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mardi 22 avril 2014

La claque vieillissante

       Etre mère apporte tout un tas de choses. Certaines que nous avions imaginées (l'amour, la fatigue, le dévouement, ...), d'autres qui nous ont surprises par leur intensité (l'amour, la fatigue, le dévouement, ...), et celles, que dis-je ? CELLE que peu d’entre nous avait vu venir : la claque vieillissante.

       Car c'est un fait, aussi jeune puissions-nous être ( dans les chiffres ou la tête ), avoir des enfants nous fait irrémédiablement vieillir...

   Alors vieillir, entendons-nous, certes les gosses font pousser les cheveux blancs, mais bien qu'un peu « flop » au sortir de la maternité, vous ne serez pas munie d'un dentier et d'un sonotone dès l'expulsion !



       Vieillir n'est d'ailleurs pas le terme exact à employer, il faudrait plutôt dire mûrir ou grandir.
      On entre en mode baleine à l’hôpital, la démarche en canard, le souffle du buffle, et l'agressivité du pitbull enragé [sans rire laquelle n'a pas eu envie d'en coller deux à la secrétaire qui ose demander « Oui ? C'est pour quoi? » ], et après avoir eu un trait de ressemblance avec plus ou moins tous les animaux du zoo, après avoir broyé une ou deux mains, pleuré comme une madeleine, et respiré-bloqué, après donc, vient LA prise de conscience.

       Si quelques heures avant nous n'avions qu'à nous soucier de nous-même, nous nous retrouvons avec un mini-nous, une innocente, dépendante, fragile et joufflue créature, dont la responsabilité nous incombe ad vitam æternam.

      Et l'amour que nous portons à ce si petit être ne fait qu'aggraver la situation : en plus de devenir responsable de ce qui est le plus précieux, nous ressentons l'impérieux devoir de lui promettre amour, bonheur, attention et nourriture !

       Adieu naïveté, place à la maturité obligatoire !

       Et puis la vie continue, on n'y pense plus.
     On s'habitue les uns aux autres, et le temps, ce fourbe, file bien plus vite que dans nos souvenirs « d'avant »...
       Jusqu'au jour où, soudain, on réalise...

       Il n'est pas rare que ce jour coïncide avec notre propre anniversaire, une journée pas si différente, mais où fatalement, même si ce n'est qu'un peu, on pense à soi. Et, en se regardant, on prend en plein visage la claque vieillissante.



       Se sentir fondamentalement identique, mais subtilement différente...

     S'apercevoir que le changement est profond, que la transformation n'est pas temporaire, que cette maturité ne quittera jamais plus notre cœur.

       Comprendre l'évidence de l'avant et de l'après : rien ne sera plus pareil, nous ne sommes plus notre propre centre du monde. Nous sommes devenues un satellite du sien, notre enfant est devenu le héros de notre vie.

       Se rendre compte de l'effrayante vitesse qu'a pris le temps, de l'impossibilité à le remonter...

     Se dire que l'on « a vieilli », sans être capable sur le moment de saisir le sens de cette impression amère, la prenant comme une claque, en pleine figure, à en avoir la joue écarlate, l'oreille bouchée, la tête qui tourne un peu...

       La claque vieillissante fait mal, elle pique, brûle, plus ou moins fort selon l'histoire qu'il y a derrière.
       Mais quand l'échauffement passe, alors on comprend : nous n'avons pas vieilli.


       Nous commençons juste la route qui nous mène à l'épanouissement...



Bon anniversaire Nattes A Lit. Le meilleur est devant, n'en doute jamais, qu'importe la frousse !

vendredi 18 avril 2014

La femme derrière la mère...

       Je suis mère
       De la pointe de mes cheveux plus si courts, au bout de mes bras où pendent mes enfants.

       Mais aujourd'hui, j'ai envie de laisser parler la femme, celle derrière la mère...

       Car le monde a tendance à oublier que je ne suis pas que cela. Moi-même il m'arrive de ne plus m'en souvenir : quand les nuits sont dures et hachées, quand mon dos gronde, quand je n'ai pas pensé depuis trois soirs à faire mes soins, que ma peau fait la tronche sur mon visage... 
       Quand je me fringue avec ce qui me tombe sous la main, quand j'attache mes cheveux [trop courts pour le coup] parce que je n'ai pas l'occasion de mieux faire...

       Je dois l'avouer, la maternité, surtout celle où les enfants sont encore bébés, ne fait pas qu'occuper mon temps, elle emporte aussi un peu de ma féminité... Et si pour rien au monde je ne l'échangerais, il n'en reste pas moins quelques regrets de ne pas avoir le loisir de prendre soin de la femme que je suis.





       Je trouve si dommage qu'aujourd'hui, alors que je suis enfin prête à tenter tout ce que je n'avais jamais osé, je ne le puisse faute de temps. 
       Comme si, en quelques sortes, j'étais une femme en suspension...