mercredi 30 avril 2014

S'aimer sur la lune



       Avant d'aller à la sieste, j'ai pris ma Crapulette dans les bras. Comme chaque fois que sa joue est à ma portée, j'y ai déposé un bisou, puis en la serrant contre moi, lui ai dit « je t'aime ».

       « Moi aussi ze t'aime », m'a-t-elle répondu. 
       Je lui ai fais un bisou-prout dans le cou, on a rit, puis je l'ai posé dans son lit, avant de m'y asseoir à mon tour.

    « Et tu m'aimes combien ma chérie ? »

       Après quelques secondes de réflexion, elle lève les yeux et m'annonce de sa voix fluette :

    « Ze t'aime zusque tout en haut !

  -   C'est vrai ? C'est génial ! Et bien moi, je t'aime jusqu'à la lune !

  -   Pou'quoi ? me lance-t-elle, le sourcil froncé.

  -   Parce que la lune elle est très très loin, et que moi je t'aime très très fort ! Grand comme ça ! [ gestes à l'appui ! ]

  -   Mais ! C'est nul ces zhistoires de lune ! [ sa nouvelle passion est de dire "c'est nul" le plus souvent possible, je crains le pire quand elle aura 12 ans ! ]

  -  Tu trouves que c'est nul que je t'aime très fort?

  -  Beh non...

  -  Tu voudrais que je t'aime comment alors ? »

       Elle réfléchit un instant, sourit, visiblement fière de ce qu'elle va m'annoncer, met son doigt en l'air, comme elle sait si bien le faire et s'écrit :

    « Ze te t'aime dans la lune ! Ah ! Ze sais z'ai une bon l'idée, on va se voler dedans le ciel vers la lune !

  -  Tu veux qu'on s'envole pour aller s'aimer sur la lune ?

  -  Oui, c'est ça ! Ah ! Non ze sais, si tu veux tu peux sou'ver [ soulever ] le lit, maman ! »

       A ce moment, Maxime, 5 mois, voisin du dessous se met à pleurer.


   «  Maman, ze crois que c'est bébé Massime qui pleure. Il a faim, ze crois qu'i' veut son bib'ron... »

       Discuter avec ma fille est absolument rafraîchissant !

mardi 29 avril 2014

Troubles du sommeil, et après ?

       Suite aux constats dont je vous faisais part hier >ici<, j'ai pensé [ dans la grande bonté qui m'anime ] qu'il pourrait être intéressant de vous livrer mes techniques, mais aussi (et surtout !), recueillir les vôtres.

       C'est un fait avéré, officiel, exposé au monde entier [ oui, je sais, en vrai je n'ai fait que l'écrire sur mon blog, mais soyez pas si rabat joies ! ], Crapulette, trois ans, dort parfois bien mal.

       A mon sens, une des premières choses à influer sur le coucher et le sommeil d'un enfant est indéniablement son caractère

       Aussi, bien qu’appliquant certaines méthodes de base, piochées ça et là, mes solutions n'en sont pas pour tous les enfants/parents, mais peuvent éventuellement servir de piste.

       Pour bien situer la chose, je vous parle brièvement de Crapulette.

       C'est une petite fille extrêmement douce, d'une grande sensibilité
       Très émotive, son jeune âge ne lui permet pas toujours de canaliser ou même de comprendre certains sentiments qui l'assaillent.

       De là découlent fatalement pleurnicheries et peurs irraisonnées, et j'essaie de l'aider à les surmonter, afin qu'elle puisse vivre sereinement.

       Si dans la journée c'est relativement « simple » à faire puisqu'elle est aussi joyeuse que sensible, pétillante, curieuse et plutôt attentive, si dans la journée donc, nous pouvons en discuter, nous pouvons ensemble tenter de comprendre pourquoi peur ou pleurs, dans la nuit, la tâche s'avère un peu plus compliquée.

       Et la nuit commence à l'heure du coucher. Coucher qu'elle appréhende la plupart des soirs, probablement dans la crainte de ce qui pourrait lui arriver.



       Son calvaire [ et le mien ! ] débute dès l'endormissement.
       J'en parlais hier, Crapulette craint ce que l'on nomme les illusions hypnagogiques. Désignation bien compliquée pour un phénomène que nous avons tous connu ne serait-ce qu'une fois.
       Qui, en début de sommeil, n'a jamais eu de drôles de sensations (la plus « récurrente » étant celle de la chute dans le vide), qui parfois nous tirent de ce demi-sommeil parce que légèrement angoissantes ?

       Dans l'absolu, cela n'a rien de grave, ce n'est aucunement pathologique, ça ne cache même pas une angoisse latente. 
       C'est juste une interaction entre notre cerveau et notre corps, ni plus vraiment réveillés, ni tout à fait endormis... 
       Mais, si les rares fois où nous, adultes les ressentant, arrivons à en tirer une infime angoisse, imaginez le résultat sur une enfant froussarde !

       Chacun des endormissements de ma belle est donc une potentielle source de crise, et un obstacle bien concret pour aller se coucher.
       Il faut donc qu'elle soit le plus paisible possible pour franchir cette étape sans heurt.
       
       Pour cela, va sans dire, l'instauration d'un rituel est obligatoire, mais il faut aussi veiller à lui offrir une « ambiance » qui la sécurise.
       Présence de Doudou indispensable, mais aussi celle de Doudoubi (le double neuf de Doudou!), veilleuse, porte ouverte, et en option, son jouet préféré du moment, qui varie d'une période à une autre.

       Les soirs où elle est plus ou moins survoltée, nous faisons ce qu'elle appelle « la nimastique » [ gymnastique ] juste avant le rituel.

       Assises sur son lit, on fait une suite de mouvements (moulin, « mains escaliers », respirations profondes en levant les bras au ciel) dans le but de « se ca'mer ».
       C'est assez efficace, et si en plus, on finit par « Meunier, tu dors », ça la met de bonne humeur !

       Là, le but est clairement de rendre le coucher joyeux mais calme.

       Suite à cette idée d'article, à la place de la gymnastique nous avons fait quelques photos, et il s'avère que cela fut très efficace de lui « montrer » comme elle « dort » et dédramatiser la situation !

       Lorsque tout cela se passe sans ombrage, magnifique, dans les dix minutes, elle dort. 

       Mais il arrive qu'il y ait ce que j'appelle le « rappel ». Et c'est là que ça se complique...
       Identifier la nature du rappel n'est pas aisé et détermine la conduite à mener...

       Si le rappel est « justifié » par une vraie peur -attention ! Les enfants sont malins et savent faire semblant ! Bien les connaître est alors essentiel-, douceur et mots rassurants sont de rigueur. Prendre garde à ne pas trop s'attarder sous peine de finir leur esclave...

       Pour Crapulette, je lui demande d'abord ce qu'elle a, puis, en jaugeant sa peur « concrète », je m'approche et m’accroupis près de son lit, lui assure qu'elle n'a rien à craindre et lui caresse les cheveux quelques instants seulement pour ne pas lui donner envie d'en « profiter ».

       Si le rappel est à base de « j'ai soif », ou agrémenté d'une explication douteuse [ traduire par : « je préfère jouer à dormir et j'adore te voir en forme de chèvre » ], il faut sévir, mais en douceur. Et maîtriser la main de fer dans le gant de velours, à part en théorie, c'est pas facile !

       En gros, il faut réussir à être ferme tout en faisant savoir au mioche que non, on ne l'abandonnera pas en cas de « problème »...
       Ton sévère sur mots bienveillants est ce qui fonctionne avec ma puce.

       De là, endormie, nous passons à la suite des festivités [ pas toutes les nuits hein ! Je vous décris là le pire du pire ! ].

       Il est 3 ou 4 heure du matin et survient LE cauchemar
       Celui qui fiche la trouille, celui qui réveille votre enfant et qui le fait hurler. Celui qui fait tressaillir votre propre sommeil et votre cœur aussi...
       A ce moment, il s'agit de rassembler au maximum votre lucidité [ et c'est pas simple à cette heure ], pour ne pas débarquer en sueur dans la chambre de votre petit et lui flanquer une encore plus grosse frayeur !

       Se souvenir que ce n'est qu'un « simple cauchemar » et pas l'agonie de votre enfant hurlant en plein milieu de votre propre sommeil est primordial pour qu'il se rendorme au plus vite ! 
       Tout est une question de réactivité et de douceur et en pleine nuit, ça relève de l'exploit !

       Mais si tout est bien fait comme il faut, le cauchemar sera vite enraillé, et vous pourrez vous recoucher. 
       Sinon, retour à la case endormissement... Autant vous dire que ne dormir que d'un œil coûte moins cher que de tout recommencer !

       L'autre problème de ma fille, évoqué dans mon article précédent, est le bruit généré par les voisins du dessus...
       Ne pouvant dignement pas attenter à leur vie, il ne me reste qu'une solution [ les mettre en colère, vu qu'ils vivent au dessus, m'apporterait plus de désagréments que d'avantages, alors je me tais... ], apprendre à Crapulette à identifier leur vacarme d'une façon rigolote qui donc, ne fait pas peur.

       Lui dire que les « boum boum » de pieds ne sont que ceux d'Ethan [ le comble est qu'ils ont aussi un fils d'un âge proche de celui de la mienne... Mais leurs voisins du dessus sont soucieux de ne pas déranger, eux... ], qui a fait  « tomber son ballon ».

       Lui dire que le « méga-badaboum » n'est que la chute des chaussons de la maman d'Ethan, qui va se coucher... 

       ( et cetera, et cetera...)



             Conclusions :

       Pour un enfant à l'endormissement problématique, il faut avant tout favoriser un coucher des plus serein, et veiller à ce que l'enfant se sente en sécurité dans sa propre chambre ( et là, chaque enfant a ses préférences).

       Pour un enfant au sommeil peuplé de cauchemars, il vous faut ne pas paniquer et savoir lui apporter sécurité et calme dans le temps le plus restreint possible.

       Pour un enfant coriace et rebelle, mais enfant quand même, il vous faut savoir être ferme et disponible à la fois (bonjour le casse-tête...).

       Pour des voisins à vomir, il vous faut soit une imagination fertile, soit un bon gros gourdin...


lundi 28 avril 2014

Le sommeil injuste

       Si Crapulette m'a été enviée un bon millier de fois lorsqu'elle était bébé...

       Si j'ai pu me la raconter en ayant une réponse des plus classieuses au récurrent « Alors, elle fait ses nuits ? »

       Si tata Gertrude n'a jamais eu l'occasion de me refiler un des ses conseils foireux, parce que pour bien enfoncer le clou, mon bébé à moi, primipare, était non seulement mignon et sage, ne pleurant que peu, mais faisait aussi ses nuits presque depuis sa naissance !

       Si j'ai crâné un max devant tous ceux et celles qui m'avaient un jour pensée nouille, omettant, évidemment, de préciser que non, je n'y étais pour rien, c'était juste un sacré coup de bol que ma fille fasse son tour de cadran à trois semaines, aujourd'hui, j'en viens à me demander si ces histoires de karma ne sont pas un tout petit peu vraies !


       Karma ou pas, le fait est là, ma toute belle a aujourd'hui le sommeil tout pourri et si en réalité, je n'y crois pas vraiment, il faut avouer que la coïncidence prête à sourire ! [ bon, moins à 4 heures du mat', les yeux encroûtés et la mèche rebelle, hein ]


       Il n'est pas rare que je sois réveillée en pleine nuit par ses cris, et oui, je me suis déjà ramassée dans le couloir. Alors bon, aller moucher son nez et « nettoyer son chagrin », pourquoi pas, mais si en prime, j'ai le tibia en vrac, le cœur-chamade et le cerveau si embrumé que je ne sais plus où j'habite, j'avoue, le karma, je le déteste quand même drôlement !

       Il est également coutumier, que la classique négociation « dans 5 minutes, dodo ! », se transforme en véritables pourparlers, avec guerre à la clé... 
       Et rien n'est plus éreintant que de finir une journée sur une gronderie, aussi fugace soit-elle...

       Vous vous en doutez bien, je ne me suis pas contentée d'un simple soliloque sur le karma, j'ai tout de même mené ma petite enquête.

       Premier constat : ma petite fleur a le sommeil léger. Doublez ceci d'un caractère un brin timoré, et le moindre bruit qu'elle n'identifie pas devient source de frayeur. Donc de cris et de larmes. [ heureusement, comme tous les enfants, elle passe aussi des nuits n'entendant rien de rien, ni même l'orage de l'année, juste au dessus de nous ! ]

       Deuxième constat, tiré de ses explications farfelues, lorsque ma fille s'endort, elle subie ce que l'on appelle des illusions hypnagogiques ( sensations survenant à l'endormissement, comme par exemple tomber dans le vide... ). Evidemment, cela lui fait peur, et ne l'aide pas à avoir envie d'aller se coucher.

       Troisième constat, ma fille a trois ans, et elle fait des cauchemars, comme tous les enfants...

       Quatrième et dernier constat, le plus grave à mon sens, mes voisins du dessus ne sont que d'égoïstes, bruyantes et horripilantes personnes ne sachant pas ce que peut bien signifier « vivre en communauté ».
       Car, force est de constater que les réveils cause cauchemars, ou cause je m'endors, je « glonfle » ou « je suis tombée tout en haut » (illusions hypnagogiques, donc), sont nettement moins fréquents que ceux « Maman, j'ai peur du bruit... »

       Je suis peut-être mauvaise langue, ma fille pourrait très bien avoir entendu un bruit venant de la rue, imaginer quelque chose, « capter » un avion qui passe. Mais n'est-il pas étrange que parfois le même « bruit » me réveille moi ? 
       Moi, qui les identifie clairement ( chaise, pas lourd, porte fermée brusquement, voix parfois...)

       N'est-il pas suspect que dans la seconde, un de ces fameux bruits, en plus de réveiller Crapulette et moi-même, réveille mon Titou (qui lui pour le coup n'a absolument pas le sommeil léger ) ?

       Alors je me console, je ronge mon freins, et je me dis que si peut-être le karma existe vraiment, leur bébé à venir les réveillera chaque nuit pendant un long moment !


       Et, non, je ne souhaite pas à ce bébé de ne pas être heureux, je le précise, j'espère juste que sa venue leur rappellera que les bébés des autres sont tout aussi sensibles que peut l'être le leur !