Affichage des articles dont le libellé est bébé. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est bébé. Afficher tous les articles

mardi 6 mai 2014

Et si je l'aimais trop ?


       Mon fils... Le dire me trouble encore un peu...

    Depuis ma grossesse, enfin, surtout depuis l'échographie révélatrice, une flopée de questions ne cesse de m'assaillir à son propos.

  J'ai d'abord passé plusieurs mois à me demander si je réussirais à m'occuper d'un garçon. [les femmes enceintes ou l'ayant été le savent, nous avons toutes des monomanies plus ou moins absurdes!]


      Sortant d'une famille « à femmes », c'était carrément l'inconnu pour moi. 
       Et en boucle, tous les jours, j'avais peur de ne pas y arriver. Mon cerveau savait que c'était irrationnel, mais mon cœur n'en avait que faire !

       Il est arrivé, et il s'est avéré que s'occuper d'un bébé, avec ou sans zizi, reste s'occuper d'un bébé !

       En revanche, si dans l'absolu la manière de faire est identique, il y a une chose qui est bien différente : le regard
       Celui que je lui porte, celui qu'il me porte. 
       Ma fille et moi sommes très fusionnelles, j'ai adoré le charmant bébé qu'elle a été, mais si je joue à comparer, avec mon fils, c'est pas pareil. [au delà du fait que chaque enfant reçoit son propre amour, hein!]

       Quand Mini-boy me regarde, l'amour est carrément palpable, si je suis dans la pièce, quasi rien ne le distrait, il me regarde, encore et encore. 
       Si pour Crapulette, je me sentais « pilier », « modèle », « protectrice », pour Titou, je me sentirais presque « divine ».
Je force un peu le trait, mais c'en est pas si loin !

       Mon fils cherche constamment mon contact, visuel, physique, encore mieux !
       La Puce aimait mes bras, elle semblait s'y sentir en sécurité et en profitait pour explorer le monde autour d'elle. Toujours tournée vers l'avant, son regard si intense observait le moindre détail à sa portée. La curiosité même.
       Le Minus aime mes bras, et me cajole sans se lasser, il me couve des yeux, me caresse la joue, les cheveux, tritouille mes vêtements, mâchouille chaque bout de peau apparent [me file des coups de pieds en passant]... Je suis sa maman, et gare à qui ne comprendrait pas le message !

       Fatalement, nos relations aussi en sont différentes. Comment ne pas fondre devant ce petit bonhomme dégoulinant d'amour [littéralement, non mais quel baveur !] pour moi ?

       Et parfois j'ai peur, car me revient sans cesse mon neveu en pensées, il est lui aussi le petit frère de sa sœur [oui, j'ose cette phrase], mais sa mère s'est sans doute laissée emportée, et les différences entre sa fille et son fils sont dérangeantes
       A tel point que même le Loulou en a pâti... Comportement, apprentissage, caractère... Tout a été déformé par le laisse-passer, par un amour trop grand, par la façon dont sa mère lui a permis de jouer au bébé trop longtemps. [je me permets ce jugement car après son divorce, mon beauf m'a avoué ces choses] 
       Et ma nièce, par extension, s'est retrouvée carrément lésée, à la fin c'était même révoltant. [à nos sens communs, beauf, l'homme et moi-même]

       Malgré le fait que je n'aime pas cette femme [goût personnel, aujourd'hui j'ai le droit de le dire, j'ai du faire semblant longtemps...], j'arrive à comprendre, peut-être même compatir [pas trop quand même!]. Je ne pense pas qu'elle ait eu ou ait conscience de cela, il est bien évident qu'elle aime sa fille. Il est tout aussi évident qu'elle semble ne pas mesurer la portée de ses amours.


       Et surgit ma crainte, celle de ne savoir gérer deux façons d'aimer si distinctes, celle de basculer dans un excès ou un autre... 
       Si, moi aussi, à un moment, je l'aimais trop, mettrais-je des distances au détriment de mon fils ? 
       Si je l'aimais trop, sombrerais-je sans m'en rendre compte dans le syndrome de la mère inégale
       Si je l'aimais trop, ne ferais-je pas souffrir ma fille ?

lundi 28 avril 2014

Le sommeil injuste

       Si Crapulette m'a été enviée un bon millier de fois lorsqu'elle était bébé...

       Si j'ai pu me la raconter en ayant une réponse des plus classieuses au récurrent « Alors, elle fait ses nuits ? »

       Si tata Gertrude n'a jamais eu l'occasion de me refiler un des ses conseils foireux, parce que pour bien enfoncer le clou, mon bébé à moi, primipare, était non seulement mignon et sage, ne pleurant que peu, mais faisait aussi ses nuits presque depuis sa naissance !

       Si j'ai crâné un max devant tous ceux et celles qui m'avaient un jour pensée nouille, omettant, évidemment, de préciser que non, je n'y étais pour rien, c'était juste un sacré coup de bol que ma fille fasse son tour de cadran à trois semaines, aujourd'hui, j'en viens à me demander si ces histoires de karma ne sont pas un tout petit peu vraies !


       Karma ou pas, le fait est là, ma toute belle a aujourd'hui le sommeil tout pourri et si en réalité, je n'y crois pas vraiment, il faut avouer que la coïncidence prête à sourire ! [ bon, moins à 4 heures du mat', les yeux encroûtés et la mèche rebelle, hein ]


       Il n'est pas rare que je sois réveillée en pleine nuit par ses cris, et oui, je me suis déjà ramassée dans le couloir. Alors bon, aller moucher son nez et « nettoyer son chagrin », pourquoi pas, mais si en prime, j'ai le tibia en vrac, le cœur-chamade et le cerveau si embrumé que je ne sais plus où j'habite, j'avoue, le karma, je le déteste quand même drôlement !

       Il est également coutumier, que la classique négociation « dans 5 minutes, dodo ! », se transforme en véritables pourparlers, avec guerre à la clé... 
       Et rien n'est plus éreintant que de finir une journée sur une gronderie, aussi fugace soit-elle...

       Vous vous en doutez bien, je ne me suis pas contentée d'un simple soliloque sur le karma, j'ai tout de même mené ma petite enquête.

       Premier constat : ma petite fleur a le sommeil léger. Doublez ceci d'un caractère un brin timoré, et le moindre bruit qu'elle n'identifie pas devient source de frayeur. Donc de cris et de larmes. [ heureusement, comme tous les enfants, elle passe aussi des nuits n'entendant rien de rien, ni même l'orage de l'année, juste au dessus de nous ! ]

       Deuxième constat, tiré de ses explications farfelues, lorsque ma fille s'endort, elle subie ce que l'on appelle des illusions hypnagogiques ( sensations survenant à l'endormissement, comme par exemple tomber dans le vide... ). Evidemment, cela lui fait peur, et ne l'aide pas à avoir envie d'aller se coucher.

       Troisième constat, ma fille a trois ans, et elle fait des cauchemars, comme tous les enfants...

       Quatrième et dernier constat, le plus grave à mon sens, mes voisins du dessus ne sont que d'égoïstes, bruyantes et horripilantes personnes ne sachant pas ce que peut bien signifier « vivre en communauté ».
       Car, force est de constater que les réveils cause cauchemars, ou cause je m'endors, je « glonfle » ou « je suis tombée tout en haut » (illusions hypnagogiques, donc), sont nettement moins fréquents que ceux « Maman, j'ai peur du bruit... »

       Je suis peut-être mauvaise langue, ma fille pourrait très bien avoir entendu un bruit venant de la rue, imaginer quelque chose, « capter » un avion qui passe. Mais n'est-il pas étrange que parfois le même « bruit » me réveille moi ? 
       Moi, qui les identifie clairement ( chaise, pas lourd, porte fermée brusquement, voix parfois...)

       N'est-il pas suspect que dans la seconde, un de ces fameux bruits, en plus de réveiller Crapulette et moi-même, réveille mon Titou (qui lui pour le coup n'a absolument pas le sommeil léger ) ?

       Alors je me console, je ronge mon freins, et je me dis que si peut-être le karma existe vraiment, leur bébé à venir les réveillera chaque nuit pendant un long moment !


       Et, non, je ne souhaite pas à ce bébé de ne pas être heureux, je le précise, j'espère juste que sa venue leur rappellera que les bébés des autres sont tout aussi sensibles que peut l'être le leur ! 

mardi 22 avril 2014

La claque vieillissante

       Etre mère apporte tout un tas de choses. Certaines que nous avions imaginées (l'amour, la fatigue, le dévouement, ...), d'autres qui nous ont surprises par leur intensité (l'amour, la fatigue, le dévouement, ...), et celles, que dis-je ? CELLE que peu d’entre nous avait vu venir : la claque vieillissante.

       Car c'est un fait, aussi jeune puissions-nous être ( dans les chiffres ou la tête ), avoir des enfants nous fait irrémédiablement vieillir...

   Alors vieillir, entendons-nous, certes les gosses font pousser les cheveux blancs, mais bien qu'un peu « flop » au sortir de la maternité, vous ne serez pas munie d'un dentier et d'un sonotone dès l'expulsion !



       Vieillir n'est d'ailleurs pas le terme exact à employer, il faudrait plutôt dire mûrir ou grandir.
      On entre en mode baleine à l’hôpital, la démarche en canard, le souffle du buffle, et l'agressivité du pitbull enragé [sans rire laquelle n'a pas eu envie d'en coller deux à la secrétaire qui ose demander « Oui ? C'est pour quoi? » ], et après avoir eu un trait de ressemblance avec plus ou moins tous les animaux du zoo, après avoir broyé une ou deux mains, pleuré comme une madeleine, et respiré-bloqué, après donc, vient LA prise de conscience.

       Si quelques heures avant nous n'avions qu'à nous soucier de nous-même, nous nous retrouvons avec un mini-nous, une innocente, dépendante, fragile et joufflue créature, dont la responsabilité nous incombe ad vitam æternam.

      Et l'amour que nous portons à ce si petit être ne fait qu'aggraver la situation : en plus de devenir responsable de ce qui est le plus précieux, nous ressentons l'impérieux devoir de lui promettre amour, bonheur, attention et nourriture !

       Adieu naïveté, place à la maturité obligatoire !

       Et puis la vie continue, on n'y pense plus.
     On s'habitue les uns aux autres, et le temps, ce fourbe, file bien plus vite que dans nos souvenirs « d'avant »...
       Jusqu'au jour où, soudain, on réalise...

       Il n'est pas rare que ce jour coïncide avec notre propre anniversaire, une journée pas si différente, mais où fatalement, même si ce n'est qu'un peu, on pense à soi. Et, en se regardant, on prend en plein visage la claque vieillissante.



       Se sentir fondamentalement identique, mais subtilement différente...

     S'apercevoir que le changement est profond, que la transformation n'est pas temporaire, que cette maturité ne quittera jamais plus notre cœur.

       Comprendre l'évidence de l'avant et de l'après : rien ne sera plus pareil, nous ne sommes plus notre propre centre du monde. Nous sommes devenues un satellite du sien, notre enfant est devenu le héros de notre vie.

       Se rendre compte de l'effrayante vitesse qu'a pris le temps, de l'impossibilité à le remonter...

     Se dire que l'on « a vieilli », sans être capable sur le moment de saisir le sens de cette impression amère, la prenant comme une claque, en pleine figure, à en avoir la joue écarlate, l'oreille bouchée, la tête qui tourne un peu...

       La claque vieillissante fait mal, elle pique, brûle, plus ou moins fort selon l'histoire qu'il y a derrière.
       Mais quand l'échauffement passe, alors on comprend : nous n'avons pas vieilli.


       Nous commençons juste la route qui nous mène à l'épanouissement...



Bon anniversaire Nattes A Lit. Le meilleur est devant, n'en doute jamais, qu'importe la frousse !

mercredi 16 avril 2014

Quand bébé est malade, de lui tout dépend !

      Voilà, Titou est malade. Vague fièvre, vague nez encombré, mais mauvaise humeur bien prononcée !



       Tu as déjà vu un bébé malade, même un peu ? Non ? Et bien au cas, je te le décris : pleurniche permanente, sourcils froncés et moue hurlante prête à l'emploi au moindre inconvénient (faim, position inconfortable, bruit dérangeant, trop chaud, trop froid, trop tiède...).

       Toi qui croyais que bébé était le roi, le déterminateur [ dé-terminator plutôt ] de ta nouvelle vie, attends que ton chérubin chope un rhume, et tu en viendras à regretter sa plus tonitruante colère !

       Car, ne sois pas dupe, le minus malade fait de toi son esclave. Oublie chacun de tes projets, en cet instant ce sont lui et Madame température qui dirigent ton existence !

       Et ne compte même pas avoir droit de regard sur l'heure de ton rendez-vous avec le docteur, en général, tous les bébés du quartier semblent malades ce jour-là, pour peu qu'il soit mercredi, il te faudra passer une plombe dans une salle d'attente pleine de microbes et de gamins maussades, en espérant fort fort fort que ta propre descendance ne joignent pas ses cris à ceux de ses congénères agonisants !

        D'ailleurs, quand bébé est malade, fatalement, à un moment où à un autre, tu en viendras à faire des souhaits surprenants.

      Par exemple, tu vas vouloir de toute ton âme qu'il ne partage pas ses maux, qu'il n'y ait pas d'épidémie familiale. Parce que si ça arrive, dis-toi que la plus malade, ce sera toi, mais que, bizarrement, tu seras la seule dont personne ne va s'occuper !

        Tu vas te mettre à désirer plus que tout que ce ne soit qu'une rhino, si ça venait à virer otite, tu serais assurément plongée dans un abysse d'impuissance tel, que tu en viendrais à espérer que tes propres oreilles se bouchent pour la survie de tes tympans [ et oui, la voix du bébé est stridente ]... Et si éradiquer la fièvre restera ton souci majeur, dormir deviendra ta seconde priorité. [ bien que tu saches pertinemment que ça n'arrivera que dans deux jours... ]


        Voilà, Titou est malade. Moi, j'ai sommeil.

dimanche 13 avril 2014

Comme une horloge

       Si certains voient l'heure dans la course du soleil, si quelques uns la devinent en observant les marées, si d'autres, plus traditionnels, la lisent sur une montre, moi, je la connais quasi précisément en écoutant mon fils.

       Chaque heure son bruit, son cri, son pleur voire même son odeur [ Quoi ? Vous n'écoutez pas les odeurs, vous? ]...

       Mon Mini-Boy est réglé comme une horloge, et suisse l'horloge !

       Et croyez-moi, certains jours, cela en serait presque troublant.

       Imaginez-le, se délectant des bras de son père, tout sourire, dégoulinant [ littéralement, quel baveur ! ] d'amour et de bien-être, lorsque soudain, en une seconde, il se transforme en petite chose rouge et hurlante, à la limite de l'agonie

       Il se tortille, semble souffrir, mais est surtout colère : quand c'est l'heure, c'est l'heure

       Oui, c'est vrai, il est 20h01, je suis en retard pour lui servir son dîner.

     Et cette scène se reproduit inlassablement  [ à une dizaine de minutes près ] : à midi, au quatre-heure, à 10h00...


       Manger, c'est sacré, et c'est bien connu, quand l'appétit va, tout va !  


vendredi 11 avril 2014

Désolée, je suis enceinte...

[ Plus au jour d'aujourd'hui, mais il n'y a pas si longtemps... ]



       Cet article m'est assez compliqué. A dire vrai, il me trotte en tête depuis un moment, et outre le fait d'hésiter à le mettre en ligne, je suis on ne peut moins certaine de savoir poser les bons mots sur mon ressenti...
       Je vais quand même essayer...

       Il y a quelques jours, en lisant un article sur les essais-bébé d'une future jeune mère [ je balance tout, il s'agit d'Audrey ] m'est revenu le souvenir douloureux des réactions de ma sœur face à mes grossesses...

       Ma sœur et moi ne sommes pas en très bon terme, et ce depuis plusieurs années. Nous nous envoyons un texto trimestriel, et encore, je vois large. 

       Tout comme ma mère avant elle, lorsqu'elle et son compagnon décidèrent de créer une famille, elle dut subir une longue série d'échec avant d'être enceinte... De longs essais, durant de longs mois, elle allait de déception en déception. Le doute s'installa même d'y parvenir un jour. Alors ils firent leur batterie de tests, et ce n'en fut que plus perturbant : en théorie, tout allait bien...
       Un peu plus d'un an, et une fausse couche plus tard, enfin, elle avait deux locataires. 

       Malheureusement, un seul des deux survécu. Commença alors une grossesse dans l'angoisse, mais qui arriva à son terme sans autre embûche. Ma nièce naquit en octobre 2010 [ ça en jette le passé simple!] dans d'excellentes conditions, et elle est aujourd'hui une adorable fillette blonde comme les blés !

       Au cours de sa grossesse, il s'avéra que moi-même je tombai enceinte. 

       Lorsque l'Homme et moi avions décidé de faire « des essais », dans ma tête, c'était certain, galère il y aurait... Sauf que du premier coup... BIM ! Transformé l'essai. J'en demeurais pantoise ! 

       Ma surprise fut si vive, mon incrédulité si intense, que je me persuadai de ne pas y croire, m'attendant à un pire... Tant qu'un écran ne m'eut prouvé que la vie avait bel et bien prise en moi, rien, ni même les battements de son cœur ne me convainquit. [ enfin... Rien ne me convainquit qu'il n'y aurait pas de drame, comme toutes les mères j'aimais déjà la promesse au creux de moi...]

       Une fois les trois mois réglementaires écoulés, je fis mon annonce [ à d'autres que ma mère ], notamment à ma sœur. Et si sa grossesse m'avait été un tsunami émotionnel, une joie infinie et profonde, visiblement, la mienne la laissa de marbre. Une immense déception pour moi... 

       J'appris plus tard que mes théories, celles que j'avais échafaudées pour comprendre sa rudesse, étaient proches de la vérité. Elle m'en voulait clairement de ne pas avoir galéré, pensait secrètement que je lui volais la vedette, et que, au final, je ne méritais pas cette chance, moi, vilain petit canard...

       Ma fille naquit en mars 2011, soit 6 mois plus tard que la sienne.

       Quelques 18 mois plus tard, ma sœur reprit de nouveaux essais. Probablement avait-elle le souhait d'avoir des enfants rapprochés. Malheureusement, elle ne fit pas moins de quatre fausses couches, dont une lui manquant d'être fatale, en l'espace d'une année... 

       Et moi, de mon côté, en février j'apprenais ma seconde grossesse, non prévue [attention, prévue et désirée, deux choses distinctes!]

       Je compris sa tristesse, son amertume en cet instant [ celui où elle l'apprit ], en revanche, ce que je suis aujourd'hui toujours incapable de comprendre, ce sont ses reproches. Cette façon à elle de me faire penser : « je suis désolée, je ne l'ai pas fait exprès »

       Ces reproches encore présents aujourd'hui. Malgré la bonne farce que nous a fait Madame la Vie : sa première est d'octobre, ma première de mars suivant, mon second est d'octobre, sa seconde de mars suivant...

       Et j'en viens à un questionnement plus large

       Sommes-nous, nous mamans, séparées en deux catégories distinctes, celles qui ont souffert pour accéder à ce statut, et celles qui non ? 
       Devons-nous mener les guerres inutiles que peuvent causer l'allaitement, le portage, n'importe quelle différence ? 
       Une maman sans galère à l'être ne peut-elle ni comprendre, ni compatir, ni simplement souhaiter avec sincérité le bonheur à celle qui lutte ?


       Dois-je vraiment m'excuser d'avoir eu une chance que d'autres n'ont pas, simplement parce que ces autres, ces mères-mais-pas-officiellement, je les comprends, et j'ai envie de le leur dire ?


J'en profite au passage pour souhaiter tout le bonheur du monde à Audrey, et toutes ces autres qui essaient, coûte que coûte, de devenir enfin maman.

dimanche 6 avril 2014

Je suis ce genre de mère...

       Je suis une mère pour qui l'enfance de ses enfants passe avant tout. Il m'est très important de les préserver au maximum, ils auront tout leur temps d'apprendre que parfois la vie, ça fait mal... Mais ils ne pourront jamais rattraper leur innocence.


       Je suis une mère qui préfère être une « maman ». Avec la tendresse que le mot sous-entend, qu'il suggère par sa consonance même. Une maman qui câline, qui caresse, qui bisoute
        Tout le temps !

       A chaque situation son geste tendre : serrer fort la main de Crapulette quand nous croisons une moto dans la rue, je sais qu'elle en a peur. Caresser les mini-cheveux de Titou pendant son biberon de midi, pour qu'il s'endorme dans mes bras. Faire une rafale de bisous, une joue l'un, une joue l'autre, une joue l'un, …, quand ils sont tous les deux allongés sur leur tapis... 
        Et les exemples pourraient être encore foison !

  
       Je suis une mère qui reprend ses petits lorsqu'ils font une bêtise ou adoptent un comportement inapproprié [ bon, faut avouer que j'ai pas encore eu à beaucoup reprendre le minus ! ], mais aussi qui félicite et encourage quand ils font une chose bien. Oui, c'est vrai, je mets au coin et je gronde, mais j'applaudis avec enthousiasme leurs victoires du quotidien, et toute brouille se finit inévitablement par un câlin !


       Je suis une mère joueuse ! Quand ils se roulent sur leur tapis, il n'est pas rare que je me roule avec eux. Je fais la course avec ma fille, et nous sautillons souvent main dans la main quand nous nous baladons [ oui oui, même en ville ]. Je fais ma drôle de voix, celle aiguë et enjouée, ma « spéciale bébé », juste pour faire rire mon fils, en particulier lors de situations ennuyeuses, comme l'attente à une caisse. [ je crois que beaucoup de gens me prennent pour une dingue ! ]


       Je suis une mère qui discute avec ses enfants. Et depuis un moment d'ailleurs. La folie que me suppose le monde doit venir de là, j'imagine... 
       Rares ne sont pas les fois où enceinte, j'ai été étrangement regardée, mais que voulez-vous ! Je ne sais pas ignorer un bébé qui cherche à communiquer. De la même façon que je suis incapable de promener mon Mini-boy en poussette sans lui adresser paroles et sourires
       Et après tout, pour ce que j'en ai à faire que les gens imaginent que je parle seule !

       Puis, ma méthode ne doit pas être si mauvaise, au parc, tous les gamins viennent discuter avec moi, ils délaissent même parfois le banc de leur parent pour le mien !


       Je suis une mère qui se sait totalement imparfaite, qui se sait profondément aimante, qui se sait terriblement faillible, mais qui cependant essaie de ne jamais oublier qu'elle fait de son mieux
       Pour ces raisons-là, je me sais, me sens une bonne mère.


       Au final, je suis une mère qui n'est qu'une femme comme les autres... Le genre de mère humaine... !

"Il n'y aucune façon d'être une mère parfaite, mais un million pour en être une bonne"


- Tout comme Nath, j'avais moi aussi remarqué les articles « Je suis ce genre de... » Tout comme elle, je trouvais que c'était une belle idée. Mais à son contraire, je ne savais pas qu'à l'origine c'était un TAG. Or, je ne suis pas une peste pour rien, et par principe, je me refusais de suivre une masse, pomper une idée non mienne... En revanche, me plier à l'exercice parce que cela m'a été proposé me plaît bien plus ! Une façon de montrer à la personne qui me tague qu'elle et ses idées m'importent, et, une pierre, plusieurs coups, écrire avec un cadre et tenter par tous les moyens d'en déborder, mais subtilement, une démarcation dans les règles, exercice de style en quelques sortes ! [sans prétention hein!] -

Celui là, il est pour toi belle copa !

vendredi 4 avril 2014

6 mois avec toi...

       Mon petit chat...

       L'autre jour au parc, comme il est habituel de le faire, une dame m'a demandé quel âge tu avais.
     J'ai du réfléchir, camoufler ma stupéfaction... Toi, mon Titou, mon petitou, tu allais avoir 6 mois, et dans seulement 3 jours !

       Où sont passées les 4 368 heures de ta si douce vie ?
       Où sont passés ces 182 jours depuis que tu es né ?
      En un battement de cils, j'ai revu ces 26 semaines, l'éternité, ta vie entière, s'envoler dans un soupir...

      Mini-Boy, tu es et resteras longtemps, peut-être à jamais, ce si petit être que tu as un jour été. Cette minuscule créature d'à peine 44 cm, mais qui prenait déjà tant de place dans mon cœur...

     Aujourd'hui chaton, tu as 6 mois. Aujourd'hui, tu as une demie année et te regarder grandir est un bonheur de chaque instant !

     Tu es un bébé souriant et tu as cette façon tellement tienne de contempler ton monde. Tes yeux toujours bien ouverts, tu exhales un doux parfum de pureté, comme si, en ta présence toutes vilaines choses disparaissaient. Je ne sais comment le dire, c'est si particulier...

       
       Quand tu rencontres de nouveaux bras, tu ne pleures pas
       Tu es étonné, tu me questionnes de ce regard qui n'appartient encore qu'à moi
       Alors, je te souris, je te présente, tu te tournes vers ce visage inconnu, et tu te laisses aller... De temps en temps, tu vérifies que je ne suis pas loin, et je suis si fière que personne ne puisse encore me voler la vedette ! 
       Entre nous, une réelle complicité s'est de suite installée, à la seconde où nous nous sommes vus, un coup de foudre comme je n'en avais jamais connu !

        Il n'y a aucune comparaison possible entre ta sœur et toi. Tout est différent, bien qu'aussi puissant.

      D'ailleurs, ta grande sœur t'adore elle aussi, malgré ses airs farouches. Elle a sûrement ressenti cette admiration sans borne que tu as pour elle !


       Quand certains jours tu pleures dans ta chambre, c'est fière qu'elle me dit, juste avant de te rejoindre en galopant « Attends Maman, je vais s'occuper de mon 'tit frère ! », puis elle revient et avec beaucoup de sérieux ajoute « Voilà, main'nant, c'est à ton tour Maman de s'occuper de Titou ! »



       Mon fils, mon rayon de soleil, voilà 6 tout petit mois que tu illumines ma vie, nos vies et à cette seconde précise, je me sens un peu bête d'avoir un jour émis le désir de n'avoir que des filles !



       Ton papa... N'en parlons pas... Regarde, dois-je ajouter quoi que ce soit ?

mardi 25 mars 2014

J'ai pas le temps, les enfants !

      Pour la première fois depuis vendredi, je me pose enfin... Je n'ai eu le temps de rien, et en ce jour, à cet instant, je bénis l'heure du coucher !

      Car il faut le savoir, avoir des enfants provoque fatalement un raccourcissement des journées et les heures s'évaporent mystérieusement pour ne jamais revenir...

        Enfin... Si seulement c'était si simple... Il suffirait de s'adapter, un coup à prendre...
        Mais non ! En plus de filer plus vite, les minutes n'ont pas la même consistance d'un jour à l'autre.



       Le temps, d'ordinaire si linéaire, n'en fait qu'à sa tête et le dompter quand progéniture il y a relève de l'impossible [ou alors j'ai vraiment pas la technique...]

         Une demi-heure, habituellement si fugace, semblera éternité si bébé pleure...
       Un lundi matin, vraisemblablement trop long après dimanche, paraîtra trop court si les enfants sont sages et joyeux...
         Les exemples sont sans fin... En voici la version concrète :

     La queue au supermarché quand Titou est souriant dans sa poussette, et Crapulette pipelette et « disciplinée ». Trop court.

         La queue au supermarché quand Titou pleurniche dans sa poussette, et Crapulette, déchaînée et prête à tout pour me faire tourner chèvre. Trop long.

         Bilan : à la fin de la journée, peu importe la queue au supermarché : je n'ai pas fait la moitié de ce qu'il fallait...



           Le temps est très court, ceci est un fait avéré, mais avec des enfants, il se fait capricieux, se colle aux humeurs de ceux-ci, et non content de ne pas me laisser accomplir mes tâches, il me semble et trop lent et trop furtif à la fois...
            Sur ce, je vous laisse, j'ai encore un tas de choses à faire... [genre dormir]

jeudi 20 mars 2014

Trois ans [déjà]

Encore une année qui m’échappe… Le temps glisse à vive allure entre mes doigts, et je n’ai aucun moyen de le ralentir.

Ce soir, à la veille du printemps, je ne sais si je suis heureuse, maussade, ou juste nostalgique. Peut-être les trois à la fois ?

Demain, je prendrais au visage ce que je tente désespérément d’appréhender depuis quelques jours.
Demain, ma fille aura trois ans. Quelques petites années et l’éternité à la fois. Il est troublant de garder un souvenir précis du premier regard que nous avons échangé, et de se dire que cette ère n’est, et ne sera jamais plus. Elle ne sera jamais plus un bébé

Elle grandit, apprivoise le monde chaque jour un peu plus, et c’est une bonne chose. Je la guide dans cette voie. Je désire ardemment la voir avancer, s’épanouir, vivre, être une enfant !


 Mais dans un coin de mon cœur, je ne cesse de me demander : où est mon bébé ? Où est passée cette créature si petite, si fragile et pourtant si forte à la fois ? Où est passé ce minuscule bébé, si léger, si tranquille, tellement sans cheveux ? Où sont ces pieds, si riquiquis que rien ne pouvait les chausser sans les noyer ?





Cependant, quand je la regarde, elle, ma petite fleur, si délicate, si gentille, et pourtant tellement sûre d’elle, je ne peux qu’être heureuse de voir la fillette qu’elle devient ! Etre surprise chaque jour de ses nouvelles découvertes, sourire de sa façon si candide de comprendre les choses, être émue de cet amour inconditionnel qui nous lie, qui n’a toujours fait que croître avec elle. Elle est heureuse, elle est chipie, elle est si douce… Je veux la laisser grandir, je veux qu’elle s’envole un jour, qu’elle soit celle qu’elle doit être, confiante et sereine…

Seulement, je ne peux ne pas ressentir une pointe de mélancolie. Elle est ma première, le sera à tout jamais… Elle est celle qui m’a fait devenir, celle qui m’a fait apparaître, moi, maman aimante et femme accomplie… La regarder grandir revient presque à me voir vieillir… Elle est celle par qui ma vie a pris un nouveau sens… Celle par qui j’ai entraperçu les capacités de mon cœur…



Je pourrais faire mille enfants, et les aimer tout autant qu’elle, que son frère, elle est et restera le déclic de ma vie, aussi fort que j’espère être le starter de la sienne

[Trois ans : I - II - III ... ]

Je t’aime ma chérie…
Et bon anniversaire, mon petit trésor sucré !

mardi 18 mars 2014

Trois ans [II]


Le printemps a toujours été ma saison préférée. Le soleil se fait plus présent et apporte avec lui la douceur. Les arbres reprennent vie et se parent d’un tendre vert. Les champs deviennent de vastes prairies qui semblent si douces et légères quand le vent les caresse. Les oiseaux se mettent à chanter plus fort, très tôt le matin, plus tard le soir.

Le printemps donne envie d’être amoureux, de pique-niquer au ras de l’herbe, il met du baume au cœur promettant la fin de la rudesse… Le printemps est, à n’en pas douter, la saison des poètes, qui n’a jamais été ravi, au moins une fois, de se rendre compte combien la nature est belle à son réveil ?

Mais le printemps, c’est aussi et surtout des fleurs. Partout ! Des arbres roses en pleine ville, des pâquerettes dans les parcs, milles couleurs, plus en campagne. Des odeurs, fleurs blanches cachées derrière un portail, fleurs jaunes là-bas, près du chemin… Fleur bleue, ici, seule au milieu des autres…

Telles sont les promesses du printemps, renaissance, gaieté, douceur, le tout saupoudré d’envie d’aimer…

En 2011, j’ai « vécu » le printemps…  J’ai eu tout ce qu’il promet à notre imagination : le soleil, la joie, la renaissance et une fleur.
Une fleur parfaite. Ma fleur.


Le premier jour du printemps, cette année-là, naissait ma petite fleur à moi, Maïlys


Trois ans [I]

       Il y a presque trois ans, j’entamais ma seconde vie, celle « d’après ». Je ne l’avais pas vu arriver, quatre ans poussières avant, j’aurais traité de fou quiconque me l’aurait prédit…

        Il y a presque trois ans, je ne suis même pas sure que j’étais pleinement consciente de tout ce qui allait changer, pourtant, l’événement qui se profilait fut ce qui fit ce que je suis aujourd’hui [emberlificotée, moi ?]


        L’histoire débute un 26 décembre…

      Après toute une vie à croire en « la magie de Noël », enfin, ma puérile ferveur me donnait raison ! Cette fin d’année me fut douce, je venais de faire LA rencontre, de trouver celui que je cherchais, de comprendre qu’en fait, je n’avais aucune idée de ce à quoi il devait ressembler. Moi, cucul finie, je fondais pour un homme avec de si gros sabots que le sol ne cesse jamais de trembler sous ses pieds, aussi délicat qu’un mammouth

        Il s’avéra pourtant que notre taux de compatibilité était aussi important que nos différences !

     En janvier, je le rejoignis, pour « quelques jours », je ne repartis jamais. Je lâchai tout pour lui, et ensembles, complètement fous, nous avons joué le tout pour le tout !

       Nous nous sommes construits à la vitesse de l’éclair, pas parce que nous étions pressés, mais parce que c’était l’évidence
      En juin, nous prenions la décision de devenir plus, de devenir « famille ». Pas d’illusion non plus, on pensait juste entamer les « travaux pratiques », j’avais bien en tête que les femmes de ma famille vivent une galère sans nom avant de prétendre à la maternité…

        Magie, hasard, chance, destinée ? Stupeur ! En juillet, c’était dans la boite [la boite, c’est moi]!



      Il y a presque trois ans, mon ventre était tout rond, et j’étais loin d’imaginer que ce printemps-là remplirait toutes ses promesses

à J-12

lundi 3 mars 2014

Mon rayon de soleil

      Il y a 5 mois de cela, tu es venu agrandir la famille. Tu étais vraiment minuscule, léger comme une plume, un joli bébé, aux yeux déjà grands ouverts !

       Tu as balayé en un instant tous mes doutes de maman… Il était évident que je pourrais t’aimer autant que ta sœur. Vous n’étiez pas en concurrence dans mon cœur, vous étiez complémentaires ! Chacun un bout de moi, je ne le savais juste pas encore.

       En 5 mois, tu es devenu un bonhomme curieux, avide de découvertes. Tu as grandi, bien sûr, et nous avons découvert que tu avais hérité de mon orteil supersonique, celui qui troue les chaussettes.




       Tu t’es trouvé quelques passions : tortiller tes mains, dévorer Maman des yeux, gloutonner tes biberons, et pédaler. Tu es un expert en la matière, t’habiller relève de la tactique de guerre, et si tu continues à te perfectionner, dans quelques semaines, je ne pourrais plus jouer avec toi sans armure !

       En 5 mois, tu as doucement réussi à apprivoiser ta grande sœur. Pourtant, elle est farouche ! Ne la touche pas qui veut ! Ce n’était pas gagné, au début, elle tolérait à peine ta présence. Mais tu as été patient. Tu l’as regardé, chaque jour plus intensément. Puis, tu as tenté l’effleurement. Tu vises encore un peu mal, mais elle commence à y prendre goût ! Maintenant, je vous mets tous les deux sur le grand tapis. Discrètement je m’efface et je vous retrouve yeux dans les yeux…  Je ne sais ce qui se passe dans vos petites têtes quand vous vous fixez ainsi, mais à voir vos visages curieux et sereins, ça a l’air beau…


       Aussi vrai que Crapulette est ma petite fleur, toi, mon Titou-Petitout, tu es mon rayon de soleil. Nous ne t’avions pas « prévu » si tôt, mais ta présence aujourd’hui est une merveilleuse surprise ! En 5 mois seulement, tu m’es devenu indispensable, et je n’imagine plus ma vie sans voir ce sourire que tu es si prompt à donner !