Mon fils... Le dire me trouble encore
un peu...
Depuis ma grossesse, enfin, surtout
depuis l'échographie révélatrice, une flopée de questions ne
cesse de m'assaillir à son propos.
J'ai d'abord passé plusieurs mois à
me demander si je réussirais à m'occuper d'un garçon. [les femmes
enceintes ou l'ayant été le savent, nous avons toutes des
monomanies plus ou moins absurdes!]
Sortant d'une famille « à
femmes », c'était carrément l'inconnu pour moi.
Et en boucle,
tous les jours, j'avais peur de ne pas y arriver. Mon cerveau savait
que c'était irrationnel, mais mon cœur n'en avait que faire !
Il est arrivé, et il s'est avéré que
s'occuper d'un bébé, avec ou sans zizi, reste s'occuper d'un bébé !
En revanche, si dans l'absolu la
manière de faire est identique, il y a une chose qui est bien
différente : le regard.
Celui que je lui porte, celui qu'il me
porte.
Ma fille et moi sommes très fusionnelles, j'ai adoré le
charmant bébé qu'elle a été, mais si je joue à comparer, avec
mon fils, c'est pas pareil. [au delà du fait que chaque enfant
reçoit son propre amour, hein!]
Quand Mini-boy me regarde, l'amour est
carrément palpable, si je suis dans la pièce, quasi rien ne le
distrait, il me regarde, encore et encore.
Si pour Crapulette, je me
sentais « pilier », « modèle »,
« protectrice », pour Titou, je me sentirais presque
« divine ».
Je force un peu le trait,
mais c'en est pas si loin !
Mon fils cherche constamment mon
contact, visuel, physique, encore mieux !
La Puce aimait mes bras, elle semblait
s'y sentir en sécurité et en profitait pour explorer le monde
autour d'elle. Toujours tournée vers l'avant, son regard si intense
observait le moindre détail à sa portée. La curiosité même.
Le Minus aime mes bras, et me cajole
sans se lasser, il me couve des yeux, me caresse la
joue, les cheveux, tritouille mes vêtements, mâchouille chaque bout
de peau apparent [me file des coups de pieds en passant]... Je suis
sa maman, et gare à qui ne comprendrait pas le message !
Fatalement, nos relations aussi en sont
différentes. Comment ne pas fondre devant ce petit bonhomme
dégoulinant d'amour [littéralement, non mais quel baveur !] pour moi ?
Et parfois j'ai peur, car me revient
sans cesse mon neveu en pensées, il est lui aussi le petit frère de
sa sœur [oui, j'ose cette phrase], mais sa mère s'est sans doute
laissée emportée, et les différences entre sa fille et son fils
sont dérangeantes.
A tel point que même le Loulou en a pâti...
Comportement, apprentissage, caractère... Tout a été déformé par
le laisse-passer, par un amour trop grand, par la façon dont sa mère
lui a permis de jouer au bébé trop longtemps. [je me permets ce
jugement car après son divorce, mon beauf m'a avoué ces choses]
Et
ma nièce, par extension, s'est retrouvée carrément lésée, à la
fin c'était même révoltant. [à nos sens communs, beauf, l'homme
et moi-même]
Malgré
le fait que je n'aime pas cette femme [goût personnel, aujourd'hui
j'ai le droit de le dire, j'ai du faire semblant longtemps...],
j'arrive à comprendre, peut-être même compatir [pas trop quand
même!]. Je ne pense pas qu'elle ait eu ou ait conscience de cela, il
est bien évident qu'elle aime sa fille. Il est tout aussi évident
qu'elle semble ne pas mesurer la portée de ses amours.
Et surgit ma crainte, celle de ne savoir gérer deux façons d'aimer si distinctes, celle de basculer dans un excès ou un autre...
Si, moi
aussi, à un moment, je l'aimais trop, mettrais-je des distances au détriment de mon fils ?
Si je l'aimais trop, sombrerais-je sans m'en rendre compte dans le syndrome de la mère inégale ?
Si je l'aimais trop, ne ferais-je pas souffrir ma fille ?












