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dimanche 6 avril 2014

Je suis ce genre de mère...

       Je suis une mère pour qui l'enfance de ses enfants passe avant tout. Il m'est très important de les préserver au maximum, ils auront tout leur temps d'apprendre que parfois la vie, ça fait mal... Mais ils ne pourront jamais rattraper leur innocence.


       Je suis une mère qui préfère être une « maman ». Avec la tendresse que le mot sous-entend, qu'il suggère par sa consonance même. Une maman qui câline, qui caresse, qui bisoute
        Tout le temps !

       A chaque situation son geste tendre : serrer fort la main de Crapulette quand nous croisons une moto dans la rue, je sais qu'elle en a peur. Caresser les mini-cheveux de Titou pendant son biberon de midi, pour qu'il s'endorme dans mes bras. Faire une rafale de bisous, une joue l'un, une joue l'autre, une joue l'un, …, quand ils sont tous les deux allongés sur leur tapis... 
        Et les exemples pourraient être encore foison !

  
       Je suis une mère qui reprend ses petits lorsqu'ils font une bêtise ou adoptent un comportement inapproprié [ bon, faut avouer que j'ai pas encore eu à beaucoup reprendre le minus ! ], mais aussi qui félicite et encourage quand ils font une chose bien. Oui, c'est vrai, je mets au coin et je gronde, mais j'applaudis avec enthousiasme leurs victoires du quotidien, et toute brouille se finit inévitablement par un câlin !


       Je suis une mère joueuse ! Quand ils se roulent sur leur tapis, il n'est pas rare que je me roule avec eux. Je fais la course avec ma fille, et nous sautillons souvent main dans la main quand nous nous baladons [ oui oui, même en ville ]. Je fais ma drôle de voix, celle aiguë et enjouée, ma « spéciale bébé », juste pour faire rire mon fils, en particulier lors de situations ennuyeuses, comme l'attente à une caisse. [ je crois que beaucoup de gens me prennent pour une dingue ! ]


       Je suis une mère qui discute avec ses enfants. Et depuis un moment d'ailleurs. La folie que me suppose le monde doit venir de là, j'imagine... 
       Rares ne sont pas les fois où enceinte, j'ai été étrangement regardée, mais que voulez-vous ! Je ne sais pas ignorer un bébé qui cherche à communiquer. De la même façon que je suis incapable de promener mon Mini-boy en poussette sans lui adresser paroles et sourires
       Et après tout, pour ce que j'en ai à faire que les gens imaginent que je parle seule !

       Puis, ma méthode ne doit pas être si mauvaise, au parc, tous les gamins viennent discuter avec moi, ils délaissent même parfois le banc de leur parent pour le mien !


       Je suis une mère qui se sait totalement imparfaite, qui se sait profondément aimante, qui se sait terriblement faillible, mais qui cependant essaie de ne jamais oublier qu'elle fait de son mieux
       Pour ces raisons-là, je me sais, me sens une bonne mère.


       Au final, je suis une mère qui n'est qu'une femme comme les autres... Le genre de mère humaine... !

"Il n'y aucune façon d'être une mère parfaite, mais un million pour en être une bonne"


- Tout comme Nath, j'avais moi aussi remarqué les articles « Je suis ce genre de... » Tout comme elle, je trouvais que c'était une belle idée. Mais à son contraire, je ne savais pas qu'à l'origine c'était un TAG. Or, je ne suis pas une peste pour rien, et par principe, je me refusais de suivre une masse, pomper une idée non mienne... En revanche, me plier à l'exercice parce que cela m'a été proposé me plaît bien plus ! Une façon de montrer à la personne qui me tague qu'elle et ses idées m'importent, et, une pierre, plusieurs coups, écrire avec un cadre et tenter par tous les moyens d'en déborder, mais subtilement, une démarcation dans les règles, exercice de style en quelques sortes ! [sans prétention hein!] -

Celui là, il est pour toi belle copa !

mardi 18 mars 2014

Trois ans [I]

       Il y a presque trois ans, j’entamais ma seconde vie, celle « d’après ». Je ne l’avais pas vu arriver, quatre ans poussières avant, j’aurais traité de fou quiconque me l’aurait prédit…

        Il y a presque trois ans, je ne suis même pas sure que j’étais pleinement consciente de tout ce qui allait changer, pourtant, l’événement qui se profilait fut ce qui fit ce que je suis aujourd’hui [emberlificotée, moi ?]


        L’histoire débute un 26 décembre…

      Après toute une vie à croire en « la magie de Noël », enfin, ma puérile ferveur me donnait raison ! Cette fin d’année me fut douce, je venais de faire LA rencontre, de trouver celui que je cherchais, de comprendre qu’en fait, je n’avais aucune idée de ce à quoi il devait ressembler. Moi, cucul finie, je fondais pour un homme avec de si gros sabots que le sol ne cesse jamais de trembler sous ses pieds, aussi délicat qu’un mammouth

        Il s’avéra pourtant que notre taux de compatibilité était aussi important que nos différences !

     En janvier, je le rejoignis, pour « quelques jours », je ne repartis jamais. Je lâchai tout pour lui, et ensembles, complètement fous, nous avons joué le tout pour le tout !

       Nous nous sommes construits à la vitesse de l’éclair, pas parce que nous étions pressés, mais parce que c’était l’évidence
      En juin, nous prenions la décision de devenir plus, de devenir « famille ». Pas d’illusion non plus, on pensait juste entamer les « travaux pratiques », j’avais bien en tête que les femmes de ma famille vivent une galère sans nom avant de prétendre à la maternité…

        Magie, hasard, chance, destinée ? Stupeur ! En juillet, c’était dans la boite [la boite, c’est moi]!



      Il y a presque trois ans, mon ventre était tout rond, et j’étais loin d’imaginer que ce printemps-là remplirait toutes ses promesses

à J-12

jeudi 27 février 2014

L'art de s'assumer

       Je suis mère au foyer.

       Certaines sensibilités sont heurtées par cette simple affirmation. Comme si j’avais lâché un gros mot, comme si j’avais loupé le passage au XXIe, comme si je n’avais pas eu le choix, comme si j’étais folle… La liste des « comme si » pourrait durer des heures, mais est-ce vraiment digne d’intérêt ?

       Au début de ma carrière (ouais ! Carrément !), il y a trois ans, je vivais assez mal les diverses réactions négatives auxquelles j’avais droit. Moi, guimauve power et flowers dans les cheveux, j’avais beaucoup de mal à comprendre pourquoi mon choix nécessitait une justification. En quoi ce que je faisais de ma vie, et par extension de mes journées, les regardait eux, ces gens, étrangers, à qui, en prime, je ne demandais pas l’avis ? Je n’avais rien à répondre, je souriais gentiment, et j’allais tout aussi gentiment pleurer dans ma cuisine...


vous reprendrez bien un peu de cliché ?


        Aujourd’hui, les choses ont un peu changé. 
        J’ai un peu (beaucoup) changé à ce propos. 
       Aujourd’hui, je suis bien dans mes bottes, je sais où je vais, pourquoi j’y vais, et comment je vais y aller. Aujourd’hui, je me fiche royalement de l’avis du chaland !

       Ceci explique-t-il cela ? Quoi qu’il en soit, maintenant que j’ai les crocs pour mordre, on me fout la paix ! (Ou alors, c’est parce que je suis en possession d’un mini bébé mignon et sans dent à brandir en cas d’urgence…)


       Aujourd’hui, au compatissant, je lui demande si sa super-méga-géniale nounou qui fait des activités extra avec ses enfants s’ennuie moins ou plus que moi parce qu’elle est payée.*

       Aujourd’hui, à celui qui me demande l’œil en biais si « j’ai un travail » ou si « je vais bientôt retravailler », je lui réponds, sans possibilité de retour : Je suis Maman !*

       Aujourd’hui, à celle qui pense que je fais régresser la condition féminine, je lui demande : le droit de la femme n’est-il pas d’avoir le choix ?*

    Aujourd’hui, à celui qui sous-entend que je suis une « feignasse qui fait rien de ses journées », je le prends à son jeu ! Parce que celui-là, en général, c’est celui qui sans cesse se plaint de sa charge énorme de travail. Il faut, dans une conversation, peu de temps pour qu’il en vienne à ses horaires de dingue, alors, là, tout sourire, je lui assène ma phrase fétiche, celle qui coupe court à tout débat : « Petit joueur ! Moi c’est du 24 24 ! » (Lui, c’est mon préféré ! C’est ce genre d’attitude qui me vaut d’être une peste !)*


       Je ne fais en aucun cas l’apologie de la mère au foyer ! 
       
       Non, l’apologie que je fais est celle du choix. Si mon choix est de passer le plus de temps possible avec mes enfants, on ne devrait pas me juger sur ce critère. 

      Beaucoup de débats se fondent sur du vent, j’ai la chance, la possibilité de choisir, en quoi alors le choix que je fais importe ? Je vis ma vie selon ce que je crois bon pour moi.

        Si j’avais voulu être carriériste, serais-je meilleure ? NON.

       Si j’avais dû avoir un job alimentaire, serais-je différente ? NON. (j’ai donné, merci ;) )

    Si je m’étais conformée aux attentes de la société « moderne », aurais-je été plus heureuse ? NON.*


       Alors voilà, je suis femme au foyer, et vous savez quoi ? J’adore ça !
       Et là est ma chance, comme tous ceux qui peuvent faire le boulot qu’ils aiment.



(minute culture : Anaphore procédé qui consiste à commencer par le même mot les divers membres d’une phrase.)


*listes non exhaustives !