J’ai eu différents amis au cours de ma vie. Certains me sont
aujourd’hui un délicat souvenir,
certains ont été radiés, et d’autres,
malgré le silence et le temps, continuent d’être conjugués au présent.
Parmi toutes ces personnes, il y en a une avec une saveur particulière, mon amie discrète.
Cette amie, je ne sais pas si je pourrais l’appeler « meilleure amie » [c’est un
drôle de concept cette façon de s’accaparer quelqu’un], ce dont je suis
absolument sûre en revanche, c’est que je l’aime.
J’aime avoir été son épaule et m’être servie de sa main
lorsque nous nous sentions trop seules.
J’aime son incroyable tignasse, son sourire
si agréable. J’aime même son humour qui
craint !
Et pourtant, cela fait des années que nous ne sommes vues…
Que nous nous observons, discrètement, voir si tout va bien…
Tous ces moments, bons et moins bons, que nous avons passé
ensembles, sont un bout de nos histoires personnelles. Nos chemins ont
bifurqué, mais à aucun instant nous n’avons cessé de vouloir regarder par-dessus
la haie, pour vérifier et continuer sereine de savoir que de cet autre côté la
vie s’écoule paisiblement.
Les réminiscences de ce que nous avons pu vivre sont
toujours empreintes de tendresse. Je n’ai ni le regret que cela soit « fini »,
ni l’envie de les oublier.
Les vacances dont j’avais tant besoin, les fous
rires complices, les larmes, les blogs… Le t-shirt Ben, la rose éternelle,
la vache en pâte à sel… De petites touches de lumière à chaque fois que j’y
songe.
Aujourd’hui, après avoir été indiscrète tant d’années, je
lui rends la pareille…
Ma fenêtre est ouverte, tu peux regarder au travers aussi
souvent que tu le souhaites et tu peux le faire à notre façon, discrètement…
[mais tu peux aussi ramener ta fraise de morue, y’a pas que
la fenêtre qui est ouverte !]
