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dimanche 11 mai 2014

Terrible three

       La chair de votre chair traverse son « terrible two » ? 
       Vous rêvez de coudre sa bouche à chaque fois qu'un « non ! » en sort [tout le temps donc]
    Vous commencez à vous dire que finalement, il ne serait peut-être pas si mal de vendre votre descendance [en mentant un peu sur la marchandise...] ?

       Et bien savourez votre chance, car il y a pire : le terrible three !




       Je vous fais un rapide topo : le terrible two est la période d'opposition, celle à laquelle peu de familles échappent. [voyez avec Google pour plus d'informations, il fait ça très bien]

       C'est le terrible moment où votre progéniture passe de petit bébé à petit enfant, où, fort de ses récentes acquisitions, il se rend compte qu'il peut faire une multitudes de choses sans vous, voire contre vous
       Il comprend que le « non » n'est pas réservé à l'autorité parentale, et qu'il est hyper super trop drôle de voir papa ou maman devenir rouge à force de contenir leur rage !

       Mais bon, lors de ce fameux rite de pas-sage, vous restez encore, envers et contre lui, le parent omnipotent que vous imaginez être, il dit « non » à tout, mais s'exécute quand même, il vocifère à la moindre contrariété, mais fini toujours [ou presque] par obtempérer. La belle vie en somme.

       Ne vous réjouissez tout de même pas trop vite de passer ce cap les doigts dans le nez ! [curieuse façon au demeurant de montrer l'exemple aux enfants!] 
       Et veillez bien à les en retirer avant que le terrible trhee ne se pointe : le choc est intense, et nul n'est pas le risque que vous en tombiez des nues
       Je suis à peu près sûre que s'écraser au sol avec deux doigts plantés dans les naseaux doit être passablement douloureux. [qui qui c'est qui rit de ses propres vannes ? C'est Millie!]

       Si dans la théorie, le terrible three est la même chose que le two, dans la pratique, quelques détails vous feront amèrement regretter de ne pas avoir réellement vendu votre bambin ! [appelez pas la DASS, je blague, hein!]

       L'opposition reste le maître-mot, mais si quelques mois plus tôt, son « non » ne servait qu'à vous contredire, désormais, son « non » est catégorique, suivi d'une mise en pratique immédiate. [traduction : « Maman, je vais te désobéir, je tenais à ce que tu le saches »]




       Prenons par exemple une situation lambda : des jouets traînent au sol. 
       Gentiment, je demande à ma troizan de les ramasser. J'utilise même le s'il te plaît.
     « Non !
    -  Ma chérie, s'il te plaît, ramasse tes jouets. [deuxième fois]
    -  Non ! »

       C'est en général à la deuxième demande que tout bascule
       Plusieurs options possibles, dépendantes de deux facteurs non négligeables : la puissance du désir d'opposition de troizan, et votre fatigue à la combattre.

  1. Jouer le même jeu. Parfois ça marche ! Des règles simples : répéter encore et encore la demande jusqu'à exécution. Effets indésirables : peut rendre fou, peut provoquer une crise encore plus grosse, peut faire croire à l'enfant que c'est un jeu trop marrant et les jouets resteront au sol plusieurs heures, jours, siècles...
  2. Réitérer une à deux fois de plus la demande, le ton de plus en plus agacé, et finir par la menace ultime : le coin [le bon coin?]. Effets indésirables : possibilité de perte d'audition, ou de raison dans de rares cas.
  3. Parlementer : « Pourquoi tu ne veux pas ranger ? » « Pa'ce que ze veux pas ! » et finir par la b). Mêmes effets indésirables.
  4. Ranger les jouets soi-même en soupirant. Effets indésirables : l'enfant peut gagner en confiance et obtenir un nouveau grade : le « devil-troizan » avec folie parentale garantie. Possibilité de mal de dos.
  5. Proposer à l'enfant de l'aider, de le faire ensemble. Effets indésirables : finir comme en d).



       Malheureusement pour les détenteurs d'un troizan révolté, ces situations se répètent, pour tout et n'importe quoi : « Viens manger, t'habiller, te débarbouiller... » « Va te coucher, ranger, laver tes mains... »

       Et comme si le fond n'était pas déjà atteint, sachez que pour ces chérubins cornus, le déclencheur instantané d'une crise est lorsque vous-même n'êtes pas d'accord 
       Dire « non » à son loulou rebelle, revient à déclencher un cataclysme qui fera trembler vos murs, parfois même vos parquets... [fonctionne avec tout type de sol]

       Quand je pense que j'ai le modèle light, celui qui fonctionne à phase restreinte et qui ne possède pas le mode « continu », j'en serais presque satisfaite
       Par grande chance [ah oui?] ma Crapulette est quand même mignonne la majorité du temps, mais quand elle enclenche sa fureur, c'est absolument terrible...

       Maintenant vous en êtes là, et vous vous dites : quelle arnaque ! Y'a aucune solution dans cet article...

       Et bien oui ! Parce que pour le coup, la seule et unique chose à faire et attendre que ça passe en arrondissant les angles du mieux que l'on peut...


       Cela dit, si vous êtes en possession d'une méthode infaillible, j'achète !

mardi 6 mai 2014

Et si je l'aimais trop ?


       Mon fils... Le dire me trouble encore un peu...

    Depuis ma grossesse, enfin, surtout depuis l'échographie révélatrice, une flopée de questions ne cesse de m'assaillir à son propos.

  J'ai d'abord passé plusieurs mois à me demander si je réussirais à m'occuper d'un garçon. [les femmes enceintes ou l'ayant été le savent, nous avons toutes des monomanies plus ou moins absurdes!]


      Sortant d'une famille « à femmes », c'était carrément l'inconnu pour moi. 
       Et en boucle, tous les jours, j'avais peur de ne pas y arriver. Mon cerveau savait que c'était irrationnel, mais mon cœur n'en avait que faire !

       Il est arrivé, et il s'est avéré que s'occuper d'un bébé, avec ou sans zizi, reste s'occuper d'un bébé !

       En revanche, si dans l'absolu la manière de faire est identique, il y a une chose qui est bien différente : le regard
       Celui que je lui porte, celui qu'il me porte. 
       Ma fille et moi sommes très fusionnelles, j'ai adoré le charmant bébé qu'elle a été, mais si je joue à comparer, avec mon fils, c'est pas pareil. [au delà du fait que chaque enfant reçoit son propre amour, hein!]

       Quand Mini-boy me regarde, l'amour est carrément palpable, si je suis dans la pièce, quasi rien ne le distrait, il me regarde, encore et encore. 
       Si pour Crapulette, je me sentais « pilier », « modèle », « protectrice », pour Titou, je me sentirais presque « divine ».
Je force un peu le trait, mais c'en est pas si loin !

       Mon fils cherche constamment mon contact, visuel, physique, encore mieux !
       La Puce aimait mes bras, elle semblait s'y sentir en sécurité et en profitait pour explorer le monde autour d'elle. Toujours tournée vers l'avant, son regard si intense observait le moindre détail à sa portée. La curiosité même.
       Le Minus aime mes bras, et me cajole sans se lasser, il me couve des yeux, me caresse la joue, les cheveux, tritouille mes vêtements, mâchouille chaque bout de peau apparent [me file des coups de pieds en passant]... Je suis sa maman, et gare à qui ne comprendrait pas le message !

       Fatalement, nos relations aussi en sont différentes. Comment ne pas fondre devant ce petit bonhomme dégoulinant d'amour [littéralement, non mais quel baveur !] pour moi ?

       Et parfois j'ai peur, car me revient sans cesse mon neveu en pensées, il est lui aussi le petit frère de sa sœur [oui, j'ose cette phrase], mais sa mère s'est sans doute laissée emportée, et les différences entre sa fille et son fils sont dérangeantes
       A tel point que même le Loulou en a pâti... Comportement, apprentissage, caractère... Tout a été déformé par le laisse-passer, par un amour trop grand, par la façon dont sa mère lui a permis de jouer au bébé trop longtemps. [je me permets ce jugement car après son divorce, mon beauf m'a avoué ces choses] 
       Et ma nièce, par extension, s'est retrouvée carrément lésée, à la fin c'était même révoltant. [à nos sens communs, beauf, l'homme et moi-même]

       Malgré le fait que je n'aime pas cette femme [goût personnel, aujourd'hui j'ai le droit de le dire, j'ai du faire semblant longtemps...], j'arrive à comprendre, peut-être même compatir [pas trop quand même!]. Je ne pense pas qu'elle ait eu ou ait conscience de cela, il est bien évident qu'elle aime sa fille. Il est tout aussi évident qu'elle semble ne pas mesurer la portée de ses amours.


       Et surgit ma crainte, celle de ne savoir gérer deux façons d'aimer si distinctes, celle de basculer dans un excès ou un autre... 
       Si, moi aussi, à un moment, je l'aimais trop, mettrais-je des distances au détriment de mon fils ? 
       Si je l'aimais trop, sombrerais-je sans m'en rendre compte dans le syndrome de la mère inégale
       Si je l'aimais trop, ne ferais-je pas souffrir ma fille ?

mardi 29 avril 2014

Troubles du sommeil, et après ?

       Suite aux constats dont je vous faisais part hier >ici<, j'ai pensé [ dans la grande bonté qui m'anime ] qu'il pourrait être intéressant de vous livrer mes techniques, mais aussi (et surtout !), recueillir les vôtres.

       C'est un fait avéré, officiel, exposé au monde entier [ oui, je sais, en vrai je n'ai fait que l'écrire sur mon blog, mais soyez pas si rabat joies ! ], Crapulette, trois ans, dort parfois bien mal.

       A mon sens, une des premières choses à influer sur le coucher et le sommeil d'un enfant est indéniablement son caractère

       Aussi, bien qu’appliquant certaines méthodes de base, piochées ça et là, mes solutions n'en sont pas pour tous les enfants/parents, mais peuvent éventuellement servir de piste.

       Pour bien situer la chose, je vous parle brièvement de Crapulette.

       C'est une petite fille extrêmement douce, d'une grande sensibilité
       Très émotive, son jeune âge ne lui permet pas toujours de canaliser ou même de comprendre certains sentiments qui l'assaillent.

       De là découlent fatalement pleurnicheries et peurs irraisonnées, et j'essaie de l'aider à les surmonter, afin qu'elle puisse vivre sereinement.

       Si dans la journée c'est relativement « simple » à faire puisqu'elle est aussi joyeuse que sensible, pétillante, curieuse et plutôt attentive, si dans la journée donc, nous pouvons en discuter, nous pouvons ensemble tenter de comprendre pourquoi peur ou pleurs, dans la nuit, la tâche s'avère un peu plus compliquée.

       Et la nuit commence à l'heure du coucher. Coucher qu'elle appréhende la plupart des soirs, probablement dans la crainte de ce qui pourrait lui arriver.



       Son calvaire [ et le mien ! ] débute dès l'endormissement.
       J'en parlais hier, Crapulette craint ce que l'on nomme les illusions hypnagogiques. Désignation bien compliquée pour un phénomène que nous avons tous connu ne serait-ce qu'une fois.
       Qui, en début de sommeil, n'a jamais eu de drôles de sensations (la plus « récurrente » étant celle de la chute dans le vide), qui parfois nous tirent de ce demi-sommeil parce que légèrement angoissantes ?

       Dans l'absolu, cela n'a rien de grave, ce n'est aucunement pathologique, ça ne cache même pas une angoisse latente. 
       C'est juste une interaction entre notre cerveau et notre corps, ni plus vraiment réveillés, ni tout à fait endormis... 
       Mais, si les rares fois où nous, adultes les ressentant, arrivons à en tirer une infime angoisse, imaginez le résultat sur une enfant froussarde !

       Chacun des endormissements de ma belle est donc une potentielle source de crise, et un obstacle bien concret pour aller se coucher.
       Il faut donc qu'elle soit le plus paisible possible pour franchir cette étape sans heurt.
       
       Pour cela, va sans dire, l'instauration d'un rituel est obligatoire, mais il faut aussi veiller à lui offrir une « ambiance » qui la sécurise.
       Présence de Doudou indispensable, mais aussi celle de Doudoubi (le double neuf de Doudou!), veilleuse, porte ouverte, et en option, son jouet préféré du moment, qui varie d'une période à une autre.

       Les soirs où elle est plus ou moins survoltée, nous faisons ce qu'elle appelle « la nimastique » [ gymnastique ] juste avant le rituel.

       Assises sur son lit, on fait une suite de mouvements (moulin, « mains escaliers », respirations profondes en levant les bras au ciel) dans le but de « se ca'mer ».
       C'est assez efficace, et si en plus, on finit par « Meunier, tu dors », ça la met de bonne humeur !

       Là, le but est clairement de rendre le coucher joyeux mais calme.

       Suite à cette idée d'article, à la place de la gymnastique nous avons fait quelques photos, et il s'avère que cela fut très efficace de lui « montrer » comme elle « dort » et dédramatiser la situation !

       Lorsque tout cela se passe sans ombrage, magnifique, dans les dix minutes, elle dort. 

       Mais il arrive qu'il y ait ce que j'appelle le « rappel ». Et c'est là que ça se complique...
       Identifier la nature du rappel n'est pas aisé et détermine la conduite à mener...

       Si le rappel est « justifié » par une vraie peur -attention ! Les enfants sont malins et savent faire semblant ! Bien les connaître est alors essentiel-, douceur et mots rassurants sont de rigueur. Prendre garde à ne pas trop s'attarder sous peine de finir leur esclave...

       Pour Crapulette, je lui demande d'abord ce qu'elle a, puis, en jaugeant sa peur « concrète », je m'approche et m’accroupis près de son lit, lui assure qu'elle n'a rien à craindre et lui caresse les cheveux quelques instants seulement pour ne pas lui donner envie d'en « profiter ».

       Si le rappel est à base de « j'ai soif », ou agrémenté d'une explication douteuse [ traduire par : « je préfère jouer à dormir et j'adore te voir en forme de chèvre » ], il faut sévir, mais en douceur. Et maîtriser la main de fer dans le gant de velours, à part en théorie, c'est pas facile !

       En gros, il faut réussir à être ferme tout en faisant savoir au mioche que non, on ne l'abandonnera pas en cas de « problème »...
       Ton sévère sur mots bienveillants est ce qui fonctionne avec ma puce.

       De là, endormie, nous passons à la suite des festivités [ pas toutes les nuits hein ! Je vous décris là le pire du pire ! ].

       Il est 3 ou 4 heure du matin et survient LE cauchemar
       Celui qui fiche la trouille, celui qui réveille votre enfant et qui le fait hurler. Celui qui fait tressaillir votre propre sommeil et votre cœur aussi...
       A ce moment, il s'agit de rassembler au maximum votre lucidité [ et c'est pas simple à cette heure ], pour ne pas débarquer en sueur dans la chambre de votre petit et lui flanquer une encore plus grosse frayeur !

       Se souvenir que ce n'est qu'un « simple cauchemar » et pas l'agonie de votre enfant hurlant en plein milieu de votre propre sommeil est primordial pour qu'il se rendorme au plus vite ! 
       Tout est une question de réactivité et de douceur et en pleine nuit, ça relève de l'exploit !

       Mais si tout est bien fait comme il faut, le cauchemar sera vite enraillé, et vous pourrez vous recoucher. 
       Sinon, retour à la case endormissement... Autant vous dire que ne dormir que d'un œil coûte moins cher que de tout recommencer !

       L'autre problème de ma fille, évoqué dans mon article précédent, est le bruit généré par les voisins du dessus...
       Ne pouvant dignement pas attenter à leur vie, il ne me reste qu'une solution [ les mettre en colère, vu qu'ils vivent au dessus, m'apporterait plus de désagréments que d'avantages, alors je me tais... ], apprendre à Crapulette à identifier leur vacarme d'une façon rigolote qui donc, ne fait pas peur.

       Lui dire que les « boum boum » de pieds ne sont que ceux d'Ethan [ le comble est qu'ils ont aussi un fils d'un âge proche de celui de la mienne... Mais leurs voisins du dessus sont soucieux de ne pas déranger, eux... ], qui a fait  « tomber son ballon ».

       Lui dire que le « méga-badaboum » n'est que la chute des chaussons de la maman d'Ethan, qui va se coucher... 

       ( et cetera, et cetera...)



             Conclusions :

       Pour un enfant à l'endormissement problématique, il faut avant tout favoriser un coucher des plus serein, et veiller à ce que l'enfant se sente en sécurité dans sa propre chambre ( et là, chaque enfant a ses préférences).

       Pour un enfant au sommeil peuplé de cauchemars, il vous faut ne pas paniquer et savoir lui apporter sécurité et calme dans le temps le plus restreint possible.

       Pour un enfant coriace et rebelle, mais enfant quand même, il vous faut savoir être ferme et disponible à la fois (bonjour le casse-tête...).

       Pour des voisins à vomir, il vous faut soit une imagination fertile, soit un bon gros gourdin...


lundi 28 avril 2014

Le sommeil injuste

       Si Crapulette m'a été enviée un bon millier de fois lorsqu'elle était bébé...

       Si j'ai pu me la raconter en ayant une réponse des plus classieuses au récurrent « Alors, elle fait ses nuits ? »

       Si tata Gertrude n'a jamais eu l'occasion de me refiler un des ses conseils foireux, parce que pour bien enfoncer le clou, mon bébé à moi, primipare, était non seulement mignon et sage, ne pleurant que peu, mais faisait aussi ses nuits presque depuis sa naissance !

       Si j'ai crâné un max devant tous ceux et celles qui m'avaient un jour pensée nouille, omettant, évidemment, de préciser que non, je n'y étais pour rien, c'était juste un sacré coup de bol que ma fille fasse son tour de cadran à trois semaines, aujourd'hui, j'en viens à me demander si ces histoires de karma ne sont pas un tout petit peu vraies !


       Karma ou pas, le fait est là, ma toute belle a aujourd'hui le sommeil tout pourri et si en réalité, je n'y crois pas vraiment, il faut avouer que la coïncidence prête à sourire ! [ bon, moins à 4 heures du mat', les yeux encroûtés et la mèche rebelle, hein ]


       Il n'est pas rare que je sois réveillée en pleine nuit par ses cris, et oui, je me suis déjà ramassée dans le couloir. Alors bon, aller moucher son nez et « nettoyer son chagrin », pourquoi pas, mais si en prime, j'ai le tibia en vrac, le cœur-chamade et le cerveau si embrumé que je ne sais plus où j'habite, j'avoue, le karma, je le déteste quand même drôlement !

       Il est également coutumier, que la classique négociation « dans 5 minutes, dodo ! », se transforme en véritables pourparlers, avec guerre à la clé... 
       Et rien n'est plus éreintant que de finir une journée sur une gronderie, aussi fugace soit-elle...

       Vous vous en doutez bien, je ne me suis pas contentée d'un simple soliloque sur le karma, j'ai tout de même mené ma petite enquête.

       Premier constat : ma petite fleur a le sommeil léger. Doublez ceci d'un caractère un brin timoré, et le moindre bruit qu'elle n'identifie pas devient source de frayeur. Donc de cris et de larmes. [ heureusement, comme tous les enfants, elle passe aussi des nuits n'entendant rien de rien, ni même l'orage de l'année, juste au dessus de nous ! ]

       Deuxième constat, tiré de ses explications farfelues, lorsque ma fille s'endort, elle subie ce que l'on appelle des illusions hypnagogiques ( sensations survenant à l'endormissement, comme par exemple tomber dans le vide... ). Evidemment, cela lui fait peur, et ne l'aide pas à avoir envie d'aller se coucher.

       Troisième constat, ma fille a trois ans, et elle fait des cauchemars, comme tous les enfants...

       Quatrième et dernier constat, le plus grave à mon sens, mes voisins du dessus ne sont que d'égoïstes, bruyantes et horripilantes personnes ne sachant pas ce que peut bien signifier « vivre en communauté ».
       Car, force est de constater que les réveils cause cauchemars, ou cause je m'endors, je « glonfle » ou « je suis tombée tout en haut » (illusions hypnagogiques, donc), sont nettement moins fréquents que ceux « Maman, j'ai peur du bruit... »

       Je suis peut-être mauvaise langue, ma fille pourrait très bien avoir entendu un bruit venant de la rue, imaginer quelque chose, « capter » un avion qui passe. Mais n'est-il pas étrange que parfois le même « bruit » me réveille moi ? 
       Moi, qui les identifie clairement ( chaise, pas lourd, porte fermée brusquement, voix parfois...)

       N'est-il pas suspect que dans la seconde, un de ces fameux bruits, en plus de réveiller Crapulette et moi-même, réveille mon Titou (qui lui pour le coup n'a absolument pas le sommeil léger ) ?

       Alors je me console, je ronge mon freins, et je me dis que si peut-être le karma existe vraiment, leur bébé à venir les réveillera chaque nuit pendant un long moment !


       Et, non, je ne souhaite pas à ce bébé de ne pas être heureux, je le précise, j'espère juste que sa venue leur rappellera que les bébés des autres sont tout aussi sensibles que peut l'être le leur ! 

vendredi 25 avril 2014

Le moment préféré...

       Je ne sais pas vous, mais moi, à chaque période de la vie de mes enfants est associé un moment préféré...

       Il varie au fil des mois [ des années pour ma grande ] de manière si subtile que parfois, je ne me rends même pas compte qu'il a changé...

       Aux premiers mois de ma fille, ce moment était le biberon de la nuit

       Elle contre moi, dans la maison endormie, ses petits doigts s’agrippant, le calme et la douceur à l'état pur. Un moment à nous, de longues heures que je n'échangerais pour rien au monde, malgré celles qui manquent à mon sommeil !

       Aujourd'hui, le moment se situerait plutôt le matin, quand son petit frère dort, et qu'elle en profite pour recharger sa batterie à câlins, se lovant tout contre moi, me caressant le visage, l'air heureux que je la bisoute, nous échangeant de jolis mots... 
       La douceur de son corps contre le mien, encore...

       Les premiers mois de mon fils sont en train de s'écouler, et, le moment qui me vient est indiscutablement le biberon de midi

       Crapulette mangeant à la même heure, je lui donne son repas dans le salon, afin que nous soyons tous ensembles (l'homme ne rentre pas pour manger en semaine) . 
        Et cela se termine inexorablement de la même façon... Mon fils s'endormant dans mes bras, son petit corps à l'abandon, la respiration sereine, l'air paisible. 
       Sa grande sœur chuchotant, moi aussi, pour ne pas « 'éveiller Titou »...

       Puis moi, le transportant dans sa chambre, le serrant tout contre moi, profitant de cet instant de plénitude où son corps ne fait à nouveau qu'un avec le mien...


       Cet après-midi, je me suis rendue compte que le moment commençait à changer... 

        Le midi et le matin continuent d'avoir la saveur particulière qu'ils avaient hier, mais aujourd'hui, à quatre heure, j'ai compris
        Mes moments préférés ne sont plus ni que pour l'un, ni avec l'autre, ils sont nous trois ensembles !

        Ce quatre-heure, je n'avais pas remarqué comme il était heureux, plein d'amour, pourtant, c'est souvent à cette heure que Crapulette se découvre fière d'être la grande, fière de cajoler et de faire rire son petit frère. 

       Pourtant, c'est souvent à cette heure que Titou dévore des yeux son aînée, avec toute l'admiration dont il est capable, souriant, puis riant, mettant de la compote partout ! 

       A cette heure, je ne sais ni pourquoi, ni comment, mes enfants sont connectés entre eux, et les voir faire est si délicieux, tellement... source de fierté.

       Aujourd'hui, nous avons « diputer » avec Crapulette [ = discuter ]
       Je lui ai demandé si elle aimait un peu son petit frère : « Ben oui, ze l'aime beaucoup mon tit frèr' » 

        Et elle a fini sa phrase par un bisou sur son front, puis, s'est jeté sur moi, le cœur visiblement plein d'amour... 

        Titou, souriait si fort en nous regardant, que je crois qu'il a compris que sa sœur l'aimait et que nos fiertés respectives étaient si « intenses » qu'il n'existait aucune autre solution que de se serrer dans les bras...

la photo n'a pas été prise à ce moment-là, mais elle reflète bien la complicité qui se construit...



mardi 22 avril 2014

La claque vieillissante

       Etre mère apporte tout un tas de choses. Certaines que nous avions imaginées (l'amour, la fatigue, le dévouement, ...), d'autres qui nous ont surprises par leur intensité (l'amour, la fatigue, le dévouement, ...), et celles, que dis-je ? CELLE que peu d’entre nous avait vu venir : la claque vieillissante.

       Car c'est un fait, aussi jeune puissions-nous être ( dans les chiffres ou la tête ), avoir des enfants nous fait irrémédiablement vieillir...

   Alors vieillir, entendons-nous, certes les gosses font pousser les cheveux blancs, mais bien qu'un peu « flop » au sortir de la maternité, vous ne serez pas munie d'un dentier et d'un sonotone dès l'expulsion !



       Vieillir n'est d'ailleurs pas le terme exact à employer, il faudrait plutôt dire mûrir ou grandir.
      On entre en mode baleine à l’hôpital, la démarche en canard, le souffle du buffle, et l'agressivité du pitbull enragé [sans rire laquelle n'a pas eu envie d'en coller deux à la secrétaire qui ose demander « Oui ? C'est pour quoi? » ], et après avoir eu un trait de ressemblance avec plus ou moins tous les animaux du zoo, après avoir broyé une ou deux mains, pleuré comme une madeleine, et respiré-bloqué, après donc, vient LA prise de conscience.

       Si quelques heures avant nous n'avions qu'à nous soucier de nous-même, nous nous retrouvons avec un mini-nous, une innocente, dépendante, fragile et joufflue créature, dont la responsabilité nous incombe ad vitam æternam.

      Et l'amour que nous portons à ce si petit être ne fait qu'aggraver la situation : en plus de devenir responsable de ce qui est le plus précieux, nous ressentons l'impérieux devoir de lui promettre amour, bonheur, attention et nourriture !

       Adieu naïveté, place à la maturité obligatoire !

       Et puis la vie continue, on n'y pense plus.
     On s'habitue les uns aux autres, et le temps, ce fourbe, file bien plus vite que dans nos souvenirs « d'avant »...
       Jusqu'au jour où, soudain, on réalise...

       Il n'est pas rare que ce jour coïncide avec notre propre anniversaire, une journée pas si différente, mais où fatalement, même si ce n'est qu'un peu, on pense à soi. Et, en se regardant, on prend en plein visage la claque vieillissante.



       Se sentir fondamentalement identique, mais subtilement différente...

     S'apercevoir que le changement est profond, que la transformation n'est pas temporaire, que cette maturité ne quittera jamais plus notre cœur.

       Comprendre l'évidence de l'avant et de l'après : rien ne sera plus pareil, nous ne sommes plus notre propre centre du monde. Nous sommes devenues un satellite du sien, notre enfant est devenu le héros de notre vie.

       Se rendre compte de l'effrayante vitesse qu'a pris le temps, de l'impossibilité à le remonter...

     Se dire que l'on « a vieilli », sans être capable sur le moment de saisir le sens de cette impression amère, la prenant comme une claque, en pleine figure, à en avoir la joue écarlate, l'oreille bouchée, la tête qui tourne un peu...

       La claque vieillissante fait mal, elle pique, brûle, plus ou moins fort selon l'histoire qu'il y a derrière.
       Mais quand l'échauffement passe, alors on comprend : nous n'avons pas vieilli.


       Nous commençons juste la route qui nous mène à l'épanouissement...



Bon anniversaire Nattes A Lit. Le meilleur est devant, n'en doute jamais, qu'importe la frousse !

mercredi 16 avril 2014

Quand bébé est malade, de lui tout dépend !

      Voilà, Titou est malade. Vague fièvre, vague nez encombré, mais mauvaise humeur bien prononcée !



       Tu as déjà vu un bébé malade, même un peu ? Non ? Et bien au cas, je te le décris : pleurniche permanente, sourcils froncés et moue hurlante prête à l'emploi au moindre inconvénient (faim, position inconfortable, bruit dérangeant, trop chaud, trop froid, trop tiède...).

       Toi qui croyais que bébé était le roi, le déterminateur [ dé-terminator plutôt ] de ta nouvelle vie, attends que ton chérubin chope un rhume, et tu en viendras à regretter sa plus tonitruante colère !

       Car, ne sois pas dupe, le minus malade fait de toi son esclave. Oublie chacun de tes projets, en cet instant ce sont lui et Madame température qui dirigent ton existence !

       Et ne compte même pas avoir droit de regard sur l'heure de ton rendez-vous avec le docteur, en général, tous les bébés du quartier semblent malades ce jour-là, pour peu qu'il soit mercredi, il te faudra passer une plombe dans une salle d'attente pleine de microbes et de gamins maussades, en espérant fort fort fort que ta propre descendance ne joignent pas ses cris à ceux de ses congénères agonisants !

        D'ailleurs, quand bébé est malade, fatalement, à un moment où à un autre, tu en viendras à faire des souhaits surprenants.

      Par exemple, tu vas vouloir de toute ton âme qu'il ne partage pas ses maux, qu'il n'y ait pas d'épidémie familiale. Parce que si ça arrive, dis-toi que la plus malade, ce sera toi, mais que, bizarrement, tu seras la seule dont personne ne va s'occuper !

        Tu vas te mettre à désirer plus que tout que ce ne soit qu'une rhino, si ça venait à virer otite, tu serais assurément plongée dans un abysse d'impuissance tel, que tu en viendrais à espérer que tes propres oreilles se bouchent pour la survie de tes tympans [ et oui, la voix du bébé est stridente ]... Et si éradiquer la fièvre restera ton souci majeur, dormir deviendra ta seconde priorité. [ bien que tu saches pertinemment que ça n'arrivera que dans deux jours... ]


        Voilà, Titou est malade. Moi, j'ai sommeil.

dimanche 13 avril 2014

Comme une horloge

       Si certains voient l'heure dans la course du soleil, si quelques uns la devinent en observant les marées, si d'autres, plus traditionnels, la lisent sur une montre, moi, je la connais quasi précisément en écoutant mon fils.

       Chaque heure son bruit, son cri, son pleur voire même son odeur [ Quoi ? Vous n'écoutez pas les odeurs, vous? ]...

       Mon Mini-Boy est réglé comme une horloge, et suisse l'horloge !

       Et croyez-moi, certains jours, cela en serait presque troublant.

       Imaginez-le, se délectant des bras de son père, tout sourire, dégoulinant [ littéralement, quel baveur ! ] d'amour et de bien-être, lorsque soudain, en une seconde, il se transforme en petite chose rouge et hurlante, à la limite de l'agonie

       Il se tortille, semble souffrir, mais est surtout colère : quand c'est l'heure, c'est l'heure

       Oui, c'est vrai, il est 20h01, je suis en retard pour lui servir son dîner.

     Et cette scène se reproduit inlassablement  [ à une dizaine de minutes près ] : à midi, au quatre-heure, à 10h00...


       Manger, c'est sacré, et c'est bien connu, quand l'appétit va, tout va !  


dimanche 6 avril 2014

Je suis ce genre de mère...

       Je suis une mère pour qui l'enfance de ses enfants passe avant tout. Il m'est très important de les préserver au maximum, ils auront tout leur temps d'apprendre que parfois la vie, ça fait mal... Mais ils ne pourront jamais rattraper leur innocence.


       Je suis une mère qui préfère être une « maman ». Avec la tendresse que le mot sous-entend, qu'il suggère par sa consonance même. Une maman qui câline, qui caresse, qui bisoute
        Tout le temps !

       A chaque situation son geste tendre : serrer fort la main de Crapulette quand nous croisons une moto dans la rue, je sais qu'elle en a peur. Caresser les mini-cheveux de Titou pendant son biberon de midi, pour qu'il s'endorme dans mes bras. Faire une rafale de bisous, une joue l'un, une joue l'autre, une joue l'un, …, quand ils sont tous les deux allongés sur leur tapis... 
        Et les exemples pourraient être encore foison !

  
       Je suis une mère qui reprend ses petits lorsqu'ils font une bêtise ou adoptent un comportement inapproprié [ bon, faut avouer que j'ai pas encore eu à beaucoup reprendre le minus ! ], mais aussi qui félicite et encourage quand ils font une chose bien. Oui, c'est vrai, je mets au coin et je gronde, mais j'applaudis avec enthousiasme leurs victoires du quotidien, et toute brouille se finit inévitablement par un câlin !


       Je suis une mère joueuse ! Quand ils se roulent sur leur tapis, il n'est pas rare que je me roule avec eux. Je fais la course avec ma fille, et nous sautillons souvent main dans la main quand nous nous baladons [ oui oui, même en ville ]. Je fais ma drôle de voix, celle aiguë et enjouée, ma « spéciale bébé », juste pour faire rire mon fils, en particulier lors de situations ennuyeuses, comme l'attente à une caisse. [ je crois que beaucoup de gens me prennent pour une dingue ! ]


       Je suis une mère qui discute avec ses enfants. Et depuis un moment d'ailleurs. La folie que me suppose le monde doit venir de là, j'imagine... 
       Rares ne sont pas les fois où enceinte, j'ai été étrangement regardée, mais que voulez-vous ! Je ne sais pas ignorer un bébé qui cherche à communiquer. De la même façon que je suis incapable de promener mon Mini-boy en poussette sans lui adresser paroles et sourires
       Et après tout, pour ce que j'en ai à faire que les gens imaginent que je parle seule !

       Puis, ma méthode ne doit pas être si mauvaise, au parc, tous les gamins viennent discuter avec moi, ils délaissent même parfois le banc de leur parent pour le mien !


       Je suis une mère qui se sait totalement imparfaite, qui se sait profondément aimante, qui se sait terriblement faillible, mais qui cependant essaie de ne jamais oublier qu'elle fait de son mieux
       Pour ces raisons-là, je me sais, me sens une bonne mère.


       Au final, je suis une mère qui n'est qu'une femme comme les autres... Le genre de mère humaine... !

"Il n'y aucune façon d'être une mère parfaite, mais un million pour en être une bonne"


- Tout comme Nath, j'avais moi aussi remarqué les articles « Je suis ce genre de... » Tout comme elle, je trouvais que c'était une belle idée. Mais à son contraire, je ne savais pas qu'à l'origine c'était un TAG. Or, je ne suis pas une peste pour rien, et par principe, je me refusais de suivre une masse, pomper une idée non mienne... En revanche, me plier à l'exercice parce que cela m'a été proposé me plaît bien plus ! Une façon de montrer à la personne qui me tague qu'elle et ses idées m'importent, et, une pierre, plusieurs coups, écrire avec un cadre et tenter par tous les moyens d'en déborder, mais subtilement, une démarcation dans les règles, exercice de style en quelques sortes ! [sans prétention hein!] -

Celui là, il est pour toi belle copa !

vendredi 4 avril 2014

6 mois avec toi...

       Mon petit chat...

       L'autre jour au parc, comme il est habituel de le faire, une dame m'a demandé quel âge tu avais.
     J'ai du réfléchir, camoufler ma stupéfaction... Toi, mon Titou, mon petitou, tu allais avoir 6 mois, et dans seulement 3 jours !

       Où sont passées les 4 368 heures de ta si douce vie ?
       Où sont passés ces 182 jours depuis que tu es né ?
      En un battement de cils, j'ai revu ces 26 semaines, l'éternité, ta vie entière, s'envoler dans un soupir...

      Mini-Boy, tu es et resteras longtemps, peut-être à jamais, ce si petit être que tu as un jour été. Cette minuscule créature d'à peine 44 cm, mais qui prenait déjà tant de place dans mon cœur...

     Aujourd'hui chaton, tu as 6 mois. Aujourd'hui, tu as une demie année et te regarder grandir est un bonheur de chaque instant !

     Tu es un bébé souriant et tu as cette façon tellement tienne de contempler ton monde. Tes yeux toujours bien ouverts, tu exhales un doux parfum de pureté, comme si, en ta présence toutes vilaines choses disparaissaient. Je ne sais comment le dire, c'est si particulier...

       
       Quand tu rencontres de nouveaux bras, tu ne pleures pas
       Tu es étonné, tu me questionnes de ce regard qui n'appartient encore qu'à moi
       Alors, je te souris, je te présente, tu te tournes vers ce visage inconnu, et tu te laisses aller... De temps en temps, tu vérifies que je ne suis pas loin, et je suis si fière que personne ne puisse encore me voler la vedette ! 
       Entre nous, une réelle complicité s'est de suite installée, à la seconde où nous nous sommes vus, un coup de foudre comme je n'en avais jamais connu !

        Il n'y a aucune comparaison possible entre ta sœur et toi. Tout est différent, bien qu'aussi puissant.

      D'ailleurs, ta grande sœur t'adore elle aussi, malgré ses airs farouches. Elle a sûrement ressenti cette admiration sans borne que tu as pour elle !


       Quand certains jours tu pleures dans ta chambre, c'est fière qu'elle me dit, juste avant de te rejoindre en galopant « Attends Maman, je vais s'occuper de mon 'tit frère ! », puis elle revient et avec beaucoup de sérieux ajoute « Voilà, main'nant, c'est à ton tour Maman de s'occuper de Titou ! »



       Mon fils, mon rayon de soleil, voilà 6 tout petit mois que tu illumines ma vie, nos vies et à cette seconde précise, je me sens un peu bête d'avoir un jour émis le désir de n'avoir que des filles !



       Ton papa... N'en parlons pas... Regarde, dois-je ajouter quoi que ce soit ?

dimanche 30 mars 2014

Burn-out maternel

       Le burn-out maternel, sujet tendance et tabou à la fois, abordé souvent de loin, sans trop se mouiller, car il faut bien le dire, se vanter de le vivre n'est pas la première chose qui vient à l'idée de la personne concernée...

       Je ne me prétends ni explicatrice, ni même détentrice de quelconques vérités... 
       Juste spectatrice de mes propres doutes, de mes propres expériences, et de ma volonté de savoir quelle « mauvaise mère » je suis... Ai-je réellement vécu, ou vis-je un burn-out ?
       A cet instant précis, je n'ai pas la réponse... Délimiter la frontière entre le burn (l'épuisement) et le débordement n'est pas chose aisée...
       Mais...


       Toute mère, quelle qu'elle soit, « travailleuse » ou « au foyer », passe par une phase, plus ou moins longue, plus ou moins intense [douloureuse] de :
  « Fais-je bien, suis-je assez, et pourquoi mon gosse me gonfle autant ? »

       Le fait-même de se questionner sur sa maternité, sur sa « légitimité » et sur la fatigue qu'elle cause, ne suffit pas à parler de burn-out. Il est, je pense, tout-à-fait normal, voire sain, de se remettre un minimum en cause, et de « recalculer » notre angle éducatif en fonction de la réalité de nos progénitures.

       Selon ce que j'en ai lu, cette prise de conscience est pourtant le virage qui peut tout faire capoter. En gros, on n'est pas aussi parfaite que prévu, alors on s'acharne jusqu'à « fondre » littéralement...

       Cependant, la mère s'espérant parfaite traînera partout avec elle une copine encombrante : la culpabilité
       On se sent coupable de ne pas faire assez bien, on a honte d'en avoir ras le dos, on se sent nullissime de ne pas accomplir en souriant toute la logistique familiale, et on se noie, sans parfois même s'en rendre compte, parce que comme il le faut, on le fait. 
          On puise toutes les forces à notre disposition, on fonce tête baissée et on ne voit pas le mur qui arrive en face. [crépi en plus, l'enfoiré]

       Faire un burn-out, reviendrait [à mon humble sens] à poursuivre un idéal surréaliste, jusqu'à s'en oublier soi-même, jusqu'à ce que le corps et l'esprit, éreintés, craquent et hurlent STOP... 
       Et on passe de débordée à débordante, de fatigue, de colère, de mésestime, jusqu'au jour où BURN-OUT, nos gestes dépassent de nos pensées, le contrôle se perd. Des mots trop brusques, une fessée, parfois simplement un violent mépris...
       S'en suivant le choc... Celui de se réaliser si différente de ce que l'on est, de ce que l'on croit. Celui de se sentir encore plus mauvaise mère que lorsque l'on n'arrivait juste pas à remplir « le cahier de nos charges »...

       On s’écœure, on se mure, on se tait. Personne ne comprendrait...

  « Moi, cette maman si abjecte. Ma faute, mes fautes, je ne les dois qu'à MOI, mère incompétente. La voisine, elle, elle y arrive... [de ce que l'on en voit...] »


       Cercle vicieux où le corps entraîne l'esprit, ou bien l'inverse, au fin fond d'un trou fait de réelles douleurs physiques et morales. Du psychosomatique à l'état brut(al).

       S'en sortir, c'est accepter, c'est en parler (médecin, conjoint, amis, ou pourquoi pas oreille inconnue et attentive).

       S'en sortir, c'est avouer qu'on n'y arrive plus, que le rouleau n'est pas au bout, il est déjà au recyclage...

       S'en sortir, c'est admettre que l'on n'est pas mauvaise juste à cause d'un fichu grain de sable dans le mécanisme...

       S'en sortir, c'est le plus dur, parce que c'est se faire face à soi-même, mais surtout, faire face aux autres...

       S'en sortir, finalement, ce n'est pas d'avoir la faiblesse de reconnaître sa défaite, c'est d'avoir la force de se sentir humaine, avec tous les défauts que cela incombe...



       Chez moi, le ménage n'est plus trop fait [minimum syndical, et encore], je ne « travaille pas », mais à ce jour je n'ai plus le courage d'être partout...

       Chez moi, quand les enfants font la sieste, je la fais aussi. Pas parce que je n'ai rien à faire [au contraire...], mais parce que mon corps ne tient pas le choc...

       Chez moi le matin, il est si dur de me lever, que ma grande passe parfois une heure à jouer sur mon lit pendant que j'émerge... Et je remercie la fée des bébés que Titou dorme aussi bien...

       Chez moi, je suis parfois tellement en colère que Monsieur n'entende rien [ou presque] à cette détresse que je voudrais l'emplafonner malgré l'amour que j'ai pour lui.

       Chez moi, j'ai clairement dû faire un choix entre le bonheur de mes enfants et mes tâches d'adulte...
       Chez moi, j'aimerais parfois m'enterrer de me rendre compte que d'autres y arrivent et moi pas...

       Alors, chez moi, je m'applique à voir le joli dans de petits instants
       Je tiens un blog, où je relate le beau, pour m'en souvenir, mieux l'observer... Parce que moi, chez moi, je ne suis pas [ou plus] malheureuse. 
       Je me sens peut-être encore un peu incomplète, mais je suis aussi un peu fière d'avoir épargné mes bébés, quitte à passer pour la « laisse-aller » du quartier...
       Parce que tirer un trait sur mes apparences, j'en ai eu besoin, j'en ai encore besoin.


       Chez moi, le terrain est fragile, propice au burn, pré et post partum
       JE suis fragile. 
       Et aujourd'hui, je l'admets


       Peut-être un jour, une maman lira cela, saura qu'il faut en parler, qu'il faut se dire que c'est comme une maladie avec une longue convalescence... 
       Qu'il n'y a pas de honte à « avoir honte »... 
       Nous ne sommes pas toutes égales, tous égaux, face aux aléas du quotidien, et comme j'aime le dire, la relativité [de quoi je me plains, moi], quand on est dans la merde, on s'en fout un peu...