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dimanche 11 mai 2014

Terrible three

       La chair de votre chair traverse son « terrible two » ? 
       Vous rêvez de coudre sa bouche à chaque fois qu'un « non ! » en sort [tout le temps donc]
    Vous commencez à vous dire que finalement, il ne serait peut-être pas si mal de vendre votre descendance [en mentant un peu sur la marchandise...] ?

       Et bien savourez votre chance, car il y a pire : le terrible three !




       Je vous fais un rapide topo : le terrible two est la période d'opposition, celle à laquelle peu de familles échappent. [voyez avec Google pour plus d'informations, il fait ça très bien]

       C'est le terrible moment où votre progéniture passe de petit bébé à petit enfant, où, fort de ses récentes acquisitions, il se rend compte qu'il peut faire une multitudes de choses sans vous, voire contre vous
       Il comprend que le « non » n'est pas réservé à l'autorité parentale, et qu'il est hyper super trop drôle de voir papa ou maman devenir rouge à force de contenir leur rage !

       Mais bon, lors de ce fameux rite de pas-sage, vous restez encore, envers et contre lui, le parent omnipotent que vous imaginez être, il dit « non » à tout, mais s'exécute quand même, il vocifère à la moindre contrariété, mais fini toujours [ou presque] par obtempérer. La belle vie en somme.

       Ne vous réjouissez tout de même pas trop vite de passer ce cap les doigts dans le nez ! [curieuse façon au demeurant de montrer l'exemple aux enfants!] 
       Et veillez bien à les en retirer avant que le terrible trhee ne se pointe : le choc est intense, et nul n'est pas le risque que vous en tombiez des nues
       Je suis à peu près sûre que s'écraser au sol avec deux doigts plantés dans les naseaux doit être passablement douloureux. [qui qui c'est qui rit de ses propres vannes ? C'est Millie!]

       Si dans la théorie, le terrible three est la même chose que le two, dans la pratique, quelques détails vous feront amèrement regretter de ne pas avoir réellement vendu votre bambin ! [appelez pas la DASS, je blague, hein!]

       L'opposition reste le maître-mot, mais si quelques mois plus tôt, son « non » ne servait qu'à vous contredire, désormais, son « non » est catégorique, suivi d'une mise en pratique immédiate. [traduction : « Maman, je vais te désobéir, je tenais à ce que tu le saches »]




       Prenons par exemple une situation lambda : des jouets traînent au sol. 
       Gentiment, je demande à ma troizan de les ramasser. J'utilise même le s'il te plaît.
     « Non !
    -  Ma chérie, s'il te plaît, ramasse tes jouets. [deuxième fois]
    -  Non ! »

       C'est en général à la deuxième demande que tout bascule
       Plusieurs options possibles, dépendantes de deux facteurs non négligeables : la puissance du désir d'opposition de troizan, et votre fatigue à la combattre.

  1. Jouer le même jeu. Parfois ça marche ! Des règles simples : répéter encore et encore la demande jusqu'à exécution. Effets indésirables : peut rendre fou, peut provoquer une crise encore plus grosse, peut faire croire à l'enfant que c'est un jeu trop marrant et les jouets resteront au sol plusieurs heures, jours, siècles...
  2. Réitérer une à deux fois de plus la demande, le ton de plus en plus agacé, et finir par la menace ultime : le coin [le bon coin?]. Effets indésirables : possibilité de perte d'audition, ou de raison dans de rares cas.
  3. Parlementer : « Pourquoi tu ne veux pas ranger ? » « Pa'ce que ze veux pas ! » et finir par la b). Mêmes effets indésirables.
  4. Ranger les jouets soi-même en soupirant. Effets indésirables : l'enfant peut gagner en confiance et obtenir un nouveau grade : le « devil-troizan » avec folie parentale garantie. Possibilité de mal de dos.
  5. Proposer à l'enfant de l'aider, de le faire ensemble. Effets indésirables : finir comme en d).



       Malheureusement pour les détenteurs d'un troizan révolté, ces situations se répètent, pour tout et n'importe quoi : « Viens manger, t'habiller, te débarbouiller... » « Va te coucher, ranger, laver tes mains... »

       Et comme si le fond n'était pas déjà atteint, sachez que pour ces chérubins cornus, le déclencheur instantané d'une crise est lorsque vous-même n'êtes pas d'accord 
       Dire « non » à son loulou rebelle, revient à déclencher un cataclysme qui fera trembler vos murs, parfois même vos parquets... [fonctionne avec tout type de sol]

       Quand je pense que j'ai le modèle light, celui qui fonctionne à phase restreinte et qui ne possède pas le mode « continu », j'en serais presque satisfaite
       Par grande chance [ah oui?] ma Crapulette est quand même mignonne la majorité du temps, mais quand elle enclenche sa fureur, c'est absolument terrible...

       Maintenant vous en êtes là, et vous vous dites : quelle arnaque ! Y'a aucune solution dans cet article...

       Et bien oui ! Parce que pour le coup, la seule et unique chose à faire et attendre que ça passe en arrondissant les angles du mieux que l'on peut...


       Cela dit, si vous êtes en possession d'une méthode infaillible, j'achète !

mardi 6 mai 2014

Et si je l'aimais trop ?


       Mon fils... Le dire me trouble encore un peu...

    Depuis ma grossesse, enfin, surtout depuis l'échographie révélatrice, une flopée de questions ne cesse de m'assaillir à son propos.

  J'ai d'abord passé plusieurs mois à me demander si je réussirais à m'occuper d'un garçon. [les femmes enceintes ou l'ayant été le savent, nous avons toutes des monomanies plus ou moins absurdes!]


      Sortant d'une famille « à femmes », c'était carrément l'inconnu pour moi. 
       Et en boucle, tous les jours, j'avais peur de ne pas y arriver. Mon cerveau savait que c'était irrationnel, mais mon cœur n'en avait que faire !

       Il est arrivé, et il s'est avéré que s'occuper d'un bébé, avec ou sans zizi, reste s'occuper d'un bébé !

       En revanche, si dans l'absolu la manière de faire est identique, il y a une chose qui est bien différente : le regard
       Celui que je lui porte, celui qu'il me porte. 
       Ma fille et moi sommes très fusionnelles, j'ai adoré le charmant bébé qu'elle a été, mais si je joue à comparer, avec mon fils, c'est pas pareil. [au delà du fait que chaque enfant reçoit son propre amour, hein!]

       Quand Mini-boy me regarde, l'amour est carrément palpable, si je suis dans la pièce, quasi rien ne le distrait, il me regarde, encore et encore. 
       Si pour Crapulette, je me sentais « pilier », « modèle », « protectrice », pour Titou, je me sentirais presque « divine ».
Je force un peu le trait, mais c'en est pas si loin !

       Mon fils cherche constamment mon contact, visuel, physique, encore mieux !
       La Puce aimait mes bras, elle semblait s'y sentir en sécurité et en profitait pour explorer le monde autour d'elle. Toujours tournée vers l'avant, son regard si intense observait le moindre détail à sa portée. La curiosité même.
       Le Minus aime mes bras, et me cajole sans se lasser, il me couve des yeux, me caresse la joue, les cheveux, tritouille mes vêtements, mâchouille chaque bout de peau apparent [me file des coups de pieds en passant]... Je suis sa maman, et gare à qui ne comprendrait pas le message !

       Fatalement, nos relations aussi en sont différentes. Comment ne pas fondre devant ce petit bonhomme dégoulinant d'amour [littéralement, non mais quel baveur !] pour moi ?

       Et parfois j'ai peur, car me revient sans cesse mon neveu en pensées, il est lui aussi le petit frère de sa sœur [oui, j'ose cette phrase], mais sa mère s'est sans doute laissée emportée, et les différences entre sa fille et son fils sont dérangeantes
       A tel point que même le Loulou en a pâti... Comportement, apprentissage, caractère... Tout a été déformé par le laisse-passer, par un amour trop grand, par la façon dont sa mère lui a permis de jouer au bébé trop longtemps. [je me permets ce jugement car après son divorce, mon beauf m'a avoué ces choses] 
       Et ma nièce, par extension, s'est retrouvée carrément lésée, à la fin c'était même révoltant. [à nos sens communs, beauf, l'homme et moi-même]

       Malgré le fait que je n'aime pas cette femme [goût personnel, aujourd'hui j'ai le droit de le dire, j'ai du faire semblant longtemps...], j'arrive à comprendre, peut-être même compatir [pas trop quand même!]. Je ne pense pas qu'elle ait eu ou ait conscience de cela, il est bien évident qu'elle aime sa fille. Il est tout aussi évident qu'elle semble ne pas mesurer la portée de ses amours.


       Et surgit ma crainte, celle de ne savoir gérer deux façons d'aimer si distinctes, celle de basculer dans un excès ou un autre... 
       Si, moi aussi, à un moment, je l'aimais trop, mettrais-je des distances au détriment de mon fils ? 
       Si je l'aimais trop, sombrerais-je sans m'en rendre compte dans le syndrome de la mère inégale
       Si je l'aimais trop, ne ferais-je pas souffrir ma fille ?

vendredi 25 avril 2014

Le moment préféré...

       Je ne sais pas vous, mais moi, à chaque période de la vie de mes enfants est associé un moment préféré...

       Il varie au fil des mois [ des années pour ma grande ] de manière si subtile que parfois, je ne me rends même pas compte qu'il a changé...

       Aux premiers mois de ma fille, ce moment était le biberon de la nuit

       Elle contre moi, dans la maison endormie, ses petits doigts s’agrippant, le calme et la douceur à l'état pur. Un moment à nous, de longues heures que je n'échangerais pour rien au monde, malgré celles qui manquent à mon sommeil !

       Aujourd'hui, le moment se situerait plutôt le matin, quand son petit frère dort, et qu'elle en profite pour recharger sa batterie à câlins, se lovant tout contre moi, me caressant le visage, l'air heureux que je la bisoute, nous échangeant de jolis mots... 
       La douceur de son corps contre le mien, encore...

       Les premiers mois de mon fils sont en train de s'écouler, et, le moment qui me vient est indiscutablement le biberon de midi

       Crapulette mangeant à la même heure, je lui donne son repas dans le salon, afin que nous soyons tous ensembles (l'homme ne rentre pas pour manger en semaine) . 
        Et cela se termine inexorablement de la même façon... Mon fils s'endormant dans mes bras, son petit corps à l'abandon, la respiration sereine, l'air paisible. 
       Sa grande sœur chuchotant, moi aussi, pour ne pas « 'éveiller Titou »...

       Puis moi, le transportant dans sa chambre, le serrant tout contre moi, profitant de cet instant de plénitude où son corps ne fait à nouveau qu'un avec le mien...


       Cet après-midi, je me suis rendue compte que le moment commençait à changer... 

        Le midi et le matin continuent d'avoir la saveur particulière qu'ils avaient hier, mais aujourd'hui, à quatre heure, j'ai compris
        Mes moments préférés ne sont plus ni que pour l'un, ni avec l'autre, ils sont nous trois ensembles !

        Ce quatre-heure, je n'avais pas remarqué comme il était heureux, plein d'amour, pourtant, c'est souvent à cette heure que Crapulette se découvre fière d'être la grande, fière de cajoler et de faire rire son petit frère. 

       Pourtant, c'est souvent à cette heure que Titou dévore des yeux son aînée, avec toute l'admiration dont il est capable, souriant, puis riant, mettant de la compote partout ! 

       A cette heure, je ne sais ni pourquoi, ni comment, mes enfants sont connectés entre eux, et les voir faire est si délicieux, tellement... source de fierté.

       Aujourd'hui, nous avons « diputer » avec Crapulette [ = discuter ]
       Je lui ai demandé si elle aimait un peu son petit frère : « Ben oui, ze l'aime beaucoup mon tit frèr' » 

        Et elle a fini sa phrase par un bisou sur son front, puis, s'est jeté sur moi, le cœur visiblement plein d'amour... 

        Titou, souriait si fort en nous regardant, que je crois qu'il a compris que sa sœur l'aimait et que nos fiertés respectives étaient si « intenses » qu'il n'existait aucune autre solution que de se serrer dans les bras...

la photo n'a pas été prise à ce moment-là, mais elle reflète bien la complicité qui se construit...



dimanche 20 avril 2014

La Chocovore

         Ah ! Le chocolat... 

       Beaucoup de monde aime ça. Ou plutôt, peu de monde n'aime pas. Il semble couler sous le sens que ma fille fait partie de la première catégorie. Et bien non ! 
       Crapulette n'aime pas le chocolat, elle lui voue un culte !



       C'est bien simple, aucune de ses journée ne peut commencer sans sa dose. Le carré du matin, c'est son plaisir à elle, son péché mignon, et comme un adulte embrumé avant le premier café, ma fille ne s'éveille que lorsque que sa bouche est barbouillée et le carré englouti.

       Alors souriante, elle est prête à entamer sa matinée, d'attaque pour dépenser toute son énergie d'enfant.

       Oui, je le confesse aujourd'hui, ma Chérie-Douce est chocovore, que dis-je, chocomaniaque, et je ne l'aide pas à se guérir de cette obsession.

       Mais si vous aviez-vu son air radieux, crapahutant dans le salon, un seau rouge à la main, à la recherche de tous les œufs cachés !


       J'aurais éventuellement pu demander au Lapin d'en laisser moins, mais ma fille a sa faiblesse, et moi j'ai la mienne !


Joyeuses Pâques !

mercredi 16 avril 2014

Quand bébé est malade, de lui tout dépend !

      Voilà, Titou est malade. Vague fièvre, vague nez encombré, mais mauvaise humeur bien prononcée !



       Tu as déjà vu un bébé malade, même un peu ? Non ? Et bien au cas, je te le décris : pleurniche permanente, sourcils froncés et moue hurlante prête à l'emploi au moindre inconvénient (faim, position inconfortable, bruit dérangeant, trop chaud, trop froid, trop tiède...).

       Toi qui croyais que bébé était le roi, le déterminateur [ dé-terminator plutôt ] de ta nouvelle vie, attends que ton chérubin chope un rhume, et tu en viendras à regretter sa plus tonitruante colère !

       Car, ne sois pas dupe, le minus malade fait de toi son esclave. Oublie chacun de tes projets, en cet instant ce sont lui et Madame température qui dirigent ton existence !

       Et ne compte même pas avoir droit de regard sur l'heure de ton rendez-vous avec le docteur, en général, tous les bébés du quartier semblent malades ce jour-là, pour peu qu'il soit mercredi, il te faudra passer une plombe dans une salle d'attente pleine de microbes et de gamins maussades, en espérant fort fort fort que ta propre descendance ne joignent pas ses cris à ceux de ses congénères agonisants !

        D'ailleurs, quand bébé est malade, fatalement, à un moment où à un autre, tu en viendras à faire des souhaits surprenants.

      Par exemple, tu vas vouloir de toute ton âme qu'il ne partage pas ses maux, qu'il n'y ait pas d'épidémie familiale. Parce que si ça arrive, dis-toi que la plus malade, ce sera toi, mais que, bizarrement, tu seras la seule dont personne ne va s'occuper !

        Tu vas te mettre à désirer plus que tout que ce ne soit qu'une rhino, si ça venait à virer otite, tu serais assurément plongée dans un abysse d'impuissance tel, que tu en viendrais à espérer que tes propres oreilles se bouchent pour la survie de tes tympans [ et oui, la voix du bébé est stridente ]... Et si éradiquer la fièvre restera ton souci majeur, dormir deviendra ta seconde priorité. [ bien que tu saches pertinemment que ça n'arrivera que dans deux jours... ]


        Voilà, Titou est malade. Moi, j'ai sommeil.

vendredi 11 avril 2014

Désolée, je suis enceinte...

[ Plus au jour d'aujourd'hui, mais il n'y a pas si longtemps... ]



       Cet article m'est assez compliqué. A dire vrai, il me trotte en tête depuis un moment, et outre le fait d'hésiter à le mettre en ligne, je suis on ne peut moins certaine de savoir poser les bons mots sur mon ressenti...
       Je vais quand même essayer...

       Il y a quelques jours, en lisant un article sur les essais-bébé d'une future jeune mère [ je balance tout, il s'agit d'Audrey ] m'est revenu le souvenir douloureux des réactions de ma sœur face à mes grossesses...

       Ma sœur et moi ne sommes pas en très bon terme, et ce depuis plusieurs années. Nous nous envoyons un texto trimestriel, et encore, je vois large. 

       Tout comme ma mère avant elle, lorsqu'elle et son compagnon décidèrent de créer une famille, elle dut subir une longue série d'échec avant d'être enceinte... De longs essais, durant de longs mois, elle allait de déception en déception. Le doute s'installa même d'y parvenir un jour. Alors ils firent leur batterie de tests, et ce n'en fut que plus perturbant : en théorie, tout allait bien...
       Un peu plus d'un an, et une fausse couche plus tard, enfin, elle avait deux locataires. 

       Malheureusement, un seul des deux survécu. Commença alors une grossesse dans l'angoisse, mais qui arriva à son terme sans autre embûche. Ma nièce naquit en octobre 2010 [ ça en jette le passé simple!] dans d'excellentes conditions, et elle est aujourd'hui une adorable fillette blonde comme les blés !

       Au cours de sa grossesse, il s'avéra que moi-même je tombai enceinte. 

       Lorsque l'Homme et moi avions décidé de faire « des essais », dans ma tête, c'était certain, galère il y aurait... Sauf que du premier coup... BIM ! Transformé l'essai. J'en demeurais pantoise ! 

       Ma surprise fut si vive, mon incrédulité si intense, que je me persuadai de ne pas y croire, m'attendant à un pire... Tant qu'un écran ne m'eut prouvé que la vie avait bel et bien prise en moi, rien, ni même les battements de son cœur ne me convainquit. [ enfin... Rien ne me convainquit qu'il n'y aurait pas de drame, comme toutes les mères j'aimais déjà la promesse au creux de moi...]

       Une fois les trois mois réglementaires écoulés, je fis mon annonce [ à d'autres que ma mère ], notamment à ma sœur. Et si sa grossesse m'avait été un tsunami émotionnel, une joie infinie et profonde, visiblement, la mienne la laissa de marbre. Une immense déception pour moi... 

       J'appris plus tard que mes théories, celles que j'avais échafaudées pour comprendre sa rudesse, étaient proches de la vérité. Elle m'en voulait clairement de ne pas avoir galéré, pensait secrètement que je lui volais la vedette, et que, au final, je ne méritais pas cette chance, moi, vilain petit canard...

       Ma fille naquit en mars 2011, soit 6 mois plus tard que la sienne.

       Quelques 18 mois plus tard, ma sœur reprit de nouveaux essais. Probablement avait-elle le souhait d'avoir des enfants rapprochés. Malheureusement, elle ne fit pas moins de quatre fausses couches, dont une lui manquant d'être fatale, en l'espace d'une année... 

       Et moi, de mon côté, en février j'apprenais ma seconde grossesse, non prévue [attention, prévue et désirée, deux choses distinctes!]

       Je compris sa tristesse, son amertume en cet instant [ celui où elle l'apprit ], en revanche, ce que je suis aujourd'hui toujours incapable de comprendre, ce sont ses reproches. Cette façon à elle de me faire penser : « je suis désolée, je ne l'ai pas fait exprès »

       Ces reproches encore présents aujourd'hui. Malgré la bonne farce que nous a fait Madame la Vie : sa première est d'octobre, ma première de mars suivant, mon second est d'octobre, sa seconde de mars suivant...

       Et j'en viens à un questionnement plus large

       Sommes-nous, nous mamans, séparées en deux catégories distinctes, celles qui ont souffert pour accéder à ce statut, et celles qui non ? 
       Devons-nous mener les guerres inutiles que peuvent causer l'allaitement, le portage, n'importe quelle différence ? 
       Une maman sans galère à l'être ne peut-elle ni comprendre, ni compatir, ni simplement souhaiter avec sincérité le bonheur à celle qui lutte ?


       Dois-je vraiment m'excuser d'avoir eu une chance que d'autres n'ont pas, simplement parce que ces autres, ces mères-mais-pas-officiellement, je les comprends, et j'ai envie de le leur dire ?


J'en profite au passage pour souhaiter tout le bonheur du monde à Audrey, et toutes ces autres qui essaient, coûte que coûte, de devenir enfin maman.

mardi 8 avril 2014

Le petit bonhomme vert



       Je vis en banlieue parisienne. Et dans le coin, le piéton est considéré comme un parasite de la circulation : s'il a le malheur de se trouver au travers du chemin d'une voiture, il est écrasé. Comme une fourmi. Ni plus, ni moins.

       Mais, il y a aussi des rues en sens unique, moins fréquentées, avec des passages piétons qui s'ouvrent grands devant toi, attendant que tu les foules, t'invitant presque tant la route est déserte...

        Oui, mais ils ont un feu... Et j'ai des enfants. Dont une qui commence à bien connaître les couleurs. Qui marche. Qui apprend vite...

        Je me retrouve ainsi réduite à l'impuissance. Attendre le petit bonhomme vert, alors que la route est si dépeuplée que je pourrais allègrement m'arrêter en son milieu pour réajuster mon pull...

       C'est d'ailleurs étrangement à cet instant, qu'une multitude d'autres passants surgit de nulle part, faisant ce que tu ne peux faire : traverser !
       Moi, je ne bouge pas, évidemment, la petite main qui s'agrippe d'un côté, la poignée de la poussette de l'autre.

       Je deviens alors l'obstacle. Comprenez, je suis en plein milieu, quel culot !

      Si la plupart me contourne comme si j'étais un arbre, s'apercevant à peine de ma présence, si bien souvent, on me regarde amusé, ou me lance un regard « je comprends », il y a des fois où clairement, ma cargaison et moi, gênons ! Et que soupirs, bousculades, regard « qu'est-ce qu'elle fout celle-là avec sa marmaille ? »

       Avoir des enfants, c'est aussi ça. Vivre les choses du quotidien à leur rythme, souvent bien lent pour les adultes empressés que nous sommes...

[et un article qui sert à rien, un ! Ne me remerciez pas ! ]

dimanche 6 avril 2014

Je suis ce genre de mère...

       Je suis une mère pour qui l'enfance de ses enfants passe avant tout. Il m'est très important de les préserver au maximum, ils auront tout leur temps d'apprendre que parfois la vie, ça fait mal... Mais ils ne pourront jamais rattraper leur innocence.


       Je suis une mère qui préfère être une « maman ». Avec la tendresse que le mot sous-entend, qu'il suggère par sa consonance même. Une maman qui câline, qui caresse, qui bisoute
        Tout le temps !

       A chaque situation son geste tendre : serrer fort la main de Crapulette quand nous croisons une moto dans la rue, je sais qu'elle en a peur. Caresser les mini-cheveux de Titou pendant son biberon de midi, pour qu'il s'endorme dans mes bras. Faire une rafale de bisous, une joue l'un, une joue l'autre, une joue l'un, …, quand ils sont tous les deux allongés sur leur tapis... 
        Et les exemples pourraient être encore foison !

  
       Je suis une mère qui reprend ses petits lorsqu'ils font une bêtise ou adoptent un comportement inapproprié [ bon, faut avouer que j'ai pas encore eu à beaucoup reprendre le minus ! ], mais aussi qui félicite et encourage quand ils font une chose bien. Oui, c'est vrai, je mets au coin et je gronde, mais j'applaudis avec enthousiasme leurs victoires du quotidien, et toute brouille se finit inévitablement par un câlin !


       Je suis une mère joueuse ! Quand ils se roulent sur leur tapis, il n'est pas rare que je me roule avec eux. Je fais la course avec ma fille, et nous sautillons souvent main dans la main quand nous nous baladons [ oui oui, même en ville ]. Je fais ma drôle de voix, celle aiguë et enjouée, ma « spéciale bébé », juste pour faire rire mon fils, en particulier lors de situations ennuyeuses, comme l'attente à une caisse. [ je crois que beaucoup de gens me prennent pour une dingue ! ]


       Je suis une mère qui discute avec ses enfants. Et depuis un moment d'ailleurs. La folie que me suppose le monde doit venir de là, j'imagine... 
       Rares ne sont pas les fois où enceinte, j'ai été étrangement regardée, mais que voulez-vous ! Je ne sais pas ignorer un bébé qui cherche à communiquer. De la même façon que je suis incapable de promener mon Mini-boy en poussette sans lui adresser paroles et sourires
       Et après tout, pour ce que j'en ai à faire que les gens imaginent que je parle seule !

       Puis, ma méthode ne doit pas être si mauvaise, au parc, tous les gamins viennent discuter avec moi, ils délaissent même parfois le banc de leur parent pour le mien !


       Je suis une mère qui se sait totalement imparfaite, qui se sait profondément aimante, qui se sait terriblement faillible, mais qui cependant essaie de ne jamais oublier qu'elle fait de son mieux
       Pour ces raisons-là, je me sais, me sens une bonne mère.


       Au final, je suis une mère qui n'est qu'une femme comme les autres... Le genre de mère humaine... !

"Il n'y aucune façon d'être une mère parfaite, mais un million pour en être une bonne"


- Tout comme Nath, j'avais moi aussi remarqué les articles « Je suis ce genre de... » Tout comme elle, je trouvais que c'était une belle idée. Mais à son contraire, je ne savais pas qu'à l'origine c'était un TAG. Or, je ne suis pas une peste pour rien, et par principe, je me refusais de suivre une masse, pomper une idée non mienne... En revanche, me plier à l'exercice parce que cela m'a été proposé me plaît bien plus ! Une façon de montrer à la personne qui me tague qu'elle et ses idées m'importent, et, une pierre, plusieurs coups, écrire avec un cadre et tenter par tous les moyens d'en déborder, mais subtilement, une démarcation dans les règles, exercice de style en quelques sortes ! [sans prétention hein!] -

Celui là, il est pour toi belle copa !

mercredi 2 avril 2014

Le parc : Introduction

       Aller au parc, Crapulette adore ça. [révélation du siècle !]
       Comme je suis une bonne maman [débordée, mais bonne], je l'y emmène. Plusieurs fois par semaine même. 

       Avant le déménagement de cet été, ça n'arrivait jamais, nous avions tout à portée de jardin. Je n'ai réellement découvert le microcosme du parc que cette année, après avoir pondu le minus, et que celui-ci ait été assez grand pour survivre 2h sans manger...


      Pendant que ma grande galope, que Titou fait les yeux doux à son amoureuse, j'observe et je suppute. [ je ne me force même pas un peu à employer ce genre de verbes! ]

       Le parc est un univers à part entière, des règles tacites y sont érigées, et les parents sont une mine de distraction pour qui les scrute assez longtemps. 

      Je vous présente tout le monde ?

       D'abord, il y a celle que je nomme « la Chef ». Elle ne commande rien, va sans dire, mais elle connaît tout le monde, sait qui y est, quand et comment.
        J'imagine que le fait d'avoir vue sur le parc de sa fenêtre aide ! 

      Cette femme, est une sociable [ parfois trop ] bavarde. Maman au foyer, elle semble vivre assez mal la solitude que ça implique, et voit en chaque maman une alliée potentielle. Sa fille, c'est l'amoureuse de mon fils, c'est bien simple, elle passe son temps avec nous, souriant à son « cro bô bébé » et ne rêvant que d'une chose, jouer à la poupée avec et lui faire des milliards de bisous ! 
       C'est pas près d'arriver, elle a deux ans et demi !

       Puis, il y a les nounous. Elles attendent comme le Graal les parents qui vont les délester de leurs enfants et sonner l'heure de la fin de journée ! 
       
       Nounou-Gâteau est copine avec Mamie-Nounou. Elle doit son surnom au fait qu'elle apporte toujours un tas de jouets qui ravissent tout le monde. 
        A elles deux, elles totalisent 5 gamins, dont une fille. 
        De 14 mois à 3 ans. Des sages, et des moins sages. Un mini panel à eux tous seuls !

       On peut aussi trouver au parc Jeune-Mère. En running, elle s'ennuie clairement et me fais rire avec sa façon de parler « rentre dans le lard »
       Elle a deux filles survitaminées, une petite [ je dirais la cinquaine ], extravertie, d'un naturel rafraîchissant, et une grande [huitaine], un brin turbulente, effrontée !

       Il y a Doux-Papa. Un papa attentionné, qui semble d'une grande gentillesse. Son fils est à son image, discret, timide et mignon ! 
       En contraste total avec le fils de Père-Branché : une pile électrique qui ne connaît pas la demi-mesure. Soit c'est un ange, soit c'est un diablotin. 
       Son paternel pose d'ailleurs clairement ses barrières : téléphone en main, casque sur les oreilles, et s'il le pouvait, je suis sûre qu'il aurait un ordi sur les genoux ! 
       Mais quand il n'a plus de batterie, il est plutôt sympa ! [ Les Branchés, sont les beaux gosses du parc, autant le père que le fils ! Même si mon petit chat est quand même vachement plus craquant! ]

       Et Maman-Timide. Dont la fille ne l'est pas du tout !

       On aperçoit également Mamie-Radote, une mamie qui radote donc. Elle passe régulièrement et choisit une malheureuse victime à qui elle parle, parle, parle... 
       Les Amoureux, toujours sur le même banc, seuls au monde, ils s'embrassent à perdre haleine. 
       Et le Monsieur-qui-ferme (en vrai, ils sont deux!).

       Vous connaissez désormais les personnages principaux de ma nouvelle rubrique : Le Parc



      Tous les mercredis, je vous livrerez une de mes aventures fantastiques [ j'exagère à peine ! ] en ce lieu, parce que y'a pas à dire, le parc, c'est Dallas !

jeudi 27 mars 2014

Le rendez-vous

       Ce soir j'ai rendez-vous...

       J'en ai un peu les mains qui poitent, vaguement le cœur qui en palpite. Voilà des mois que j'attends cela, ou peut-être des années ? Des siècles ? Une éternité...

       Oh ! Pourtant rien de bien exceptionnel, aucune fortune n'y succombera, un endroit un peu familial, mais d'y songer me fait rêver. Il y aura lui, il y aura moi, et... Ma foi, cela suffira !

       Peut-être aurai-je mis du noir au yeux. Du rouge à lèvre ? Ah ! c'est vrai, je n'aime pas ça, je l'avais presque oublié !

       Sans doute me mettrai-je en jupe, sans doute aurai-je même un peu froid en sortant. Mais qu'importe, que je me sentirais belle, juchée sur mes talons préférés !



       Ce soir, j'ai rendez-vous et je n'ai plus trop l'habitude. Que se dit-on blanc dans les yeux quand les enfants ne sont pas là ?
     Comment se retrouve-t-on en amoureux, comme des amants, comme avant, comme sans enfants ?

       Ce soir, j'ai rendez-vous, j'ai un peu peur, je l'avoue... Mais n'est-ce pas là bien jolie chose ?


       Ce soir, j'ai rendez-vous et en rentrant, je garderais tout ça pour nous... 

[en espérant fort, fort, très fort que les bébés feront dodo!]