est alors essentiel-, douceur et mots rassurants sont de rigueur. Prendre garde à ne pas trop s'attarder sous peine de finir leur esclave...

       Pour Crapulette, je lui demande d'abord ce qu'elle a, puis, en jaugeant sa peur « concrète », je m'approche et m’accroupis près de son lit, lui assure qu'elle n'a rien à craindre et lui caresse les cheveux quelques instants seulement pour ne pas lui donner envie d'en « profiter ».

       Si le rappel est à base de « j'ai soif », ou agrémenté d'une explication douteuse [ traduire par : « je préfère jouer à dormir et j'adore te voir en forme de chèvre » ], il faut sévir, mais en douceur. Et maîtriser la main de fer dans le gant de velours, à part en théorie, c'est pas facile !

       En gros, il faut réussir à être ferme tout en faisant savoir au mioche que non, on ne l'abandonnera pas en cas de « problème »...
       Ton sévère sur mots bienveillants est ce qui fonctionne avec ma puce.

       De là, endormie, nous passons à la suite des festivités [ pas toutes les nuits hein ! Je vous décris là le pire du pire ! ].

       Il est 3 ou 4 heure du matin et survient LE cauchemar
       Celui qui fiche la trouille, celui qui réveille votre enfant et qui le fait hurler. Celui qui fait tressaillir votre propre sommeil et votre cœur aussi...
       A ce moment, il s'agit de rassembler au maximum votre lucidité [ et c'est pas simple à cette heure ], pour ne pas débarquer en sueur dans la chambre de votre petit et lui flanquer une encore plus grosse frayeur !

       Se souvenir que ce n'est qu'un « simple cauchemar » et pas l'agonie de votre enfant hurlant en plein milieu de votre propre sommeil est primordial pour qu'il se rendorme au plus vite ! 
       Tout est une question de réactivité et de douceur et en pleine nuit, ça relève de l'exploit !

       Mais si tout est bien fait comme il faut, le cauchemar sera vite enraillé, et vous pourrez vous recoucher. 
       Sinon, retour à la case endormissement... Autant vous dire que ne dormir que d'un œil coûte moins cher que de tout recommencer !

       L'autre problème de ma fille, évoqué dans mon article précédent, est le bruit généré par les voisins du dessus...
       Ne pouvant dignement pas attenter à leur vie, il ne me reste qu'une solution [ les mettre en colère, vu qu'ils vivent au dessus, m'apporterait plus de désagréments que d'avantages, alors je me tais... ], apprendre à Crapulette à identifier leur vacarme d'une façon rigolote qui donc, ne fait pas peur.

       Lui dire que les « boum boum » de pieds ne sont que ceux d'Ethan [ le comble est qu'ils ont aussi un fils d'un âge proche de celui de la mienne... Mais leurs voisins du dessus sont soucieux de ne pas déranger, eux... ], qui a fait  « tomber son ballon ».

       Lui dire que le « méga-badaboum » n'est que la chute des chaussons de la maman d'Ethan, qui va se coucher... 

       ( et cetera, et cetera...)



             Conclusions :

       Pour un enfant à l'endormissement problématique, il faut avant tout favoriser un coucher des plus serein, et veiller à ce que l'enfant se sente en sécurité dans sa propre chambre ( et là, chaque enfant a ses préférences).

       Pour un enfant au sommeil peuplé de cauchemars, il vous faut ne pas paniquer et savoir lui apporter sécurité et calme dans le temps le plus restreint possible.

       Pour un enfant coriace et rebelle, mais enfant quand même, il vous faut savoir être ferme et disponible à la fois (bonjour le casse-tête...).

       Pour des voisins à vomir, il vous faut soit une imagination fertile, soit un bon gros gourdin...


mardi 25 mars 2014

J'ai pas le temps, les enfants !

      Pour la première fois depuis vendredi, je me pose enfin... Je n'ai eu le temps de rien, et en ce jour, à cet instant, je bénis l'heure du coucher !

      Car il faut le savoir, avoir des enfants provoque fatalement un raccourcissement des journées et les heures s'évaporent mystérieusement pour ne jamais revenir...

        Enfin... Si seulement c'était si simple... Il suffirait de s'adapter, un coup à prendre...
        Mais non ! En plus de filer plus vite, les minutes n'ont pas la même consistance d'un jour à l'autre.



       Le temps, d'ordinaire si linéaire, n'en fait qu'à sa tête et le dompter quand progéniture il y a relève de l'impossible [ou alors j'ai vraiment pas la technique...]

         Une demi-heure, habituellement si fugace, semblera éternité si bébé pleure...
       Un lundi matin, vraisemblablement trop long après dimanche, paraîtra trop court si les enfants sont sages et joyeux...
         Les exemples sont sans fin... En voici la version concrète :

     La queue au supermarché quand Titou est souriant dans sa poussette, et Crapulette pipelette et « disciplinée ». Trop court.

         La queue au supermarché quand Titou pleurniche dans sa poussette, et Crapulette, déchaînée et prête à tout pour me faire tourner chèvre. Trop long.

         Bilan : à la fin de la journée, peu importe la queue au supermarché : je n'ai pas fait la moitié de ce qu'il fallait...



           Le temps est très court, ceci est un fait avéré, mais avec des enfants, il se fait capricieux, se colle aux humeurs de ceux-ci, et non content de ne pas me laisser accomplir mes tâches, il me semble et trop lent et trop furtif à la fois...
            Sur ce, je vous laisse, j'ai encore un tas de choses à faire... [genre dormir]

dimanche 2 mars 2014

Elle me fait craquer...

       Crapulette est par bien des aspects une petite fille charmante. Souriante et attentionnée, douce et câline, imaginative et drôle, le tout sur un visage encore poupin.

       Aucun doute, je suis croc-love d’elle, et je ne peux que fondre quand, les yeux pleins d’amour elle me dit :
       « Maman, t’es cro zentille ! Ze t’aime cro cro fort », qu’elle se met à courir « Non ! Toi, tu me fais pas des bisous », se fendant d’un éclat de rire et n’attendant qu’une chose : que je la poursuive pour lui en faire !

       Mais j’ai beau avoir le cœur chamallow et croire que la vie est belle, ma fille n’en est pas moins une troizans… Et à 3 ans (ou presque) on s’affirme, on dit non, on caprice, on colère…


     Chaque enfant possède sa propre technique d’intimidation, roulade au sol, tapage de pied, larmes innondantes… Pour le plus grand malheur de mes tympans, Crapulette est passée maîtresse dans l’art de «la sirène hurlante ».

        Contrariété, bobo, fatigue, colère, refus… En une seconde la demoiselle passe de Petit Trésor Sucré à Vociférator !




     Malheureusement, je suis une personne d’une affligeante banalité… Parfois il m’arrive comme au commun des mortels d’avoir ma coupe pleine. Il m’arrive d’en avoir marre, de ne pas être la femme toute puissante qu’elle semble croire que je suis, prête à encaisser et corriger en souriant.

        Parfois, Vociférator est la goutte qui fait déborder mon vase…

       Si la plupart des fois, désamorcer le mode « bombe » de ma fille ne coûte qu’un « Arrête de crier et dis-moi ce qui ne va pas », si souvent suffit un ton engageant mais ferme, et un « va d’abord te calmer dans ta chambre, et ensuite tu viendras m’expliquer », si maintes fois essuyer le chagrin endigue la crise, y’a des jours où c’est un peu plus compliqué… Et crier à un enfant d’arrêter de crier, en plus d’être un non-sens ne mène à rien…

        Alors, oui, mea culpa tralalala, flagellations et auto-punition, des fois, je suis une mère qui craint !
       
       Hormis le quart d’heure suivant la crise commune, je vis assez bien mon humaine imperfection. Oui, ma patience a des limites. Oui, j’aime ma fille mais parfois j’ai envie de la bâillonner. Oui, ma Crapulette chérie me fait quelquefois affreusement chier.

         Dans tous les sens, bons comme mauvais, je suis sa mère, et elle me fait craquer...