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mardi 6 mai 2014

Et si je l'aimais trop ?


       Mon fils... Le dire me trouble encore un peu...

    Depuis ma grossesse, enfin, surtout depuis l'échographie révélatrice, une flopée de questions ne cesse de m'assaillir à son propos.

  J'ai d'abord passé plusieurs mois à me demander si je réussirais à m'occuper d'un garçon. [les femmes enceintes ou l'ayant été le savent, nous avons toutes des monomanies plus ou moins absurdes!]


      Sortant d'une famille « à femmes », c'était carrément l'inconnu pour moi. 
       Et en boucle, tous les jours, j'avais peur de ne pas y arriver. Mon cerveau savait que c'était irrationnel, mais mon cœur n'en avait que faire !

       Il est arrivé, et il s'est avéré que s'occuper d'un bébé, avec ou sans zizi, reste s'occuper d'un bébé !

       En revanche, si dans l'absolu la manière de faire est identique, il y a une chose qui est bien différente : le regard
       Celui que je lui porte, celui qu'il me porte. 
       Ma fille et moi sommes très fusionnelles, j'ai adoré le charmant bébé qu'elle a été, mais si je joue à comparer, avec mon fils, c'est pas pareil. [au delà du fait que chaque enfant reçoit son propre amour, hein!]

       Quand Mini-boy me regarde, l'amour est carrément palpable, si je suis dans la pièce, quasi rien ne le distrait, il me regarde, encore et encore. 
       Si pour Crapulette, je me sentais « pilier », « modèle », « protectrice », pour Titou, je me sentirais presque « divine ».
Je force un peu le trait, mais c'en est pas si loin !

       Mon fils cherche constamment mon contact, visuel, physique, encore mieux !
       La Puce aimait mes bras, elle semblait s'y sentir en sécurité et en profitait pour explorer le monde autour d'elle. Toujours tournée vers l'avant, son regard si intense observait le moindre détail à sa portée. La curiosité même.
       Le Minus aime mes bras, et me cajole sans se lasser, il me couve des yeux, me caresse la joue, les cheveux, tritouille mes vêtements, mâchouille chaque bout de peau apparent [me file des coups de pieds en passant]... Je suis sa maman, et gare à qui ne comprendrait pas le message !

       Fatalement, nos relations aussi en sont différentes. Comment ne pas fondre devant ce petit bonhomme dégoulinant d'amour [littéralement, non mais quel baveur !] pour moi ?

       Et parfois j'ai peur, car me revient sans cesse mon neveu en pensées, il est lui aussi le petit frère de sa sœur [oui, j'ose cette phrase], mais sa mère s'est sans doute laissée emportée, et les différences entre sa fille et son fils sont dérangeantes
       A tel point que même le Loulou en a pâti... Comportement, apprentissage, caractère... Tout a été déformé par le laisse-passer, par un amour trop grand, par la façon dont sa mère lui a permis de jouer au bébé trop longtemps. [je me permets ce jugement car après son divorce, mon beauf m'a avoué ces choses] 
       Et ma nièce, par extension, s'est retrouvée carrément lésée, à la fin c'était même révoltant. [à nos sens communs, beauf, l'homme et moi-même]

       Malgré le fait que je n'aime pas cette femme [goût personnel, aujourd'hui j'ai le droit de le dire, j'ai du faire semblant longtemps...], j'arrive à comprendre, peut-être même compatir [pas trop quand même!]. Je ne pense pas qu'elle ait eu ou ait conscience de cela, il est bien évident qu'elle aime sa fille. Il est tout aussi évident qu'elle semble ne pas mesurer la portée de ses amours.


       Et surgit ma crainte, celle de ne savoir gérer deux façons d'aimer si distinctes, celle de basculer dans un excès ou un autre... 
       Si, moi aussi, à un moment, je l'aimais trop, mettrais-je des distances au détriment de mon fils ? 
       Si je l'aimais trop, sombrerais-je sans m'en rendre compte dans le syndrome de la mère inégale
       Si je l'aimais trop, ne ferais-je pas souffrir ma fille ?

mercredi 30 avril 2014

S'aimer sur la lune



       Avant d'aller à la sieste, j'ai pris ma Crapulette dans les bras. Comme chaque fois que sa joue est à ma portée, j'y ai déposé un bisou, puis en la serrant contre moi, lui ai dit « je t'aime ».

       « Moi aussi ze t'aime », m'a-t-elle répondu. 
       Je lui ai fais un bisou-prout dans le cou, on a rit, puis je l'ai posé dans son lit, avant de m'y asseoir à mon tour.

    « Et tu m'aimes combien ma chérie ? »

       Après quelques secondes de réflexion, elle lève les yeux et m'annonce de sa voix fluette :

    « Ze t'aime zusque tout en haut !

  -   C'est vrai ? C'est génial ! Et bien moi, je t'aime jusqu'à la lune !

  -   Pou'quoi ? me lance-t-elle, le sourcil froncé.

  -   Parce que la lune elle est très très loin, et que moi je t'aime très très fort ! Grand comme ça ! [ gestes à l'appui ! ]

  -   Mais ! C'est nul ces zhistoires de lune ! [ sa nouvelle passion est de dire "c'est nul" le plus souvent possible, je crains le pire quand elle aura 12 ans ! ]

  -  Tu trouves que c'est nul que je t'aime très fort?

  -  Beh non...

  -  Tu voudrais que je t'aime comment alors ? »

       Elle réfléchit un instant, sourit, visiblement fière de ce qu'elle va m'annoncer, met son doigt en l'air, comme elle sait si bien le faire et s'écrit :

    « Ze te t'aime dans la lune ! Ah ! Ze sais z'ai une bon l'idée, on va se voler dedans le ciel vers la lune !

  -  Tu veux qu'on s'envole pour aller s'aimer sur la lune ?

  -  Oui, c'est ça ! Ah ! Non ze sais, si tu veux tu peux sou'ver [ soulever ] le lit, maman ! »

       A ce moment, Maxime, 5 mois, voisin du dessous se met à pleurer.


   «  Maman, ze crois que c'est bébé Massime qui pleure. Il a faim, ze crois qu'i' veut son bib'ron... »

       Discuter avec ma fille est absolument rafraîchissant !

vendredi 25 avril 2014

Le moment préféré...

       Je ne sais pas vous, mais moi, à chaque période de la vie de mes enfants est associé un moment préféré...

       Il varie au fil des mois [ des années pour ma grande ] de manière si subtile que parfois, je ne me rends même pas compte qu'il a changé...

       Aux premiers mois de ma fille, ce moment était le biberon de la nuit

       Elle contre moi, dans la maison endormie, ses petits doigts s’agrippant, le calme et la douceur à l'état pur. Un moment à nous, de longues heures que je n'échangerais pour rien au monde, malgré celles qui manquent à mon sommeil !

       Aujourd'hui, le moment se situerait plutôt le matin, quand son petit frère dort, et qu'elle en profite pour recharger sa batterie à câlins, se lovant tout contre moi, me caressant le visage, l'air heureux que je la bisoute, nous échangeant de jolis mots... 
       La douceur de son corps contre le mien, encore...

       Les premiers mois de mon fils sont en train de s'écouler, et, le moment qui me vient est indiscutablement le biberon de midi

       Crapulette mangeant à la même heure, je lui donne son repas dans le salon, afin que nous soyons tous ensembles (l'homme ne rentre pas pour manger en semaine) . 
        Et cela se termine inexorablement de la même façon... Mon fils s'endormant dans mes bras, son petit corps à l'abandon, la respiration sereine, l'air paisible. 
       Sa grande sœur chuchotant, moi aussi, pour ne pas « 'éveiller Titou »...

       Puis moi, le transportant dans sa chambre, le serrant tout contre moi, profitant de cet instant de plénitude où son corps ne fait à nouveau qu'un avec le mien...


       Cet après-midi, je me suis rendue compte que le moment commençait à changer... 

        Le midi et le matin continuent d'avoir la saveur particulière qu'ils avaient hier, mais aujourd'hui, à quatre heure, j'ai compris
        Mes moments préférés ne sont plus ni que pour l'un, ni avec l'autre, ils sont nous trois ensembles !

        Ce quatre-heure, je n'avais pas remarqué comme il était heureux, plein d'amour, pourtant, c'est souvent à cette heure que Crapulette se découvre fière d'être la grande, fière de cajoler et de faire rire son petit frère. 

       Pourtant, c'est souvent à cette heure que Titou dévore des yeux son aînée, avec toute l'admiration dont il est capable, souriant, puis riant, mettant de la compote partout ! 

       A cette heure, je ne sais ni pourquoi, ni comment, mes enfants sont connectés entre eux, et les voir faire est si délicieux, tellement... source de fierté.

       Aujourd'hui, nous avons « diputer » avec Crapulette [ = discuter ]
       Je lui ai demandé si elle aimait un peu son petit frère : « Ben oui, ze l'aime beaucoup mon tit frèr' » 

        Et elle a fini sa phrase par un bisou sur son front, puis, s'est jeté sur moi, le cœur visiblement plein d'amour... 

        Titou, souriait si fort en nous regardant, que je crois qu'il a compris que sa sœur l'aimait et que nos fiertés respectives étaient si « intenses » qu'il n'existait aucune autre solution que de se serrer dans les bras...

la photo n'a pas été prise à ce moment-là, mais elle reflète bien la complicité qui se construit...



mardi 22 avril 2014

La claque vieillissante

       Etre mère apporte tout un tas de choses. Certaines que nous avions imaginées (l'amour, la fatigue, le dévouement, ...), d'autres qui nous ont surprises par leur intensité (l'amour, la fatigue, le dévouement, ...), et celles, que dis-je ? CELLE que peu d’entre nous avait vu venir : la claque vieillissante.

       Car c'est un fait, aussi jeune puissions-nous être ( dans les chiffres ou la tête ), avoir des enfants nous fait irrémédiablement vieillir...

   Alors vieillir, entendons-nous, certes les gosses font pousser les cheveux blancs, mais bien qu'un peu « flop » au sortir de la maternité, vous ne serez pas munie d'un dentier et d'un sonotone dès l'expulsion !



       Vieillir n'est d'ailleurs pas le terme exact à employer, il faudrait plutôt dire mûrir ou grandir.
      On entre en mode baleine à l’hôpital, la démarche en canard, le souffle du buffle, et l'agressivité du pitbull enragé [sans rire laquelle n'a pas eu envie d'en coller deux à la secrétaire qui ose demander « Oui ? C'est pour quoi? » ], et après avoir eu un trait de ressemblance avec plus ou moins tous les animaux du zoo, après avoir broyé une ou deux mains, pleuré comme une madeleine, et respiré-bloqué, après donc, vient LA prise de conscience.

       Si quelques heures avant nous n'avions qu'à nous soucier de nous-même, nous nous retrouvons avec un mini-nous, une innocente, dépendante, fragile et joufflue créature, dont la responsabilité nous incombe ad vitam æternam.

      Et l'amour que nous portons à ce si petit être ne fait qu'aggraver la situation : en plus de devenir responsable de ce qui est le plus précieux, nous ressentons l'impérieux devoir de lui promettre amour, bonheur, attention et nourriture !

       Adieu naïveté, place à la maturité obligatoire !

       Et puis la vie continue, on n'y pense plus.
     On s'habitue les uns aux autres, et le temps, ce fourbe, file bien plus vite que dans nos souvenirs « d'avant »...
       Jusqu'au jour où, soudain, on réalise...

       Il n'est pas rare que ce jour coïncide avec notre propre anniversaire, une journée pas si différente, mais où fatalement, même si ce n'est qu'un peu, on pense à soi. Et, en se regardant, on prend en plein visage la claque vieillissante.



       Se sentir fondamentalement identique, mais subtilement différente...

     S'apercevoir que le changement est profond, que la transformation n'est pas temporaire, que cette maturité ne quittera jamais plus notre cœur.

       Comprendre l'évidence de l'avant et de l'après : rien ne sera plus pareil, nous ne sommes plus notre propre centre du monde. Nous sommes devenues un satellite du sien, notre enfant est devenu le héros de notre vie.

       Se rendre compte de l'effrayante vitesse qu'a pris le temps, de l'impossibilité à le remonter...

     Se dire que l'on « a vieilli », sans être capable sur le moment de saisir le sens de cette impression amère, la prenant comme une claque, en pleine figure, à en avoir la joue écarlate, l'oreille bouchée, la tête qui tourne un peu...

       La claque vieillissante fait mal, elle pique, brûle, plus ou moins fort selon l'histoire qu'il y a derrière.
       Mais quand l'échauffement passe, alors on comprend : nous n'avons pas vieilli.


       Nous commençons juste la route qui nous mène à l'épanouissement...



Bon anniversaire Nattes A Lit. Le meilleur est devant, n'en doute jamais, qu'importe la frousse !

dimanche 13 avril 2014

Comme une horloge

       Si certains voient l'heure dans la course du soleil, si quelques uns la devinent en observant les marées, si d'autres, plus traditionnels, la lisent sur une montre, moi, je la connais quasi précisément en écoutant mon fils.

       Chaque heure son bruit, son cri, son pleur voire même son odeur [ Quoi ? Vous n'écoutez pas les odeurs, vous? ]...

       Mon Mini-Boy est réglé comme une horloge, et suisse l'horloge !

       Et croyez-moi, certains jours, cela en serait presque troublant.

       Imaginez-le, se délectant des bras de son père, tout sourire, dégoulinant [ littéralement, quel baveur ! ] d'amour et de bien-être, lorsque soudain, en une seconde, il se transforme en petite chose rouge et hurlante, à la limite de l'agonie

       Il se tortille, semble souffrir, mais est surtout colère : quand c'est l'heure, c'est l'heure

       Oui, c'est vrai, il est 20h01, je suis en retard pour lui servir son dîner.

     Et cette scène se reproduit inlassablement  [ à une dizaine de minutes près ] : à midi, au quatre-heure, à 10h00...


       Manger, c'est sacré, et c'est bien connu, quand l'appétit va, tout va !  


vendredi 11 avril 2014

Désolée, je suis enceinte...

[ Plus au jour d'aujourd'hui, mais il n'y a pas si longtemps... ]



       Cet article m'est assez compliqué. A dire vrai, il me trotte en tête depuis un moment, et outre le fait d'hésiter à le mettre en ligne, je suis on ne peut moins certaine de savoir poser les bons mots sur mon ressenti...
       Je vais quand même essayer...

       Il y a quelques jours, en lisant un article sur les essais-bébé d'une future jeune mère [ je balance tout, il s'agit d'Audrey ] m'est revenu le souvenir douloureux des réactions de ma sœur face à mes grossesses...

       Ma sœur et moi ne sommes pas en très bon terme, et ce depuis plusieurs années. Nous nous envoyons un texto trimestriel, et encore, je vois large. 

       Tout comme ma mère avant elle, lorsqu'elle et son compagnon décidèrent de créer une famille, elle dut subir une longue série d'échec avant d'être enceinte... De longs essais, durant de longs mois, elle allait de déception en déception. Le doute s'installa même d'y parvenir un jour. Alors ils firent leur batterie de tests, et ce n'en fut que plus perturbant : en théorie, tout allait bien...
       Un peu plus d'un an, et une fausse couche plus tard, enfin, elle avait deux locataires. 

       Malheureusement, un seul des deux survécu. Commença alors une grossesse dans l'angoisse, mais qui arriva à son terme sans autre embûche. Ma nièce naquit en octobre 2010 [ ça en jette le passé simple!] dans d'excellentes conditions, et elle est aujourd'hui une adorable fillette blonde comme les blés !

       Au cours de sa grossesse, il s'avéra que moi-même je tombai enceinte. 

       Lorsque l'Homme et moi avions décidé de faire « des essais », dans ma tête, c'était certain, galère il y aurait... Sauf que du premier coup... BIM ! Transformé l'essai. J'en demeurais pantoise ! 

       Ma surprise fut si vive, mon incrédulité si intense, que je me persuadai de ne pas y croire, m'attendant à un pire... Tant qu'un écran ne m'eut prouvé que la vie avait bel et bien prise en moi, rien, ni même les battements de son cœur ne me convainquit. [ enfin... Rien ne me convainquit qu'il n'y aurait pas de drame, comme toutes les mères j'aimais déjà la promesse au creux de moi...]

       Une fois les trois mois réglementaires écoulés, je fis mon annonce [ à d'autres que ma mère ], notamment à ma sœur. Et si sa grossesse m'avait été un tsunami émotionnel, une joie infinie et profonde, visiblement, la mienne la laissa de marbre. Une immense déception pour moi... 

       J'appris plus tard que mes théories, celles que j'avais échafaudées pour comprendre sa rudesse, étaient proches de la vérité. Elle m'en voulait clairement de ne pas avoir galéré, pensait secrètement que je lui volais la vedette, et que, au final, je ne méritais pas cette chance, moi, vilain petit canard...

       Ma fille naquit en mars 2011, soit 6 mois plus tard que la sienne.

       Quelques 18 mois plus tard, ma sœur reprit de nouveaux essais. Probablement avait-elle le souhait d'avoir des enfants rapprochés. Malheureusement, elle ne fit pas moins de quatre fausses couches, dont une lui manquant d'être fatale, en l'espace d'une année... 

       Et moi, de mon côté, en février j'apprenais ma seconde grossesse, non prévue [attention, prévue et désirée, deux choses distinctes!]

       Je compris sa tristesse, son amertume en cet instant [ celui où elle l'apprit ], en revanche, ce que je suis aujourd'hui toujours incapable de comprendre, ce sont ses reproches. Cette façon à elle de me faire penser : « je suis désolée, je ne l'ai pas fait exprès »

       Ces reproches encore présents aujourd'hui. Malgré la bonne farce que nous a fait Madame la Vie : sa première est d'octobre, ma première de mars suivant, mon second est d'octobre, sa seconde de mars suivant...

       Et j'en viens à un questionnement plus large

       Sommes-nous, nous mamans, séparées en deux catégories distinctes, celles qui ont souffert pour accéder à ce statut, et celles qui non ? 
       Devons-nous mener les guerres inutiles que peuvent causer l'allaitement, le portage, n'importe quelle différence ? 
       Une maman sans galère à l'être ne peut-elle ni comprendre, ni compatir, ni simplement souhaiter avec sincérité le bonheur à celle qui lutte ?


       Dois-je vraiment m'excuser d'avoir eu une chance que d'autres n'ont pas, simplement parce que ces autres, ces mères-mais-pas-officiellement, je les comprends, et j'ai envie de le leur dire ?


J'en profite au passage pour souhaiter tout le bonheur du monde à Audrey, et toutes ces autres qui essaient, coûte que coûte, de devenir enfin maman.

dimanche 6 avril 2014

Je suis ce genre de mère...

       Je suis une mère pour qui l'enfance de ses enfants passe avant tout. Il m'est très important de les préserver au maximum, ils auront tout leur temps d'apprendre que parfois la vie, ça fait mal... Mais ils ne pourront jamais rattraper leur innocence.


       Je suis une mère qui préfère être une « maman ». Avec la tendresse que le mot sous-entend, qu'il suggère par sa consonance même. Une maman qui câline, qui caresse, qui bisoute
        Tout le temps !

       A chaque situation son geste tendre : serrer fort la main de Crapulette quand nous croisons une moto dans la rue, je sais qu'elle en a peur. Caresser les mini-cheveux de Titou pendant son biberon de midi, pour qu'il s'endorme dans mes bras. Faire une rafale de bisous, une joue l'un, une joue l'autre, une joue l'un, …, quand ils sont tous les deux allongés sur leur tapis... 
        Et les exemples pourraient être encore foison !

  
       Je suis une mère qui reprend ses petits lorsqu'ils font une bêtise ou adoptent un comportement inapproprié [ bon, faut avouer que j'ai pas encore eu à beaucoup reprendre le minus ! ], mais aussi qui félicite et encourage quand ils font une chose bien. Oui, c'est vrai, je mets au coin et je gronde, mais j'applaudis avec enthousiasme leurs victoires du quotidien, et toute brouille se finit inévitablement par un câlin !


       Je suis une mère joueuse ! Quand ils se roulent sur leur tapis, il n'est pas rare que je me roule avec eux. Je fais la course avec ma fille, et nous sautillons souvent main dans la main quand nous nous baladons [ oui oui, même en ville ]. Je fais ma drôle de voix, celle aiguë et enjouée, ma « spéciale bébé », juste pour faire rire mon fils, en particulier lors de situations ennuyeuses, comme l'attente à une caisse. [ je crois que beaucoup de gens me prennent pour une dingue ! ]


       Je suis une mère qui discute avec ses enfants. Et depuis un moment d'ailleurs. La folie que me suppose le monde doit venir de là, j'imagine... 
       Rares ne sont pas les fois où enceinte, j'ai été étrangement regardée, mais que voulez-vous ! Je ne sais pas ignorer un bébé qui cherche à communiquer. De la même façon que je suis incapable de promener mon Mini-boy en poussette sans lui adresser paroles et sourires
       Et après tout, pour ce que j'en ai à faire que les gens imaginent que je parle seule !

       Puis, ma méthode ne doit pas être si mauvaise, au parc, tous les gamins viennent discuter avec moi, ils délaissent même parfois le banc de leur parent pour le mien !


       Je suis une mère qui se sait totalement imparfaite, qui se sait profondément aimante, qui se sait terriblement faillible, mais qui cependant essaie de ne jamais oublier qu'elle fait de son mieux
       Pour ces raisons-là, je me sais, me sens une bonne mère.


       Au final, je suis une mère qui n'est qu'une femme comme les autres... Le genre de mère humaine... !

"Il n'y aucune façon d'être une mère parfaite, mais un million pour en être une bonne"


- Tout comme Nath, j'avais moi aussi remarqué les articles « Je suis ce genre de... » Tout comme elle, je trouvais que c'était une belle idée. Mais à son contraire, je ne savais pas qu'à l'origine c'était un TAG. Or, je ne suis pas une peste pour rien, et par principe, je me refusais de suivre une masse, pomper une idée non mienne... En revanche, me plier à l'exercice parce que cela m'a été proposé me plaît bien plus ! Une façon de montrer à la personne qui me tague qu'elle et ses idées m'importent, et, une pierre, plusieurs coups, écrire avec un cadre et tenter par tous les moyens d'en déborder, mais subtilement, une démarcation dans les règles, exercice de style en quelques sortes ! [sans prétention hein!] -

Celui là, il est pour toi belle copa !

jeudi 20 mars 2014

Trois ans [déjà]

Encore une année qui m’échappe… Le temps glisse à vive allure entre mes doigts, et je n’ai aucun moyen de le ralentir.

Ce soir, à la veille du printemps, je ne sais si je suis heureuse, maussade, ou juste nostalgique. Peut-être les trois à la fois ?

Demain, je prendrais au visage ce que je tente désespérément d’appréhender depuis quelques jours.
Demain, ma fille aura trois ans. Quelques petites années et l’éternité à la fois. Il est troublant de garder un souvenir précis du premier regard que nous avons échangé, et de se dire que cette ère n’est, et ne sera jamais plus. Elle ne sera jamais plus un bébé

Elle grandit, apprivoise le monde chaque jour un peu plus, et c’est une bonne chose. Je la guide dans cette voie. Je désire ardemment la voir avancer, s’épanouir, vivre, être une enfant !


 Mais dans un coin de mon cœur, je ne cesse de me demander : où est mon bébé ? Où est passée cette créature si petite, si fragile et pourtant si forte à la fois ? Où est passé ce minuscule bébé, si léger, si tranquille, tellement sans cheveux ? Où sont ces pieds, si riquiquis que rien ne pouvait les chausser sans les noyer ?





Cependant, quand je la regarde, elle, ma petite fleur, si délicate, si gentille, et pourtant tellement sûre d’elle, je ne peux qu’être heureuse de voir la fillette qu’elle devient ! Etre surprise chaque jour de ses nouvelles découvertes, sourire de sa façon si candide de comprendre les choses, être émue de cet amour inconditionnel qui nous lie, qui n’a toujours fait que croître avec elle. Elle est heureuse, elle est chipie, elle est si douce… Je veux la laisser grandir, je veux qu’elle s’envole un jour, qu’elle soit celle qu’elle doit être, confiante et sereine…

Seulement, je ne peux ne pas ressentir une pointe de mélancolie. Elle est ma première, le sera à tout jamais… Elle est celle qui m’a fait devenir, celle qui m’a fait apparaître, moi, maman aimante et femme accomplie… La regarder grandir revient presque à me voir vieillir… Elle est celle par qui ma vie a pris un nouveau sens… Celle par qui j’ai entraperçu les capacités de mon cœur…



Je pourrais faire mille enfants, et les aimer tout autant qu’elle, que son frère, elle est et restera le déclic de ma vie, aussi fort que j’espère être le starter de la sienne

[Trois ans : I - II - III ... ]

Je t’aime ma chérie…
Et bon anniversaire, mon petit trésor sucré !

mardi 18 mars 2014

Trois ans [II]


Le printemps a toujours été ma saison préférée. Le soleil se fait plus présent et apporte avec lui la douceur. Les arbres reprennent vie et se parent d’un tendre vert. Les champs deviennent de vastes prairies qui semblent si douces et légères quand le vent les caresse. Les oiseaux se mettent à chanter plus fort, très tôt le matin, plus tard le soir.

Le printemps donne envie d’être amoureux, de pique-niquer au ras de l’herbe, il met du baume au cœur promettant la fin de la rudesse… Le printemps est, à n’en pas douter, la saison des poètes, qui n’a jamais été ravi, au moins une fois, de se rendre compte combien la nature est belle à son réveil ?

Mais le printemps, c’est aussi et surtout des fleurs. Partout ! Des arbres roses en pleine ville, des pâquerettes dans les parcs, milles couleurs, plus en campagne. Des odeurs, fleurs blanches cachées derrière un portail, fleurs jaunes là-bas, près du chemin… Fleur bleue, ici, seule au milieu des autres…

Telles sont les promesses du printemps, renaissance, gaieté, douceur, le tout saupoudré d’envie d’aimer…

En 2011, j’ai « vécu » le printemps…  J’ai eu tout ce qu’il promet à notre imagination : le soleil, la joie, la renaissance et une fleur.
Une fleur parfaite. Ma fleur.


Le premier jour du printemps, cette année-là, naissait ma petite fleur à moi, Maïlys


samedi 15 mars 2014

C'est quoi l'amour ?



       Pour le lancement de ses « Mots d’enfants », Gwenaëlle nous a proposé de poser une question à nos enfants, et d’en partager la réponse.

       Et pour une première, elle a frappé fort : C’est quoi l’amour ? Rien que ça !  
      Joueuse, mais aussi et surtout curieuse d’entendre ma Crapulette, 3 ans dans 5 jours, m’expliquer avec ses mots ce que peut bien être l’amour, j’ai donc attendu le moment propice pour l’interroger.


        Jeudi matin, ayant une course à faire, j’ai donc annoncé à Crapulette que dès que Titou aurait terminé son biberon, nous irions prendre l’air. Une fois tous prêts [2 heures après donc], nous sommes sortis. Il faisait beau, les arbres de la rue étaient en fleur, nous étions de bonne humeur. Innocemment, sur le trajet, je lui ai demandé :

   «    Ma chérie, c’est quoi l’amour ?
-          Caca ! [Nous entrons dans la phase bénie où répondre « caca ! » fait mourir ma fille de rire]
-          Mais, à part caca, tu voudrais pas m’expliquer ce que c’est l’amour ?
-          Ben, c’est maman. Ma maman adorée ! On va aller che’cher de l’air main’nant ? »

       Voilà comment, abasourdie de fierté, je me suis retrouvée à expliquer à ma fille que « prendre l’air », ce n’était pas aller « chercher de l’air », mais se promener, et respirer « l’air de dehors »...

       Tout de même surprise de sa réponse, lorsque son papa est rentré après une semaine d’absence, je lui ai reposé la question. 
       Mais, bien que sa tête fût posée sur les genoux de son père, celui qui lui avait « cro cro » manqué, sa réponse n’avait pas changé…


Pour Crapulette, l’amour, c’était maman

[C'était ma participations aux Mots d'enfants pour Maman Pouponne, sur le thème "C'est quoi l'amour ?"  ]

par Crapulette, 3 ans

mercredi 12 mars 2014

Frère et sœur

       Lorsque l’on est enceinte, une des choses que nous faisons toutes plus ou moins, est de se projeter. En préparant une jolie chambre, un nid douillet et réconfortant pour l’enfant, en imaginant des instants de vie que nous pourrons partager avec cet être, en essayant de deviner comment sera son visage, se basant sur les échos (peine perdue !), en élaborant un système éducatif basé sur nos principes (dont les trois quart voleront en éclats, hum...), etc…

       En pensant à toutes ces petites choses qui feront notre vie à venir, on entame le grand chantier de la maternité (vous savez, celui qui ne finit jamais) !

       J’ai fait tout ça deux fois (sauf finir le chantier, hein !). Deux fois certes, mais absolument pas dans la même optique.

        Pour ma grande, j’étais dans le rêve, elle était ma première, je ne savais où mes pieds allaient se poser. Pour mon petit, j’avais déjà une idée de ce à quoi m’attendre (qu’on ne peut rien prévoir, donc !). Alors ma préoccupation première a plutôt été le lien qui pourrait les unir, eux, mes enfants.

      Je rêvais, et rêve toujours, d’un duo uni et aimant. Je les rêve complices, solidaires, en complémentarité, pas en compétition… C’est un travail difficile pour une maman. Savoir se partager tout en restant entière pour chaque moitié. Je m’y atèle tous les jours, sans relâche, avec bienveillance, quelques couacs et beaucoup d’amour…

          Et c’est avec tendresse que je regarde leur relation évoluer au fil des jours, fière d’eux, un peu de moi aussi.



       Maintenant, il ne me reste plus qu’à élaborer un plan pour les supporter quand ils se ligueront contre moi… Le revers de la médaille !

dimanche 9 mars 2014

Abnégations familiales

      Ah… Devenir mère… Un pur bonheur ! Une félicité sans pareil, un amour vertigineux, de l’allégresse, des chants et des danses de la joie ! Donner la vie, c’est accéder à la béatitude, ressentir une exaltante satisfaction… C’est un peu comme une grande ivresse qui fait tourner la tête, sourire bêtement, s’extasier du moindre rien.

      Vraiment, devenir mère, ça change la vie, ça chamboule tout ! Mais bon, hein, ça sent quand même un peu l’embrouille cette histoire-là. Non parce que y’a deux-trois détails qui sont pas précisés sur la notice…

       Pour commencer dis-toi que plus t’as d’enfants, plus tu manges… froid !

     Bah oui, s’ils ne sont pas assez grands, faut couper la viande et donner la becquée. S’ils sont trop grands, faut négocier sévère pour éviter les disputes et autres pinaillages. Les bébés… Les plus sournois… Tu les nourris gentiment, tu les crois endormis, et quand tu brandis ta fourchette au-dessus de ton assiette… boum ! Ils ont besoin de toi !

      Et si par chance, ô miracle ! tu réussissais à manger en temps et en chaleur, comme ça, avec toute la famille, tu te retrouves avec une assiette communale, où l’on te pique tes meilleurs morceaux et te refourgue les restes prémâchés…

       Une des autres choses dont il te faudra faire le deuil sont les grasses mat’
    
    C’est d’ailleurs le secret le moins bien gardé de la maternité. Alors bon, comme t’es au courant, t’échafaudes des plans. Genre, si je le couche une heure ou deux plus tard, il se lèvera fatalement une heure ou deux moins tôt... erreur ! 

      Un enfant, c’est comme l’alarme du vendredi que t’oublies de désactiver le samedi : rageant, strident, sans aucune pitié pour le rêve trop bien que tu faisais. En plus, impossible de feindre la surdité, sous peine de voir le volume sonore augmenter…

       Parlons-en du bruit… 

      Quand les enfants s’endorment enfin, t’es tellement plus habituée que le silence te file presque le vertige. Faut comprendre, dans la journée, entre les jouets bruyants (saleté de cadeaux pourris ! le pire, c’est que certains viennent de toi…), les pleurs et les cris (les leurs ou les tiens…), le boucan généré par le monstre lui-même (ça court beaucoup ces choses-là, et puis ça parle aussi, accessoirement) et l’ambiance « famille » (lave-linge, sèche-linge, aspirateur, et/ou lave-vaisselle…) le calme n’existe pas
      
      Et si jamais ça arrive, ça n’augure rien de bon…

     N’oublie pas au passage de faire une croix sur ton intimité… Rien de tel qu’une discussion à cœur ouvert quand tu fais pipi…

      Au final, il te faudra abdiquer et déposer au fond d’un placard ta tranquillité d’esprit. D’une part, parce que cette liste n’est pas exhaustive et que chaque famille possède ses variantes, et d’autre part, parce qu’en plus de bouffer froid, avoir sommeil et vivre dans un brouhaha infernal, ces gamins, les tiens, te feront te ronger les sangs à la moindre occasion !


        Un incommensurable bonheur te dis-je !


vendredi 7 mars 2014

Etre leur maman

       Tandis que je regardais ma grande dévaler le toboggan, que je profitais de la bonne humeur ambiante pour chatouiller mon petit, je me suis posée LA question : Suis-je une bonne mère ? Je me la suis posée avec sincérité, comme il m’arrive souvent de le faire, en guise de MAJ régulière.

       J’ai besoin de me questionner, c’est mon mode de fonctionnement. Alors chaque moment paisible est potentiellement idéal pour me remettre en question. Il faisait doux, les enfants riaient, le soleil filtrait à travers les feuillages… Et je me suis demandée…

       Ecartons d’emblée l’hypothèse de mère modèle, rions au nez de celle de la mère parfaite, toute femme ayant au moins un enfant sait que ce sont de grands mensonges (ou de belles illusions !)

         Non, les vraies questions devraient plutôt être : Suis-je une bonne mère pour MES enfants ? Sont-ils aussi heureux qu’il leur faudrait être ? Sont-ils épanouis ? Ont-ils le sentiment d’être à l’abri tout en ayant la possibilité de développer leur propre façon de penser ?

        Je n’ai aucune recette miracle, ni même aucune réponses absolument certaines à mes interrogations.  Je fais en fonction de ce que je vois, mais aussi et surtout de ce que je ressens…

      Mon rôle de mère, celui que je trouve le plus parfait à mes yeux, consiste à écouter, sentir et… improviser !

        Je n’ai jamais eu de plan à appliquer, seulement quelques principes que je m’efforce de respecter au maximum. J’essaie de les faire rire, de préserver leur innocence, de les laisser rêver. Je leur apprends de jolies choses, regarder le ciel, voir les fleurs, courir après les papillons. Je laisse la grande sauter dans les flaques, cueillir des feuilles en automne, se rouler dans l’herbe au printemps. Un bonheur simple, accessible, qui peut durer toujours, et qui donne les armes pour affronter la vie, la vraie, avec le sourire.


      Alors je ne sais pas si je suis une bonne mère, mais ce dont je suis certaine, c’est que je suis leur maman, et je crois que je m’en sors pas trop mal !


lundi 3 mars 2014

Mon rayon de soleil

      Il y a 5 mois de cela, tu es venu agrandir la famille. Tu étais vraiment minuscule, léger comme une plume, un joli bébé, aux yeux déjà grands ouverts !

       Tu as balayé en un instant tous mes doutes de maman… Il était évident que je pourrais t’aimer autant que ta sœur. Vous n’étiez pas en concurrence dans mon cœur, vous étiez complémentaires ! Chacun un bout de moi, je ne le savais juste pas encore.

       En 5 mois, tu es devenu un bonhomme curieux, avide de découvertes. Tu as grandi, bien sûr, et nous avons découvert que tu avais hérité de mon orteil supersonique, celui qui troue les chaussettes.




       Tu t’es trouvé quelques passions : tortiller tes mains, dévorer Maman des yeux, gloutonner tes biberons, et pédaler. Tu es un expert en la matière, t’habiller relève de la tactique de guerre, et si tu continues à te perfectionner, dans quelques semaines, je ne pourrais plus jouer avec toi sans armure !

       En 5 mois, tu as doucement réussi à apprivoiser ta grande sœur. Pourtant, elle est farouche ! Ne la touche pas qui veut ! Ce n’était pas gagné, au début, elle tolérait à peine ta présence. Mais tu as été patient. Tu l’as regardé, chaque jour plus intensément. Puis, tu as tenté l’effleurement. Tu vises encore un peu mal, mais elle commence à y prendre goût ! Maintenant, je vous mets tous les deux sur le grand tapis. Discrètement je m’efface et je vous retrouve yeux dans les yeux…  Je ne sais ce qui se passe dans vos petites têtes quand vous vous fixez ainsi, mais à voir vos visages curieux et sereins, ça a l’air beau…


       Aussi vrai que Crapulette est ma petite fleur, toi, mon Titou-Petitout, tu es mon rayon de soleil. Nous ne t’avions pas « prévu » si tôt, mais ta présence aujourd’hui est une merveilleuse surprise ! En 5 mois seulement, tu m’es devenu indispensable, et je n’imagine plus ma vie sans voir ce sourire que tu es si prompt à donner !