La chair de votre chair traverse son
« terrible two » ?
Vous rêvez de coudre sa bouche à
chaque fois qu'un « non ! » en sort [tout le
temps donc]?
Vous commencez à vous dire que finalement, il ne serait
peut-être pas si mal de vendre votre descendance [en mentant un peu
sur la marchandise...] ?
Et bien savourez votre chance, car il y
a pire : le terrible three !
Je vous fais un rapide topo : le
terrible two est la période d'opposition, celle à laquelle peu de
familles échappent. [voyez avec Google pour plus d'informations, il
fait ça très bien]
C'est le terrible moment où votre
progéniture passe de petit bébé à petit enfant, où, fort de ses
récentes acquisitions, il se rend compte qu'il peut faire une
multitudes de choses sans vous, voire contre vous.
Il comprend que le « non » n'est pas réservé à l'autorité parentale, et
qu'il est hyper super trop drôle de voir papa ou maman devenir rouge
à force de contenir leur rage !
Mais bon, lors de ce fameux rite de
pas-sage, vous restez encore, envers et contre lui, le parent
omnipotent que vous imaginez être, il dit « non » à tout, mais
s'exécute quand même, il vocifère à la moindre contrariété,
mais fini toujours [ou presque] par obtempérer. La belle vie en
somme.
Ne vous réjouissez tout de même pas
trop vite de passer ce cap les doigts dans le nez ! [curieuse
façon au demeurant de montrer l'exemple aux enfants!]
Et veillez
bien à les en retirer avant que le terrible trhee ne se pointe :
le choc est intense, et nul n'est pas le risque que vous en tombiez
des nues.
Je suis à peu près sûre que s'écraser au sol avec deux
doigts plantés dans les naseaux doit être passablement douloureux.
[qui qui c'est qui rit de ses propres vannes ? C'est Millie!]
Si dans la théorie, le terrible three
est la même chose que le two, dans la pratique, quelques détails
vous feront amèrement regretter de ne pas avoir réellement vendu
votre bambin ! [appelez pas la DASS, je blague, hein!]
L'opposition reste le maître-mot, mais
si quelques mois plus tôt, son « non » ne servait qu'à
vous contredire, désormais, son « non » est catégorique,
suivi d'une mise en pratique immédiate. [traduction : « Maman,
je vais te désobéir, je tenais à ce que tu le saches »]
Prenons par exemple une situation
lambda : des jouets traînent au sol.
Gentiment, je demande à ma
troizan de les ramasser. J'utilise même le s'il te plaît.
« Non !
- Ma chérie, s'il te plaît,
ramasse tes jouets. [deuxième fois]
- Non ! »
C'est en général à la deuxième
demande que tout bascule.
Plusieurs options possibles, dépendantes
de deux facteurs non négligeables : la puissance du désir
d'opposition de troizan, et votre fatigue à la combattre.
- Jouer le même jeu. Parfois ça marche ! Des règles simples : répéter encore et encore la demande jusqu'à exécution. Effets indésirables : peut rendre fou, peut provoquer une crise encore plus grosse, peut faire croire à l'enfant que c'est un jeu trop marrant et les jouets resteront au sol plusieurs heures, jours, siècles...
- Réitérer une à deux fois de plus la demande, le ton de plus en plus agacé, et finir par la menace ultime : le coin [le bon coin?]. Effets indésirables : possibilité de perte d'audition, ou de raison dans de rares cas.
- Parlementer : « Pourquoi tu ne veux pas ranger ? » « Pa'ce que ze veux pas ! » et finir par la b). Mêmes effets indésirables.
- Ranger les jouets soi-même en soupirant. Effets indésirables : l'enfant peut gagner en confiance et obtenir un nouveau grade : le « devil-troizan » avec folie parentale garantie. Possibilité de mal de dos.
- Proposer à l'enfant de l'aider, de le faire ensemble. Effets indésirables : finir comme en d).
Malheureusement pour les détenteurs
d'un troizan révolté, ces situations se répètent, pour tout et
n'importe quoi : « Viens manger, t'habiller, te
débarbouiller... » « Va te coucher, ranger, laver tes
mains... »
Et comme si le fond n'était pas déjà
atteint, sachez que pour ces chérubins cornus, le déclencheur
instantané d'une crise est lorsque vous-même n'êtes pas d'accord !
Dire « non » à son loulou rebelle, revient à déclencher
un cataclysme qui fera trembler vos murs, parfois même vos
parquets... [fonctionne avec tout type de sol]
Quand je pense que j'ai le modèle
light, celui qui fonctionne à phase restreinte et qui ne possède
pas le mode « continu », j'en serais presque satisfaite.
Par grande chance [ah oui?] ma Crapulette est quand même mignonne la
majorité du temps, mais quand elle enclenche sa fureur, c'est
absolument terrible...
Maintenant vous en êtes là, et vous
vous dites : quelle arnaque ! Y'a aucune solution dans cet
article...
Et bien oui ! Parce que pour le
coup, la seule et unique chose à faire et attendre que ça passe en
arrondissant les angles du mieux que l'on peut...
Cela dit, si vous êtes en possession
d'une méthode infaillible, j'achète !












