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vendredi 25 avril 2014

Le moment préféré...

       Je ne sais pas vous, mais moi, à chaque période de la vie de mes enfants est associé un moment préféré...

       Il varie au fil des mois [ des années pour ma grande ] de manière si subtile que parfois, je ne me rends même pas compte qu'il a changé...

       Aux premiers mois de ma fille, ce moment était le biberon de la nuit

       Elle contre moi, dans la maison endormie, ses petits doigts s’agrippant, le calme et la douceur à l'état pur. Un moment à nous, de longues heures que je n'échangerais pour rien au monde, malgré celles qui manquent à mon sommeil !

       Aujourd'hui, le moment se situerait plutôt le matin, quand son petit frère dort, et qu'elle en profite pour recharger sa batterie à câlins, se lovant tout contre moi, me caressant le visage, l'air heureux que je la bisoute, nous échangeant de jolis mots... 
       La douceur de son corps contre le mien, encore...

       Les premiers mois de mon fils sont en train de s'écouler, et, le moment qui me vient est indiscutablement le biberon de midi

       Crapulette mangeant à la même heure, je lui donne son repas dans le salon, afin que nous soyons tous ensembles (l'homme ne rentre pas pour manger en semaine) . 
        Et cela se termine inexorablement de la même façon... Mon fils s'endormant dans mes bras, son petit corps à l'abandon, la respiration sereine, l'air paisible. 
       Sa grande sœur chuchotant, moi aussi, pour ne pas « 'éveiller Titou »...

       Puis moi, le transportant dans sa chambre, le serrant tout contre moi, profitant de cet instant de plénitude où son corps ne fait à nouveau qu'un avec le mien...


       Cet après-midi, je me suis rendue compte que le moment commençait à changer... 

        Le midi et le matin continuent d'avoir la saveur particulière qu'ils avaient hier, mais aujourd'hui, à quatre heure, j'ai compris
        Mes moments préférés ne sont plus ni que pour l'un, ni avec l'autre, ils sont nous trois ensembles !

        Ce quatre-heure, je n'avais pas remarqué comme il était heureux, plein d'amour, pourtant, c'est souvent à cette heure que Crapulette se découvre fière d'être la grande, fière de cajoler et de faire rire son petit frère. 

       Pourtant, c'est souvent à cette heure que Titou dévore des yeux son aînée, avec toute l'admiration dont il est capable, souriant, puis riant, mettant de la compote partout ! 

       A cette heure, je ne sais ni pourquoi, ni comment, mes enfants sont connectés entre eux, et les voir faire est si délicieux, tellement... source de fierté.

       Aujourd'hui, nous avons « diputer » avec Crapulette [ = discuter ]
       Je lui ai demandé si elle aimait un peu son petit frère : « Ben oui, ze l'aime beaucoup mon tit frèr' » 

        Et elle a fini sa phrase par un bisou sur son front, puis, s'est jeté sur moi, le cœur visiblement plein d'amour... 

        Titou, souriait si fort en nous regardant, que je crois qu'il a compris que sa sœur l'aimait et que nos fiertés respectives étaient si « intenses » qu'il n'existait aucune autre solution que de se serrer dans les bras...

la photo n'a pas été prise à ce moment-là, mais elle reflète bien la complicité qui se construit...



mercredi 12 mars 2014

Frère et sœur

       Lorsque l’on est enceinte, une des choses que nous faisons toutes plus ou moins, est de se projeter. En préparant une jolie chambre, un nid douillet et réconfortant pour l’enfant, en imaginant des instants de vie que nous pourrons partager avec cet être, en essayant de deviner comment sera son visage, se basant sur les échos (peine perdue !), en élaborant un système éducatif basé sur nos principes (dont les trois quart voleront en éclats, hum...), etc…

       En pensant à toutes ces petites choses qui feront notre vie à venir, on entame le grand chantier de la maternité (vous savez, celui qui ne finit jamais) !

       J’ai fait tout ça deux fois (sauf finir le chantier, hein !). Deux fois certes, mais absolument pas dans la même optique.

        Pour ma grande, j’étais dans le rêve, elle était ma première, je ne savais où mes pieds allaient se poser. Pour mon petit, j’avais déjà une idée de ce à quoi m’attendre (qu’on ne peut rien prévoir, donc !). Alors ma préoccupation première a plutôt été le lien qui pourrait les unir, eux, mes enfants.

      Je rêvais, et rêve toujours, d’un duo uni et aimant. Je les rêve complices, solidaires, en complémentarité, pas en compétition… C’est un travail difficile pour une maman. Savoir se partager tout en restant entière pour chaque moitié. Je m’y atèle tous les jours, sans relâche, avec bienveillance, quelques couacs et beaucoup d’amour…

          Et c’est avec tendresse que je regarde leur relation évoluer au fil des jours, fière d’eux, un peu de moi aussi.



       Maintenant, il ne me reste plus qu’à élaborer un plan pour les supporter quand ils se ligueront contre moi… Le revers de la médaille !

mercredi 5 mars 2014

La petite grande sœur

       Dans ma fratrie, nous sommes trois. Trois sœurs. Je suis celle qui « se balance au bout de la chaîne », comme j’aime le dire. Et le moins que je puisse dire, est que trouver ma place dans la famille n’a jamais été chose simple. Encore que j’édulcore, dans la réalité, je ne sais toujours pas où est ma place



       Faisons d’abord un petit historique rapide.
       Entre ma grande grande sœur et moi, il y a 10 ans. Entre ma moyenne grande sœur et moi, 2 et demi. La logique voudrait que je sois proche de la cadette, et que l’aînée nous ait été exemple puis alliée. Enfin, c’est la logique que j’aurais aimé vivre, et que je me suis peut-être imaginée à tort.

        Mais la logique et la vie sont rarement copines, et notre histoire n’en est que plus compliquée

     
     Commençons par l’aînée. Elle et moi, au jour d’aujourd’hui, nous ne nous comprenons plus. Nos contacts sont quasi rompus. Nous sommes en total décalage. Cela n’a pas toujours été le cas.

       Toute petite, je mourrais d’admiration pour elle. Si belle, si intelligente, avec une vie de « grande » si passionnante… J’étais vraiment très proche d’elle, j’ai de merveilleux souvenirs en sa compagnie. Un des meilleurs est lorsque je l’aidais (je n’en avais pas conscience à l’époque) à réviser son histoire. Le soir, je me mettais au pied de son lit, et elle me racontait ce qu’elle avait appris en cours. J’avais 7-8 ans, j’étais pleine d’interrogations, et elle prenait le temps de répondre à mes questions. J’aimais aussi qu’elle alimente mon goût du livre. Aurais-je lu Balzac par plaisir sans elle ?

        J’aimais tant de choses en elle…

       Mais j’ai grandi… Et si aujourd’hui je comprends que l’on ait du mal à concevoir qu’un enfant qu’on aime devienne adulte, je ne comprends toujours pas pourquoi elle s’est éloignée de moi à l’instant où j’ai affirmé ma propre personnalité en dehors d’elle, de son modèle… A partir du moment où j’ai commencé à postuler pour le « monde adulte », ma sœur n’a eu de cesse que de me rabaisser, juger mes choix et condamner la moindre de mes erreurs (et quel jeune adulte n’en fait pas ?).


      Reste la cadette. Ma grande « petite » sœur. Nos âges nous ont fatalement rapprochées. Mais certaines circonstances ont fait que nos rôles n’ont jamais été « ordinaires »… 
        Le fait que mon père soit parti d’une part (de la maison, il va bien !). Je n’en ai que peu souffert, j’avais moins de 2 ans, mes souvenirs de lui avec nous sont inexistants, le fait qu’elle s’en soit sentie responsable dans sa caboche de gamine (ce concept me dépassait, je ne voulais pas que « mon papa revienne », on ne regrette pas ce que l’on ne connait pas, j’aimais notre cocons de femmes), mais aussi et surtout le fait qu’elle ait été différente …

        Singularité, retard, handicap… On appelle ça comme on veut. Je me fous du nom que ça porte… Ce dont je me fous/foutais moins, c’étaient les moqueries qui allaient avec…  Contexte aidant donc, j’ai grandi un peu plus vite qu’elle (beaucoup trop ?). 

        Et je me suis retrouvée dans une étrange case : bébé de l’une, grande petite sœur de l’autre…


        Aujourd’hui j’en suis là… 

lundi 3 mars 2014

Mon rayon de soleil

      Il y a 5 mois de cela, tu es venu agrandir la famille. Tu étais vraiment minuscule, léger comme une plume, un joli bébé, aux yeux déjà grands ouverts !

       Tu as balayé en un instant tous mes doutes de maman… Il était évident que je pourrais t’aimer autant que ta sœur. Vous n’étiez pas en concurrence dans mon cœur, vous étiez complémentaires ! Chacun un bout de moi, je ne le savais juste pas encore.

       En 5 mois, tu es devenu un bonhomme curieux, avide de découvertes. Tu as grandi, bien sûr, et nous avons découvert que tu avais hérité de mon orteil supersonique, celui qui troue les chaussettes.




       Tu t’es trouvé quelques passions : tortiller tes mains, dévorer Maman des yeux, gloutonner tes biberons, et pédaler. Tu es un expert en la matière, t’habiller relève de la tactique de guerre, et si tu continues à te perfectionner, dans quelques semaines, je ne pourrais plus jouer avec toi sans armure !

       En 5 mois, tu as doucement réussi à apprivoiser ta grande sœur. Pourtant, elle est farouche ! Ne la touche pas qui veut ! Ce n’était pas gagné, au début, elle tolérait à peine ta présence. Mais tu as été patient. Tu l’as regardé, chaque jour plus intensément. Puis, tu as tenté l’effleurement. Tu vises encore un peu mal, mais elle commence à y prendre goût ! Maintenant, je vous mets tous les deux sur le grand tapis. Discrètement je m’efface et je vous retrouve yeux dans les yeux…  Je ne sais ce qui se passe dans vos petites têtes quand vous vous fixez ainsi, mais à voir vos visages curieux et sereins, ça a l’air beau…


       Aussi vrai que Crapulette est ma petite fleur, toi, mon Titou-Petitout, tu es mon rayon de soleil. Nous ne t’avions pas « prévu » si tôt, mais ta présence aujourd’hui est une merveilleuse surprise ! En 5 mois seulement, tu m’es devenu indispensable, et je n’imagine plus ma vie sans voir ce sourire que tu es si prompt à donner !

mercredi 26 février 2014

Contre Danse

Tout en cadence, en ressemblance
A deux avancent, puis se distancent ;
Parfois en transe, amour intense,
Tantôt vengeance, colère immense...

Et en cadence, chacune son sens
Souvent absences ou insistance,
A deux errance, intolérance,
De même essence, deux différences.

Cœur contrecœur, peur et trop pleurs,
Tout en cadence, sans aucun sens
A contretemps les deux sœurs dansent,
Prestance. Aisance. Mais trop distance...






Je ne sais qu’en dire… Ce poème n’est pas pour ma sœur, il est par ma sœur. Elle ne le lira sans doute jamais, mais il parle d’elle, de moi, d’un nous trop décalé…