lundi 3 mars 2014

Mon rayon de soleil

      Il y a 5 mois de cela, tu es venu agrandir la famille. Tu étais vraiment minuscule, léger comme une plume, un joli bébé, aux yeux déjà grands ouverts !

       Tu as balayé en un instant tous mes doutes de maman… Il était évident que je pourrais t’aimer autant que ta sœur. Vous n’étiez pas en concurrence dans mon cœur, vous étiez complémentaires ! Chacun un bout de moi, je ne le savais juste pas encore.

       En 5 mois, tu es devenu un bonhomme curieux, avide de découvertes. Tu as grandi, bien sûr, et nous avons découvert que tu avais hérité de mon orteil supersonique, celui qui troue les chaussettes.




       Tu t’es trouvé quelques passions : tortiller tes mains, dévorer Maman des yeux, gloutonner tes biberons, et pédaler. Tu es un expert en la matière, t’habiller relève de la tactique de guerre, et si tu continues à te perfectionner, dans quelques semaines, je ne pourrais plus jouer avec toi sans armure !

       En 5 mois, tu as doucement réussi à apprivoiser ta grande sœur. Pourtant, elle est farouche ! Ne la touche pas qui veut ! Ce n’était pas gagné, au début, elle tolérait à peine ta présence. Mais tu as été patient. Tu l’as regardé, chaque jour plus intensément. Puis, tu as tenté l’effleurement. Tu vises encore un peu mal, mais elle commence à y prendre goût ! Maintenant, je vous mets tous les deux sur le grand tapis. Discrètement je m’efface et je vous retrouve yeux dans les yeux…  Je ne sais ce qui se passe dans vos petites têtes quand vous vous fixez ainsi, mais à voir vos visages curieux et sereins, ça a l’air beau…


       Aussi vrai que Crapulette est ma petite fleur, toi, mon Titou-Petitout, tu es mon rayon de soleil. Nous ne t’avions pas « prévu » si tôt, mais ta présence aujourd’hui est une merveilleuse surprise ! En 5 mois seulement, tu m’es devenu indispensable, et je n’imagine plus ma vie sans voir ce sourire que tu es si prompt à donner !

dimanche 2 mars 2014

Elle me fait craquer...

       Crapulette est par bien des aspects une petite fille charmante. Souriante et attentionnée, douce et câline, imaginative et drôle, le tout sur un visage encore poupin.

       Aucun doute, je suis croc-love d’elle, et je ne peux que fondre quand, les yeux pleins d’amour elle me dit :
       « Maman, t’es cro zentille ! Ze t’aime cro cro fort », qu’elle se met à courir « Non ! Toi, tu me fais pas des bisous », se fendant d’un éclat de rire et n’attendant qu’une chose : que je la poursuive pour lui en faire !

       Mais j’ai beau avoir le cœur chamallow et croire que la vie est belle, ma fille n’en est pas moins une troizans… Et à 3 ans (ou presque) on s’affirme, on dit non, on caprice, on colère…


     Chaque enfant possède sa propre technique d’intimidation, roulade au sol, tapage de pied, larmes innondantes… Pour le plus grand malheur de mes tympans, Crapulette est passée maîtresse dans l’art de «la sirène hurlante ».

        Contrariété, bobo, fatigue, colère, refus… En une seconde la demoiselle passe de Petit Trésor Sucré à Vociférator !




     Malheureusement, je suis une personne d’une affligeante banalité… Parfois il m’arrive comme au commun des mortels d’avoir ma coupe pleine. Il m’arrive d’en avoir marre, de ne pas être la femme toute puissante qu’elle semble croire que je suis, prête à encaisser et corriger en souriant.

        Parfois, Vociférator est la goutte qui fait déborder mon vase…

       Si la plupart des fois, désamorcer le mode « bombe » de ma fille ne coûte qu’un « Arrête de crier et dis-moi ce qui ne va pas », si souvent suffit un ton engageant mais ferme, et un « va d’abord te calmer dans ta chambre, et ensuite tu viendras m’expliquer », si maintes fois essuyer le chagrin endigue la crise, y’a des jours où c’est un peu plus compliqué… Et crier à un enfant d’arrêter de crier, en plus d’être un non-sens ne mène à rien…

        Alors, oui, mea culpa tralalala, flagellations et auto-punition, des fois, je suis une mère qui craint !
       
       Hormis le quart d’heure suivant la crise commune, je vis assez bien mon humaine imperfection. Oui, ma patience a des limites. Oui, j’aime ma fille mais parfois j’ai envie de la bâillonner. Oui, ma Crapulette chérie me fait quelquefois affreusement chier.

         Dans tous les sens, bons comme mauvais, je suis sa mère, et elle me fait craquer...

Mes trésors [I]

       Je ne pense pas être matérialiste. Je n’attache que peu d’importance aux biens que je pourrais posséder, enfin, à leur aspect « monétaire ».

       En revanche, je dispose d’une foultitude de petites choses, pour la plupart ne valant rien, mais qui, à mes yeux, sont inestimables. Ces objets représentent tous un bout de ma vie, quand je les regarde, je me souviens.

       Plus puissants que les photos, ils me propulsent en quelques secondes au cœur de mon histoire, au cœur de mes émotions les plus fortes et les plus tenaces. Je ne les ai jamais choisis, ils se sont toujours imposés à moi, et je crois bien que je les aime !

       J’aime « Sandy », ce bout de collier vert moche que je me trimballais partout quand j’étais toute petite. Il porte encore les traces de mes mini-dents, et le souvenir que les adultes n’y comprennent rien ! Tous étaient persuadés que c’était la laisse d’un chien imaginaire. Erreur, il était un être à part entière pour moi !

       J’aime « Douni », mon doudou. Un vieil ours blanc qui m’a sauvé de nombreux cauchemars...

       J’aime mon bracelet brésilien, cette loque immonde qui n’a jamais dû être jolie, mais que j’avais trouvé sur la plage, à Argeles. Il me raconte tous mes beaux étés au milieu des mimosas, dans le mobil-home, la route en terre où il y avait des crottes de lapins, le bruit des RiceCrispies sur la terrasse, les WC au fond du jardin, le puits à l’eau si fraîche, ma sœur qui bronze, l’odeur de son huile, ma mère qui fume une cigarette le soir, juste ses quinze jours-là, mon autre sœur, en culotte comme moi, qui me court après pour m’arroser,…

       J’aime l’élastique bleu. Il était si beau à mes yeux d’enfant ! Mais je n’ai jamais pu le mettre dans mes cheveux… Ma mère me l’avait coupé en punition de je ne sais quelle effronterie. Elle-même était émue en le revoyant…

       J’aime ma boite à sucres, chipée à ma mère lorsque j’ai quitté le foyer familial. Fallait pas ma la promettre 10 ans auparavant !

       J’aime ce bouquet de fleurs séchées, là-haut, sur mes étagères. Le destin a voulu qu’elles sèchent belles, vieux rose, bouton ouvert pile comme il faut… Les premières fleurs offertes par mon homme…

       La liste pourrait être encore longue… 

       Toutes ces choses ont une odeur de madeleine… En me faisant revivre le passé, elles me montrent les racines de mon présent…

       Ce sont mes trésors.



       C’est peut-être pour ça que j’ai toujours l’œil qui déborde quand Dominique Bretodeau retrouve sa boite… (NDLR Amélie Poulain)


       
       Article inspiré du thème 7 du projet "Photo-thérapie" chez Plume et Zoom...